31 octobre 2016

Bilan: l'équipement de camping et autres


La tente
Nous avons acheté notre tente en 2012 et nous l'avons utilisé pour tous nos voyages depuis. La Hilleberg Nallo GT3 est vraiment un bijou de tente! Nous adorons l’espace d’entreposage qui nous permet de tout mettre à l’abri le soir venu. Cet antichambre peut aussi servir pour cuisiner à l’abri en cas de mauvais temps. Comme c'est une tente 3 saisons de type tunnel, elle n’est pas auto-portante mais l’intérieur peut être monté séparément de la toile extérieure avec de petits accessoires vendus à part. Par contre elle résiste très bien aux vents et elle est parfaite par temps froid. Cependant, par temps très chaud, elle manque de ventilation.  Nous avons monté cette tente plus de 200 fois depuis que nous l'avons, le plus souvent en haute montagne et dans les régions désertiques. Nous avons cependant dû changer les glissières des fermetures éclair à quelques reprises. En Patagonie, nous avons aussi dû remplacer l'une des fermetures éclair. Mentionnons que la compagnie Hilleberg a été parfaite en ce qui concerne le service. Ils nous ont fait parvenir rapidement et gratuitement les pièces dont nous avions besoin. Un conseil: apportez des glissières de rechange. Donc, si votre budget le permet, cette tente vaut vraiment l'investissement.


Les matelas 
Nous avons toujours nos Thermarest Pro Plus (5 ans). Ils sont tout à fait confortables et ils isolent bien du sol quand il fait froid. Nous les avons percé avec des épines dans le désert mais vite réparé avec le kit de réparation et ça tient toujours! 




Les duvets
Nos sacs de couchages sont en duvet naturel et tout à fait adaptés au temps frais. Ce sont des North Face Blue Kazoo testés à -11C, et ils nous ont tenu au chaud en haute montagne lorsque la température descendait sous zéro! Évidement, dans les pays chauds, nous opterions pour des sacs de couchage plus légers et moins encombrants. 

Réchaud

Nous utilisons un Dragonfly de MSR depuis 2012 et en sommes très satisfaits. Il brûle n'importe quel type de combustible. En ce qui nous concerne, nous avons utilisé le plus souvent du gaz automobile. Ça ne coûte pas cher et on en trouve partout. Nous avions le kit de réparation et d'entretien ( indispensable pour effectuer le nettoyage ponctuel nécessaire au bon fonctionnement, surtout en altitude). Attention, en Amérique du Sud, vous ne trouverez pas de bouteilles de propane ou butane pour poêles de camping.

Filtration de l'eau
Le message est simple. En Amérique du Sud, filtrez, filtrez et filtrez! Si vous désirez éviter les troubles intestinaux, faites attention à l'eau. Nous utilisions 3 types de traitement: un filtre MSR, des pastilles de chlore ainsi qu'une lampe UV (Steripen). Pour notre prochain voyage, la lampe UV restera à la maison car les deux autres méthodes sont amplement suffisantes. Un conseil: apportez suffisamment de pastilles de chlore car elles sont difficiles à trouver en Amérique du Sud et elles coûtent très cher! Évidemment, on peut acheter de l'eau embouteillée à peu près partout...mais les bouteilles de plastique sont un véritable fléau écologique car en Amérique du Sud, le recyclage, ça n'existe pas! Vous verrez d'immenses dépotoirs à ciel ouvert partout, c'en est désolant. Donc, l'eau embouteillée est une solution de dernier recours, comme dans certaines zones minières où l'eau est potentiellement contaminée par des agents chimiques qui ne seront pas éliminés par le filtre.

L'INDISPENSABLE GPS!
Savoir où vous vous trouvez exactement est un atout majeur. Être sur la bonne route en est une autre. Et pouvoir consulté toute les options qui s’offrent à vous si vous n’aimez pas la route où vous vous trouvez n’a pas de prix. Aucune carte ne peut vous donner le niveau de précision que le GPS vous offre. Les cartes de toutes les régions de la planète sont disponibles gratuitement sur Garmin Openstreetmap.
Vous n’avez qu’à télécharger la région du monde où vous voyagerez et vous voilà prêt à partir! Nous utilisons le site Ride with GPS pour planifier nos routes et  téléchargeons les tracés dans notre GPS. La plupart du temps, nous avons notre tracé pour les 5 à 10 jours à venir. Cet équipement fonctionne 
avec des batteries AA que nous pouvons recharger avec notre dynamo. Nous ne laissons pas le GPS allumé en permanence pour allonger la durée de vie des piles. Par exemple, si nous sommes sur une route et que nous savons que nous allons la suivre pour 1,300 kilomètres, le GPS reste fermé. Par contre, il restera constamment ouvert si nous approchons une ville et que nous devons constamment changer de cap et de routes...là, ça devient indispensable. Bien que le GPS soit merveilleux, il ne remplace pas les discussions de bord de chemin avec les locaux pour connaitre les conditions des chaussées et les plus belles options qui s’offrent à vous. Mais attention! L’opinion d’un automobiliste quant à une route va grandement différer de ce qu’en pense un cyclotouriste. Par exemple, un automobiliste commencera à ressentir les gradients à partir de 9% tandis que les jambes d'un cyclotouriste chargé sont sollicitées à partir d’un gradient de 3%. Un automobiliste nous a dit un jour... «cette route est plate comme une crêpe» et il s’est avéré que les gradients étaient de 8 à 10% en montagnes russes pour 30 kilomètres...en fin de journée! Et quant aux distances, eh! bien! les fameux "ils vous restent seulement 10 minutes" se sont souvent avérés être plutôt une heure sinon plus de route! Tout est relatif...surtout en Amérique du Sud où bien des gens prennent les petits 'collectivos' pour voyager.

Le téléphone cellulaire
Une belle surprise en Amérique du Sud! Les tarifs prépayés sont extrêmement abordables. Apportez votre téléphone déverrouillé et achetez vous une carte 'sim' dans chaque pays que vous visitez et vous vous en sortirez à très bon compte. C'est très pratique pour les réservations d'hôtel ou de Warmshower.
Par exemple au Costa Rica, ça nous a coûté 5$ pour la carte 'sim' qui venait avec 500 meg de données et 100 minutes de vocal pour un mois! C'est un exemple, mais chose  certaine, vous ne paierez jamais aussi cher qu'en Amérique du Nord pour l'utilisation du cellulaire.

LES CHOSES À NE PAS RAMENER

In Reach: le fameux communicateur satellite! C'est vrai qu'il est sécurisant de savoir qu'en cas de problèmes nous pouvons compter sur un outil de communication d'urgence. Mais le hic, c'est que le signal n'est pas toujours au rendez vous. Nous avons utilisé l'appareil une vingtaine de fois au cours du voyage mais à plusieurs reprises, lorsque nous étions dans des vallées enclavées en altitude dans les Andes, il n'y avait pas de signal...Et si nous avions une urgence à ce moment? Pas sûr que l'appareil fera parti d'un prochain voyage. Le téléphone cellulaire fera l'affaire.

Chargeur solaire: Sur deux ans, nous n'avons utilisé notre chargeur solaire qu'à deux reprises. Notre vélo possède une dynamo et cela suffit amplement à charger les batteries de nos caméras et autres en régions isolées. De toute manière, même en Amérique du Sud, on trouve toujours des endroits avec source électrique pour recharger nos équipements. Le panneau solaire ne fera donc pas parti de notre prochaine expédition.


Pour plus d'information sur l'équipement vous pouvez aller voir l'onglet L'Équipement ou contactez nous!

30 septembre 2016

Bilan: Equipement

Les vélos
Évidemment, LA question la plus souvent posée: c'est quoi votre vélo?
Comme il existe à peu près autant de types de vélo que de cyclotouristes, il a fallu en lire de la documentation et des avis sur le sujet avant de prendre une décision. Nous avons finalement opté pour le cadre Surly Long Haul Trucker, offrant un excellent rapport qualité/prix. Puis nous l'avons 'habillé' des composantes qui nous paraissaient les plus adaptées au type de voyage que nous envisagions. Résultat: un vélo d'expédition à la carte!

Remarquez que depuis leur achat en 2011, nos montures ont évoluées au fil des voyages entrepris. Après plus de 45,000 kilomètres parcourus, le cadre s'est avéré parfait, solide et nous irions jusqu'à dire quasi indestructible après tout ce qu'on lui a imposé comme conditions! Par contre, il a fallu remplacer les jantes, les pneus et nous avons aussi choisi de changer le système de transmission.


Notre opinion: les jantes et les pneus sont parmi les plus importantes composantes à choisir selon le type de voyage. L'autre élément primordial: les freins.


Les jantes
Elles supportent un poids important et subissent un stress incroyable, surtout si vous faites comme nous un bon pourcentage de votre voyage sur des routes de terre en piètre état. Pour l'Amérique du Sud, nous avions montés nos roues avec des jantes Velocity NoBS à 36 rayons. Ces jantes sont d'une grande résistance mais n'ont rien de léger. Leur alliage en aluminium de haute qualité et une surface de freinage généreuse en allongent la durée de vie. Nous en sommes très satisfaits car elles nous ont supportés pendant près de 29,000 kilomètres et ont résisté à 253,000 mètres de freinage en dénivelé négatif. Évidemment, si nous avions au départ opté pour des freins à disque, les jantes seraient encore en service car ce type de freins n'usent absolument pas la jante: nous en reparlerons plus loin. Seulement 2 rayons cassés pour toute la durée du voyage et une seule roue légèrement voilée sur une mauvaise route au Chili (vite réparée). Si vous partez longtemps, comme ce fut le cas pour nous, nous vous recommandons de faire monter de nouvelles jantes par un expert afin de partir l'esprit tranquille. Nos moyeux avant: Shimano XT. La roue avant de Charles est montée avec un moyeux Dynamo XT pour fournir l'électricité nécessaire au chargement des batteries de caméra, téléphones, GPS, etc.

Les pneus

Comme ils sont en contact avec la route, leur qualité est primordiale. Puisque nous savions que nous allions faire près de 5,000 kilomètres sur des routes de terre et de "garnotte", nous avions opté pour des pneus de 2.15 pouces à profil mordant! Nous avons choisi des pneus Schwalbe Marathon Mondial qui offrent une durabilité incroyable. Pour vous confirmer nos dires, notez que ceux qui sont sur le vélo de Denise ont roulé près de 30,000 kilomètres et ils sont encore bons pour plusieurs autres milliers de bornes! Certes, des pneus de 2 pouces, ce n'est pas ce qu'il y a de plus roulant mais nous n'avions pas l'objectif de battre des records de vitesse loin de là! Nous avions avec nous en tout temps deux pneus de rechange (un pliable et un standard) car il est impossible de trouver des pneus Schwalbe en Amérique du Sud. Vous trouverez seulement des pneus de vélo de montagne qui ne sont pas trop adaptés pour le vélo de long cours avec lourdes charges comme c'était notre cas. Notez que nous ajustions la pression de nos pneus selon le revêtement: 66 psi sur le bitume pour être plus roulant et entre 25 psi et 30 psi sur les routes de terre afin d'absorber les vibrations et avoir un meilleur confort ainsi qu'un meilleur contrôle!

Les freins

Lorsque nous avions monté nos vélos en 2011, nous avions opté pour des 'V-brakes' car il était plus facile d'en faire l'entretien et de trouver des pièces (pads de frein) partout dans le monde. Mais les temps changent et nous opterions aujourd'hui pour des freins à disque car il est devenu beaucoup plus facile de trouver des 'pads' de frein à disque un peu partout. En fait, selon nos observations, en Amérique du Sud il se vend maintenant quasi uniquement des vélos de montagne et même le bas de gamme est équipé de freins à disques. Les freins à disques ont trois avantages majeurs: le freinage est trois fois plus efficace, il n'y a aucune usure de la jante et ils restent performants sous la pluie et dans la boue. Un atout majeur quand on s'en va grimper les Andes n'est-ce pas? Car tout ce qui monte redescend!!!

Le système de transmission

Lors de notre premier voyage aux USA, nos vélos étaient équipés de dérailleurs Shimano XT 29 vitesses (3 X 9) et ça fonctionnait très bien. Mais pour notre voyage en Amérique du Sud, nous avons décidé de nous gâter en installant des moyeux Rohloff sur nos montures. Coup de foudre dès le départ: c'est un système génial! 
Les moyeux Rohloff sont de véritables petites merveilles d'ingénierie allemande: 14 vitesses uniformément espacées à l’intérieur d’un moyeu avec espérance de vie de 100,000 kilomètres, rien de moins! Il faut seulement changer l’huile à tous les 5,000 kilomètres et en faire un entretien préventif normal. Autre avantage: il y a moins d’usure sur les pignons grâce à un alignement parfait de la  ligne de chaine et en plus, on peut inverser les pignons et plateaux pour en doubler la durée de vie. 
Mais l'avantage numéro UN du Rohloff, c'est sa facilité d'utilisation! En effet, il est possible de passer à n’importe quelle vitesse à l'arrêt, sans pédaler, ce qui est tout à fait impossible à faire avec un système d’entrainement conventionnel. On peut donc en montant une côte en 8ème vitesse, s’arrêter, prendre une photo et puis, toujours à l’arrêt, passer en première vitesse et repartir sans problème. Un 'must' quand on passe des mois à faire la grimpette dans les Andes!
Le seul bémol, un éventuel bris peut occasionner un arrêt prolongé pour effectuer une réparation car il existe peu de points de service en Amérique. Cependant, tous les utilisateurs de Rohloff le confirment, le service à la clientèle de la compagnie est excellent. Donc, s’il y a bris, nous pouvons dans le pire des cas, envoyer la pièce en Allemagne et environ 2 semaines plus tard, Rohloff retourne le système réparé. Alors si jamais nous vivions une avarie, cela nous donnerait l’occasion de prendre une petite vacance. Nous ne sommes pas pressés après tout! Mais nous n'avons jamais eu de problèmes avec nos Rohloff et avons rencontré plusieurs autres cyclos qui roulent avec ça depuis fort longtemps sans aucun problème. Il est clair que nous allons transférer un de nos Rohloff sur notre tandem pour le prochain voyage!


Conversion to Rohloff SpeedHubs 500/14 from Charles Coderre on Vimeo.


Chaines et pignons

Nous avons changé les chaines 9 fois au cours de ce voyage de 29,364 kilomètres. Ça fait une moyenne de 3,262 kilomètres par chaine. Certaines ont duré plus longtemps que d'autres, les SRAM 971 étant les plus durables. Il est important de les changer fréquemment car elles s'étirent avec le temps et abiment les plateaux et pignons. Nous avons aussi remplacé les "sprockets" et le plateau avant après 20,000 kilomètres, ce qui fait partie de l'entretien normal.
Il faut aussi huiler la chaine très fréquemment!

Pour plus d'information sur les vélos, vous pouvez aller voir l'onglet Vélo sur le blogue ainsi que le bilan Équipement que nous avions fait en 2013 suite à notre voyage de 6 mois aux USA.


La semaine prochaine, le bilan pour l'équipement de camping!


22 septembre 2016

À l'heure des bilans!

Trois mois déjà que nous sommes revenus chez nous! Incroyable comme le temps file. 
Nous n’avons pas donné de nouvelles depuis un bout, vous vous demandez peut-être comment ça se passe pour nous après ces 2 ans de péripéties quasi quotidiennes à travers les Amériques? Après avoir vécu sur un ‘high’ constant pendant tout ce temps, comment fait-on pour se glisser dans une vie plus…prévisible, disons? Sommes-nous noyés dans la nostalgie et au bord de la dépression? 

Eh! bien! non, pas du tout! Au contraire, nous sommes totalement et complètement heureux tous les deux! C’est avec un réel plaisir que nous avons retrouvé la famille et les amis et que nous nous sommes confortablement réinstallés chez nous. Plusieurs nous avaient mentionné le ‘blues’ fréquent que ressentent les voyageurs au long cours quand ils reviennent à une vie dite ‘normale’. Pour certains, cela est dû au fait de devoir retourner sur le marché du travail pour renflouer le compte en banque, avec ce que cela implique de stress et de routine tandis que d’autres doivent retrouver un endroit où s’installer ayant tout laissé pour partir à l’aventure. Rien de cela pour nous. Nous sommes d’heureux retraités et notre maison nous attendait, parfaitement tenue par nos charmantes locataires des deux dernières années. Alors nous avons simplement eu l’impression de nous glisser dans de confortables pantoufles et de reprendre notre vie d’avant sans stress aucun…si ce n’est de choisir une prochaine destination pour une nouvelle aventure! Mais rien ne presse car nous désirons vivre pleinement les quatre saisons québécoises (eh! oui! nous espérons même un bel hiver enneigé!)

La météo nous a gâté pour ce premier été en terre québécoise ce qui nous a aussi permis de nous remettre presqu’aussitôt…au vélo! Eh! oui! après une petite pause, le goût de pédaler nous est vite revenu, surtout que nous avons maintenant une nouvelle monture à apprivoiser. En effet, nous nous familiarisons avec notre super tandem Pino, et jusqu’à maintenant, ça se passe plutôt bien. On vous en reparlera sûrement plus tard. Quelle joie aussi de retrouver nos parcours préférés dans notre belle campagne estrienne! Seuls ou avec des amis, nous accumulons les kilomètres…juste pour le plaisir! 

Mais nous voilà aussi rendu à l'heure des bilans. Pour les amateurs de chiffres, Charles s'est donc amusé à compiler différentes statistiques qui vous résumeront notre voyage. Plus tard suivront des analyses concernant nos équipements.




Bilan statistique 


Nombre de jours total: 705

En fait nous avons quitté notre maison le 30 juin 2014 et l'avons réintégré le 20 juin 2016. Nous avons donc été partis tout près de deux ans et avons vécu une aventure formidable! Notre parcours en Amérique du Sud nous a donné les plus belles expériences de vie nomade et nous revenons au pays marqués par une douce lucidité sur l'hyper confort de notre mode de vie nord américain. Nous avons passé 22% (155 jours) de notre voyage au Pérou, sans contredit un de nos pays préféré de par ses habitants,  ses diverses cultures ainsi que ses paysages andins extraordinaires. En tout, nous avons traversé 15 frontières!



Nombre de jours pédalés: 435
Qui dit voyage à vélo dit aussi voyage alors forcément pour nous il n'était pas question de passer à côté des sites touristiques d'intérêt. La règle que nous avons tenté de respecter tout au long de cette odyssée est simple: 2 jours de congé pour 4 jours pédalés (ce pouvait être aussi 1 pour 2 ou 3 pour 6 ou 4 pour 8 etc mais la règle de 1/3 - 2/3 était là). Le repos en voyage à vélo est essentiel pour permettre au corps de récupérer et pour profiter de l'immersion culturelle. Pas d'arrêt, pas de rencontres. Alors prévoir des pauses selon vos intérêts permet tout simplement d'ajouter au plaisir du voyage!

Kilométrage total: 29,364
Avec le temps, nous avons parcouru un total de 35,338 kilomètres à travers les trois Amériques dont 29,364 sur nos vélos. Cela peut paraitre énorme à première vue mais représente une moyenne de 65.7 kilomètres par jour pédalé.

La plus longue journée: 157 kilomètres
Cette journée-là, dans le nord de l'Argentine, nous avons pédalé pendant presque 9 heures et avons parcouru 157 kilomètres. Partis au petit matin, nous avons atteint la ville de San Rafael passé le crépuscule!

La plus courte journée: 7 kilomètres
Notre première journée en altitude au Pérou de Rio Blanco à Chocna. Nous étions très affectés par l'altitude au début. Disons que l'adaptation se faisait difficilement! Cette journée, nous sommes passé de 3,500 à 4,000 mètres d'altitude et étions épuisés après quelques coups de pédales. Il faut préciser que nous étions sur une route en gravier en piteux état. Ce fut une rude mise à l'épreuve, mais avec le recul, ça en valait grandement la peine!

Vitesse moyenne: 14.3 Km/h
Eh oui! 14.3 kilomètres heure de moyenne. Ce n'était pas une course, c'était un voyage que nous faisions, alors pour nous la vitesse importait peu. D'ailleurs, un vélo chargé à bloc c'est loin d'aller vite...mais ca peut aller très loin!

Dénivelé positif: 274,082 mètres
Dans les Andes, nous avons passé des journées entières à gravir les flancs de montagnes pour atteindre des passes à près de 5,000 mètres d'altitude puis redescendre en quelques heures à moins de 500 mètres d'altitude puis remonter de plus belle et ce jour après jour! Nous cumulons donc un dénivelé positif de 274,082 mètres. C'est comme si nous avions gravi le mont Everest du niveau de la mer à son sommet plus de 31 fois. Ça en fait de la grimpette!

Plus grosse journée d'ascension: 2,058 mètres
Entre Palanda et Yangana en Equateur une longue journée sous la pluie à monter des gradients crève coeur du matin au soir. En récompense, nous avons eu droit à l'hospitalité d'une famille qui nous a accueilli sur leur 'hacienda' pour la nuit!



Type d'hébergement: 69% 'hospedaje'!
C'est sans doute le voyage où nous avons le plus logé en motel de tous les voyages que nous avons fait jusqu'à maintenant. C'est donc un total de 486 nuits que nous avons passé en motel/hospedaje/pension/hotel/etc. Nous avons visité énormément de villes et villages en Amérique du Sud et la meilleure option était souvent pour nous le petit motel pas cher (8$ à 15$ la nuit). Nous avons piqué notre tente 137 fois et le plus souvent dans les hautes montagnes du Pérou, sur le haut plateau Bolivien, en Argentine et au Chili. Nous avons très peu campé en Colombie, en Amérique centrale et au Mexique car il y faisait trop chaud et nous cherchions l'air climatisé afin de pouvoir dormir confortablement. Nous avons aussi logé chez des membres Warmshower 58 nuitées au cours de ce voyage ce qui ne représente que 8% des nuitées. C'est peu comparé aux autres voyages que nous avons fait mais il faut dire que les membres se font rares en Amérique du Sud et que les membres inactifs sont de plus en plus nombreux. Nous avons aussi bénéficié de l'hospitalité spontanée 22 fois au cours du voyage.

Température: 71.4% ensoleillé
Nous avons bénéficié de 504 jours ensoleillés sur les 705 qu'a duré le voyage pour pédaler et pour visiter à loisir. Nous n'avons connu que 42 journées de pluie avec une plus grande fréquence aux USA. Les journées nuageuses ont représenté 159 jours. En ce qui a trait aux températures, nous avons connu -8C en haute montagne au Pérou et +44C dans la région de Salta en Argentine.

Crevaisons: 30
Au total, sur 29,364 kilomètres, nous avons fait 30 crevaisons et 50% d'entre elles ont eu lieu en Amérique centrale et au Mexique où les accotements sont jonchés de débris de toute sorte (verre brisé, clous, fils de fer et pneus de camions éclatés). La majorité des crevaisons ont été faites sur le bitume. Nous n'avons fait qu'une seule crevaison sur les routes de terre et de garnotte (4,800 kilometres). Nous roulions sur des pneus Schwalbe Mondial et ceux de Denise ont près de 30,000 kilomètres et la bande de roulement est encore bonne pour plusieurs autres milliers de bornes.
 
Budget bouffe: 14.28$/personne/jour
Nous avons dépensé un montant de 14.28$CAN (9.67 Euro) par personne par jour pour nous nourrir. Nous ne nous sommes jamais privé d'aller au restaurant lorsque nous étions dans les villes ou villages et nous n'avions aucune restriction budgétaire sur ce plan. Après tout, l'immersion culturelle passe aussi par la bouffe!

Budget hébergement: 17.38$/personne/jour
C'est probablement sur cet aspect que notre budget est plus élevé que la moyenne des voyageurs à vélo de long cours. Il faut dire que nous sommes retraités et que contrairement à beaucoup d'autres voyageurs qui sont en sabbatique et qui vivent sur des économies limitées, nous avons des revenus de retraite qui entrent en caisse beau temps mauvais temps! Nous pouvions aussi compter sur les revenus de location de notre maison pour la durée de notre voyage ce qui fait que nous avions peu de contraintes budgétaires sur le plan de l'hébergement. Nous nous sommes donc permis d'opter pour le confort quand c'était possible. Cependant, nous avons rencontré des voyageurs qui ne restaient pour ainsi dire jamais en hôtel et logeaient dans des casernes de pompiers ou en camping dans les parcs urbains ce qui fait que leur budget se limitait à celui de la nourriture. Il y a donc moyen de voyager à vraiment pas cher si c'est là votre objectif.

Pour les mordus de chiffres, vous pouvez aussi consulter l'onglet Statistiques sur le blogue.

Le prochain bilan dans une semaine: L'équipement ... À Bientôt!

10 juin 2016

Newsletter #50 - Front Royal (Virginie) à Bromont (Québec)!

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Après 2 jours de repos à Front Royal, nous pédalons jusqu’à Knoxville, Maryland, où nous rejoignons la route que nous avions parcouru en 2013 lors de notre traversée des États-Unis. Le beau de l’affaire, c’est que nous séjournons de nouveau chez Jean et David, des hôtes Warmshower que nous retrouvons avec plaisir, comme de vieux amis. Ça donne une bien agréable soirée à échanger nos histoires de voyages, ce qui recharge les batteries pour la suite…et de l’énergie, nous en aurons besoin!

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Madame météo continue à jouer les trouble-fête, si bien que la traversée des collines de Pennsylvanie se passe la plupart du temps sous une pluie froide et dans la brume! Pas vu grand chose des champs de batailles de Gettysburg, ni des jolies petites villes sur notre route comme York et Lancaster. Au pays des Amish, il y bien eu quelques belles percées de soleil mais nos caméras semblent devenues bien paresseuses. Mais que se passe-t-il???

Eh! bien! nous réalisons tout à coup que ce qui nous occupe le plus l’esprit, c’est le retour à la maison! Nous pédalons en pensant de plus en plus à la famille et aux amis que nous allons retrouver et on se surprend à parler  de nos multiples petits projets domestiques…comme préparer notre sauce à ‘spag’ maison! Oui, oui, vous avez bien lu. Après ces 2 ans d’aventures exaltantes sur la route, ça devient tout à coup excitant de retrouver une certaine routine. Mais ne soyez pas trop déçus, notre goût du voyage est encore là car nos conversations sont aussi émaillées de rêves de futurs voyages au bout du monde, en fait ça bouillonne, tellement nous avons d’options. Mais d’abord, nous avons besoin d’une bonne période de repos, à vivre pleinement la confortable vie sédentaire chez nous. 

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Évidemment, à mesure que nous approchons du Québec, le paysage devient plus familier, moins exotique. Vous connaissez l’expression « C’est pas le Pérou! »? On dirait que c’est devenu notre point de comparaison pour tout que nous voyons, ce qui est tout à fait injuste, mais que voulez-vous, les panoramas andins nous ont marqué profondément. Mais à défaut de paysages spectaculaires, nous trouvons beaucoup de plaisir à travers les multiples rencontres que nous faisons.


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En effet, les Américains sont vraiment des gens sympathiques. Pas une journée ne se passe sans qu’on nous arrête sur la route ou qu’on vienne nous voir pour poser mille questions sur notre aventure. Vous devriez voir les expressions de surprise quand nous résumons le voyage, parfois c’en est presque comique! Certains sont même sceptiques, nous avons eu droit une fois à un « Are you bullshiting me??? » Ça nous amuse à chaque fois et surtout, ça nous fait encore plus réaliser tout le chemin parcouru depuis notre départ en juillet 2014!

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Plus nous approchons du Québec, plus le rythme accélère! Les vélos semblent avoir des ailes, et on enfile les kilomètres, surtout que la météo nous donne quelques jours de répit alors autant en profiter. Après quelques arrêts au Vermont, dont un dernier chez un cousin de Denise à Swanton, pas vu depuis quasiment 20 ans, nous voilà en route pour franchir la frontière à Richford. Des amis cyclistes nous rejoignent et nous accompagnent un bout. Que ça fait du bien de parler ‘québécois’! 

À la frontière, le douanier semble éberlué quand on lui dit qu’on revient d’Amérique du Sud…à vélo! Il met un certain temps à saisir l’ampleur du voyage semble-t-il, mais quand il nous demande si nous rapportons quelque chose, Denise répond: « Non, nos vélos sont déjà bien assez pesants comme ça! » Il nous souhaite finalement la bienvenue au Québec. 

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C’est pas long qu’on fonce vers Sutton où nous attend Francine la soeur de Denise. Comme il fait un froid de canard, une petite pause chocolat chaud s’impose, puis bien réchauffés, nous entreprenons les derniers kilomètres en groupe. Fin d’après-midi, nous arrivons à Bromont, chez la soeur de Charles où nous allons séjourner quelques jours avant de réintégrer notre maison à Granby. Quelle joie de retrouver les proches! Bien des réunions sont prévues dans les prochains jours et les émotions ne manqueront pas. 


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Ça fait vraiment du bien de poser les vélos, défaire les sacoches en pensant qu’on aura pas besoin de les refaire chaque matin. Nous retrouvons avec joie le confort et la facilité de notre vie sédentaire. Revenir chez soi après 2 ans, c’est aussi redécouvrir son coin de pays. Bien des choses ont changé pendant notre absence et ça sera amusant d’en faire le tour. Donc pour le moment, pas beaucoup de place pour la nostalgie. En fait, contrairement à certains qui doivent retourner au travail après une telle aventure, nous avons la chance d’être retraités, donc complètement libres de notre temps.

Alors voilà, c’est ici que s’achève notre grande aventure après 29,364 kilomètres pédalés à travers les 3 Amériques. Nous en profitons pour vous remercier, vous tous et toutes qui avez suivi nos péripéties fidèlement depuis le début. Sachez que vos commentaires et vos encouragements tout au long de ces 2 ans nous ont fait chaud au coeur à chaque fois et dans les moments difficiles, c’était souvent la petite étincelle qui rallumait notre enthousiasme.

Bien sûr, nous vous reviendrons de temps en temps, histoire de faire le bilan de l’aventure…et vous tenir au courant de notre prochain projet, évidemment!
À bientôt!















17 mai 2016

Newsletter #49, Chattanooga (Tennessee) à Front Royal (Virginie)

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« Y en aura pas de facile!!! » Voilà la phrase qui décrit bien nos dernières semaines sur la route. Denise pense à son amie Ginette qui aime bien la taquiner: elle va sûrement dire qu’il lui reste des vieux péchés à expier! 

Pourtant, ça commençait assez bien. Au départ de Chattanooga, nous roulons sous un timide soleil à travers une jolie campagne vallonnée. Au premier village, un vieil homme dans une camionnette nous arrête avec de grands signes car il veut absolument nous parler. Il a plus de 85 ans et il nous raconte avoir traversé les États-Unis à vélo avec un ami quand il avait 70 ans! Cet ami plus vieux que lui est mort d’un arrêt cardiaque sur son vélo lors d’une randonnée il y a quelques années. « Il est mort heureux » dit-il, tout ému. Nostalgique de cette belle époque, il insiste pour nous prendre en photo et nous souhaite bonne route. La passion n’a pas d’âge.

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Peu après, nous franchissons la barre des 27,000 kilomètres! Pas beaucoup de temps pour célébrer car les nuages reviennent en force et nous échappons encore une fois à des déluges successifs en séjournant chez des hôtes Warmshower entre autres, à Maryville, chez Rob, où nous dormons dans un pavillon de piscine à l’abri de la pluie. Après une étape camping pluvieuse (encore!) à Hot Springs, nous stoppons à Burnsville où Mary et Jim nous font sentir comme des vedettes quand leur groupe d’amis cyclistes arrivent pour la soirée. Les questions fusent et c’est avec plaisir que nous partageons notre expérience de la route. 


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Puis nous entrons finalement sur le célèbre Blue Ridge Parkway un peu au nord de Asheville en Caroline du Nord.   Cette route scénique suit plus ou moins la crête du Blue Ridge, un massif montagneux sur la face orientale des Appalaches. Ça veut dire des côtes en masse pour passer d’une montagne à l’autre. On a beau avoir des milliers de mètres de dénivelé positif dans les pattes, une côte, ça reste une côte et quand les conditions climatiques passent constamment du meilleur au pire, avec un fort penchant pour le pire, eh! bien! c’est du sport!

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La première journée se passe pourtant relativement bien car le soleil daigne se montrer un peu pour nous permettre d’apprécier pleinement les premiers points de vue que nous offrent les nombreux belvédères tout le long du Blue Ridge. Ah! si seulement ça pouvait durer! Mais en après-midi, ça se gâte et dès que nous avons monté le camp à Linville Falls, le premier camping sur le Ridge, il commence à pleuvoir…et il pleut toute la nuit!



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Le lendemain, nous décampons tout mouillés et c’est sous un ciel menaçant que nous roulons pratiquement toute la journée. Nous avons rendez-vous à Boone chez des hôtes Warmshower. Le moral un peu à plat, nous espérons arriver là-bas avant la pluie. À l’heure du lunch dans un site de pique-nique aménagé, un homme nous aborde intéressé par notre voyage et nos vélos. Scott demeure justement à Boone et a travaillé dans une boutique de vélo. Quand il se met à examiner nos montures, il découvre une fente de 5 cm sur la surface de freinage de la jante arrière du vélo de Charles!!! Ça alors! Les freins en V sont venus à bout de nos jantes quasi indestructibles. Il faut dire que plus de 253,000 mètres en dénivelé négatif, ça exige inévitablement beaucoup de freinage. Évidemment, pas de chance à prendre, il faut changer les jantes car il nous reste encore pas mal de montagnes à franchir.

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Après le lunch, dès que nous repartons à l’assaut d’une longue pente, une pluie froide s’abat sur nous et c’est mouillés et frigorifiés que nous entrons à Boone. Nous stoppons chez Magic Cycle, la boutique que nous a conseillé Scott et nous passons commande pour 4 jantes neuves. Le hic: ça va prendre quelques jours. Mais Beth et John, nos hôtes Warmshower, nous offrent gentiment de rester avec eux aussi longtemps que nécessaire. Et quel agréable séjour ça sera! Beth et John travaillent tous les deux à l’Université des Appalaches et ils préparent leur retraite d’ici peu et devinez ce qui les passionnent: le vélo et les voyages! Ça donne des échanges des plus intéressants. Nous passerons 3 jours chez eux à l’abri du temps exécrable qui sévit sur la région: pluie, vent, froid et neige sur la montagne! 



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Nos bécanes réparées, nous revoilà sur le Blue Ridge Parkway, habillés chaudement, car le froid persiste. La journée se passe finalement sous le soleil et ce soir-là, nous campons au Wild Woody, un camping privé à quelques mètres du BRP. Les proprios sont de vieux hippies au look de ‘bikers’ et ils nous accueillent chaleureusement. Des effluves de ‘pot’ flottent dans l’air et la bière coule à flot…Ils nous invitent à venir boire du ‘Moonshine’. Du quoi? Nous apprenons qu’il s’agit d’un alcool frelaté très populaire par ici depuis le temps de la prohibition. Illégal, cet élixir est pourtant toléré et on en fait même un commerce plus ou moins officieux un peu partout dans la région. Cependant, le temps venteux et froid ralentit les ardeurs de ce beau monde et nous passerons une soirée tranquille au chaud dans la tente.

Le lendemain, Denise se réveille avec une terrible migraine…pourtant, elle n’a pas bu une seule goutte de Moonshine! C’est plutôt la faute au vent qui a secoué la tente toute la nuit rendant le sommeil difficile. Mais après avoir pris un anti-migraineux, l’énergie lui revient et nous poursuivons la route. De belles percées de soleil nous permettent d’apprécier les beaux panoramas qui s’offrent à nous. Le Blue Ridge Parkway mérite vraiment sa réputation de plus belle route de l’est des États-Unis.


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En effet, malgré les soubresauts constants de la météo, les paysages sont superbes car même après une nuit de pluie, la brume ajoute une touche fantasmagorique avec ces bancs de nuages qui s’effilochent dans les vallées en contrebas. S’il ne faisait pas si froid, nous pourrions mieux apprécier.

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Il y a heureusement des compensations à toutes nos misères. Ce sont les merveilleuses rencontres que nous faisons. À Roanoke, la plus grosse ville sur le Blue Ridge, nous séjournons chez Dustin et Pete, des hôtes Warmshower absolument charmants! Nous nous laissons gâter sans retenue dans le confort de leur chaleureuse maison et nos estomacs se rappellent encore les fabuleux déjeuners au Sweet Donkey, le Coffee House que possède Dustin en ville. Entre autres moments agréables, Denise se rappellera avec plaisir ces conversations entre filles avec Dustin, comme si elles étaient de vieilles amies!


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Sur les conseils de Pete, nous prenons la route 11 car une section de plus de 25 km du BRP au nord de Roanoke est fermée à cause de travaux de pavage. Cette route plus ou moins parallèle au Blue Ridge est tout de même agréable car elle traverse plusieurs petits villages pittoresques avant de nous ramener sur la route scénique près de la rivière James où nous campons à Otter Creek. Cette fois pas de pluie en soirée mais une nuée de moustiques voraces nous font la vie dure. Mais évidemment, le ciel ne peut se retenir de nous envoyer quelques averses pendant la nuit et nous repartons le lendemain sous une petite bruine intermittente. Ce soir-là, nous méritons le confort d’une Cabin à Love pour nous protéger du vent et du froid…Au risque de me répéter, décidément, la météo suit le même profil en dents de scie que les montagnes.









Pour notre dernière journée sur le Blue 
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Ridge, le ciel se montre relativement clément, comme s’il tenait à nous faire garder un bon souvenir de ce parcours malgré tout. Nous arrêtons à tous les belvédères pour nous en mettre plein la vue avant de nous lancer sur le Skyline Drive, une autre route scénique qui prolonge le Blue Ridge au nord sur plus de 160 kilomètres, à travers le parc national Shenandoah. Notre premier arrêt au camping Loft Mountain restera mémorable. Imaginez un froid de canard, de la pluie glaciale pendant une partie de l’après-midi, et deux cyclistes exténués qui arrivent à l’entrée du camping. Et qu’est-ce qui nous attend? Une route d’accès de presque 3 kilomètres aux gradients de plus de 10%. Ça vous rachève les plus endurcis des sportifs!  

On aurait bien mérité une nuit calme mais le camping situé au sommet de la montagne est balayé toute la soirée et toute la nuit par des vents à écorner les boeufs. On bat des records de froid pour cette époque de l’année nous dit-on…Grrr! Et ça se poursuit le lendemain quand on campe à Big Meadows. Plusieurs campeurs annulent leur séjour mais comme nous n’avons pas d’autres options, il faut bien affronter encore une nuit dans nos duvets plus ou moins amochés par toutes ces nuitées depuis presque 2 ans. Nous ne pensions jamais avoir aussi froid en Virginie pourtant renommée pour ses printemps hâtifs. Eh! bien! on repassera!

Heureusement que la beauté de la route vient contrebalancer quelque peu toutes ces difficultés. Mais après 5 longues journées de plus de 1,200 mètres de dénivelé positif en moyenne chaque jour, les jambes fatiguées, le corps transi par le froid, nous optons pour un confortable motel à Front Royal où nous resterons 2 jours complets à ne rien faire, histoire de récupérer. Les prévisions météo n’ont rien de réjouissant pour les prochains jour de toute façon.


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Avec le Blue Ridge Parkway et le Skyline Drive, voilà notre dernier défi physique d’importance complété. Devant nous maintenant, ce que nous voyons comme la dernière étape avant de rentrer à la maison: de tranquilles chemins de campagne à travers la Pennsylvanie, l’état de New-York et le Vermont. Denise ne peut pas croire qu’il lui reste encore des péchés à expier, alors espérons du temps plus clément pour la suite…

Québec, ‘here we come’!!!











26 avril 2016

Newsletter #48, Natchez (Mississippi) à Chattanooga (Tennessee)

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Eh! bien! les dieux nous boudent! Le beau temps n’est pas au programme. Pourtant, notre première journée sur la Natchez Trace Parkway avait bien commencé sous un soleil radieux, et nous étions tout contents de nous installer au camping de Rocky Springs, le premier des nombreux campings gratuits sur la NTP.  On y fait la rencontre de Cameron, un jeune cycliste américain qui retourne chez lui à Utica (NY) après un long voyage à travers les USA et le Mexique. Quelle n’est pas notre surprise de découvrir en jasant avec lui qu’il a rencontré Danny et Tamara, un jeune couple d’Américains à vélo que nous avions croisé à la frontière du Pérou et de l’Équateur. Le monde cycliste est petit!

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Le lendemain, nous déjeunons en vitesse sous la bruine. À l’heure du lunch, nous échappons de justesse à un véritable déluge accompagné d’un orage violent, en nous réfugiant dans un McDo. Nous laissons le pire passer puis filons jusqu’à Jackson où nous attendent Becky et Don, des hôtes Warmshower. On y retrouve notre ami Cameron qui lui, a eu droit à la totale: il est trempé jusqu’aux os! Notre séjour à Jackson est des plus agréables. Nos hôtes sont très intéressants et le jardin de Becky est vraiment exceptionnel, plein de jolis coins étonnants. Ajoutez 4 chats et un cheval miniature et ça fait bien des distractions pour des cyclistes en repos. Parlant de repos, Denise en a besoin car un vilain rhume l’embête depuis Natchez. Une toux incessante vient troubler nos nuits.

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Rien pour nous aider à apprécier la route. Surtout que le temps reste nuageux la plupart du temps. Le surnom de la Natchez Trace, c’est ‘Green Tunnel’. Et c’est tout à fait ça: une route sous les arbres sur plus de 700 kilomètres. Pour être vert, c’est vert! Il y a bien les tapis fleuris de trèfle rouge en bordure qui lui donne un peu de couleurs mais nous avouons nous ennuyer un peu après quelques jours…Comme la Natchez Trace est un grand corridor vert, elle ne traverse aucun village ce qui complique le ravitaillement. Aussi, pas beaucoup de rencontres si ce n’est des vacanciers en véhicules motorisés de toutes les tailles imaginables et oui, bien sûr, quelques autres cyclistes, surtout des groupes qui font l’expédition en circuit organisé. Ça donne plusieurs conversations intéressantes ici et là, mais dans l’ensemble, nous nous sentons isolés. 

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Heureusement que nous avons un autre arrêt Warmshower à Kosciusko, chez Donna. Quelle femme courageuse! Elle a perdu son mari il y a quelques années. Victime d’un conducteur qui textait, il a été fauché sur son vélo sur la Natchez Trace. Il préparait un voyage cycliste vers l’Alaska…Donna s’occupe maintenant de promouvoir le plus possible la sécurité à vélo sur la NTP. Mais nous croyons qu’il faudrait aussi renforcer la prudence chez les conducteurs! Donna nous prépare un excellent souper et nous apprécions particulièrement le beau feu de foyer qu’elle nous allume en soirée. Jamais nous n’aurions cru avoir besoin du réconfort d’un feu au Mississippi!!! 

En effet, les vêtements chauds sont nécessaires le lendemain quand nous repartons. Il faut même ajouter les impers car la pluie s’en mêle aussi. Quand nous rencontrons de nouveau Cameron, nous sommes bien amusés de voir qu’il n’est pas aussi frileux que nous. Ah! la jeunesse! Faut dire qu’un rhume, ça n’aide pas…Denise tousse toujours autant et Charles passe d’aussi mauvaises nuits qu’elle.

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Nous profitons tout de même des campings et ce soir-là à Jeff Busby, nous installons notre vieille bâche trouée pour nous abriter un peu le temps du souper. Un couple de retraités de la Floride vient nous offrir le dessert pour se faire pardonner le bruit de la génératrice de leur énorme roulotte. S’ensuit plein de questions sur notre aventure, puis nos ‘amis’ finissent par nous parler de Dieu, des armes à feu (ils ont leur ‘gun’ dans la roulotte!), de l’Amérique qui aurait besoin de « plus de militaires et de policiers car Obama l’a mise dans un état lamentable »…Hum! Nous sommes dans le Bible Belt. La religion semble s’immiscer de plus en plus dans la politique américaine d’après ce que nous entendons à la télé. On a l’impression que les extrémistes ne sont pas seulement du côté de l’islam…Heureusement que nous rencontrons aussi beaucoup d’Américains aux propos plus mesurés. Ça rassure.

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Après encore une journée à pédaler sous la pluie, nous avons une percée de soleil en fin d’après-midi qui nous permet de sécher nos affaires avant de nous installer au camping de Witch Dance. Cette fois, Denise dort à peine quelques heures, toussant à n’en plus finir. Le moral est au plus bas…et les nuages et la pluie qui persistent! À Tupelo (Elvis est né ici!), nous prenons un motel confortable et y restons 2 jours complets pour nous reposer. Denise garde le lit une grande partie de la journée et enfin, la toux se calme et tous les deux, nous passons une meilleure nuit! Notez qu’il fait un temps magnifique pendant les 2 jours où nous sommes à Tupelo!

Après encore une journée à paresser, la forme revient, mais ironiquement, le mauvais temps aussi! C’est donc sous les nuages que nous repartons. Nous passons la nuit au camping du State Park de Toshimingo, et sommes bien contents d’avoir acheté une nouvelle bâche pour nous mettre à l’abri, car oui, en soirée, il pleut!

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Pendant que nous étions à Tupelo, nous avons tenté d’organiser notre séjour à Nashville mais nous réalisons que c’est une ville chère: rien en bas de 150$ US la nuit! De plus, sur tous les membres Warmshower (une quarantaine!), nous n’avons qu’une seule réponse, négative! Décidément, Warmshower n’est plus ce qu’il était. Nous réalisons que beaucoup de personnes sont inscrites mais une grande majorité ne répond pas aux demandes. Heureusement que nous avons eu quelques expériences intéressantes jusqu’ici, mais force est de constater que bien des gens ne prennent pas la peine de mettre leur profil Warmshower à jour ce qui engendre bien du temps perdu pour les cyclistes sur la route. Dommage…

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Après réflexion, surtout que la Natchez Trace nous semble bien monotone, nous optons pour une nouvelle route qui nous amènera plus rapidement vers le Blue Ridge Parkway…que nous espérons plus intéressant que la NTP. Nous nous retrouvons donc sur d’agréables chemins de campagne en Alabama et les collines ajoutent un peu au défi physique. Il faut bien se préparer pour les Appalaches qui approchent. Le beau temps finit par revenir timidement d’abord, puis les températures remontent peu à peu. La forme est revenue, tout va bien!

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Après quelques étapes en motel, nous avons bien hâte de rejoindre Chattanooga au Tennessee où nous attendent Sandy et Roger, des hôtes Warmshower. Dès notre arrivée, la ville nous parait sympathique, bien aménagée, avec des pistes cyclables et plein de jolis endroits où manger une bouchée. Quand nous arrivons chez nos hôtes, nous sommes accueillis de chaleureuse façon par ce couple charmant, et c’est autour d’un excellent souper que nous échangeons nos histoires ce soir-là. Ils acceptent gentiment de nous garder une deuxième nuit, ce qui nous donne la chance d’explorer la ville toute une journée. Bien agréable de pédaler sans les bagages! Notre séjour se conclue avec une belle soirée dans un restaurant sur la bord de la rivière Tennessee. Voilà une expérience qui nous montre vraiment le meilleur du réseau Warmshower: une belle rencontre et un partage intéressant.

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Nous voilà repartis en direction du Blue Ridge Parkway. Les jambes se réhabituent aux côtes peu à peu et nous avons bien hâte de découvrir cette route dont on ne cesse de nous vanter la beauté.

À suivre…

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