17 décembre 2015

Newsletter #39, Adios Costa Rica, Bienvenido en Nicaragua!

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C’est sous un ciel radieux que nous quittons Tamarindo, après un séjour des plus agréables chez Anna et Craig, de super hôtes Warmshower qui nous ont fait oublier de belle façon notre dernière expérience. Nous voilà donc en pleine forme pour dévorer les kilomètres vers la Laguna Arenal et le volcan du même nom!



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Comme les possibilités d’hébergement s’avèrent plus rares sur une partie du trajet, nous décidons de tenter l’aventure du camping au Parc Barra Honda, surtout que le temps semble vouloir rester au beau fixe, enfin! Mais la chaleur humide continue à nous faire suer (dans tous les sens du mot!) et comme il n’y a pas un souffle de vent, la nuit sera chaude, chaude, sous la tente. Avouons-le, l’air climatisé nous manque! Il faut dire aussi que le camping n’est pas très populaire ici au Costa Rica, pour plusieurs raisons. D’abord le climat, chaud et souvent pluvieux. Autre élément non négligeable: la faune plutôt particulière…oui, vous avez compris, toutes les ‘bibittes’ rampantes imaginables en plus des moustiques hyper voraces! Ce qui fait que les campings, quand on en trouve, sont plutôt rudimentaires et plus ou moins bien aménagés.

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Nous survivons tout de même sans trop de mal à notre nuit en nature (vive le Off Deep Woods!) et repartons de plus belle à l’assaut des pentes costaricaines. En effet, il faut grimper peu à peu vers Tilaran. Je vous avais parlé du vent qui serait fort probablement au rendez-vous. Il nous aurait bien servi en camping mais c’est maintenant qu’il décide de se pointer, quand on monte de longues pentes. À la quantité d’éolienne qui se dressent dans la campagne costaricaine en montagne, nous pouvons vous confirmer qu’en plus de fournir bien des mégawatts d’énergie, il nous a fait dépenser pas mal de calories! 

Mais comme si ce n’était pas suffisant, voilà que la saison des pluies a décidé de revenir en force en montagnes. Les effets de El Nino, qu’on nous dit. Eh! oui! à partir de Tilaran, pas une journée sans que nous soyons trempés jusqu’aux os! À Nuevo Arenal, nous avons même dû prendre un jour de congé de vélo, tellement la pluie était forte. Nous espérions toujours que ça s’arrête, mais rien à faire, nous avons parcouru l’une des plus belles routes du Costa Rica, au nord de la Laguna Arenal, sous une pluie quasi constante. On comprend maintenant parfaitement ce qu’on entend par forêts pluviales. Ça peut bien être aussi vert! 

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Parvenus à La Fortuna où nous aurions dû apercevoir le célèbre volcan Arenal, rien à faire, il est resté obstinément caché sous sa lourde chape de nuages. Décevant d’avoir pédalé tous ces kilomètres pour rien? Oui…et non! Car malgré le temps exécrable, la route était superbe, alors il ne reste qu’à imaginer ce que ça doit être par beau temps. De toutes façons, ce sont les aléas des voyages qu’on ne peut contrôler.


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Après deux autres longues journées 
sous les nuages et de la pluie intermittente, c’est à La Cruz que nous faisons notre dernière halte au Costa Rica. Nous dormons dans un hôtel qui ne paye pas de mine, mais la vue de sa terrasse est sublime: coucher de soleil sur le Pacifique avec le profil de la péninsule de Nicoya au large. Eh! oui! le soleil est revenu en fin d’après-midi et le lendemain, nous pédalons les derniers 20 kilomètres avant la frontière du Nicaragua, sous un ciel quasi sans nuages. 

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Les formalités expédiées à la frontière, nous voilà à pédaler dans le 9e pays de notre voyage. La route longe un temps l’immense lac Nicaragua où l’on aperçoit les profils spectaculaires des volcans Maderas et Concepcion sur l’île d’Ometepe au large. Ici aussi, des centaines d’éoliennes marquent le paysage de leurs hélices gigantesques. Nous apprécions toutefois que notre ami Éole nous souffle dans le dos quand nous bifurquons vers le sud-ouest pour rejoindre San Juan del Sur, une station balnéaire sur le Pacifique. L’endroit nous parait assez sympathique pour que nous options pour une pause de 3 jours, histoire de profiter de la belle plage et de l’ambiance détendue du village. Et puis, avouons-le, nous méritons une petite vacance après toutes ces péripéties. Autre raison de célébrer, nous venons tout juste de franchir le 20,000ème kilomètres de notre périple!!!


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Les batteries rechargées, nous voilà sur une petite route de gravier en direction de Rivas, puis San Jorge où nous embarquons sur le ferry qui va nous amener à Moyogalpa, sur l’île d’Ometepe. Nous voyons deux autres cyclistes qui embarquent! Ce sont Dang et Dean, un jeune couple de Toronto. Dean est parti d’Alaska et Dang l’a rejoint à Jasper, et ils ont pour objectif de rejoindre Ushuaia. Bien agréable de partager nos histoires, et nous décidons de loger au même endroit à Moyogalpa, pour pouvoir prolonger la discussion. 


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Le lendemain, Dean et Dang optent pour la route de gravier vers le nord de l’île alors que nous préférons le pavé vers le sud en direction d’Altagracia. Coup de chance, nous les retrouvons à Altagracia pour la pause dîner, et nous entamons avec eux la boucle contournant le volcan Maderas. Cette partie du trajet s’avère des plus agréables, malgré le fait que la route est pas mal cahoteuse. D’abord, les points de vue sont spectaculaires et nous pédalons souvent à l’ombre ce qui nous protège un peu des ardeurs du soleil. Mais surtout, Dang et Dean se révèle d’excellents compagnons de route, et les conversations sont des plus animées. Ça fait du bien de partager notre passion pour les voyages avec d’autres, tout aussi passionnés que nous! Après trois jours en leur compagnie, nous devons nous séparer à regret…Bon voyage les amis!


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Quant à nous, une autre aventure exaltante nous attend. Imaginez, après 17 mois, nous allons retrouver nos enfants! Eh! oui! Marie-Christine et Alexandre, avec sa copine Aline, vont venir nous rejoindre à Granada, Nicaragua. Nous passerons une dizaine de jours avec eux, pour célébrer Noël. Ce sera bien différent de l’an dernier où nous étions seuls à Puerto Natales, au Chili. C’est bien beau Skype, mais rien de tel que serrer dans nos bras ceux qu’on aime, n’est-ce pas? 





30 novembre 2015

Newsletter #38, Quepos à Tamarindo, histoires de crocodiles.

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Pour ceux d’entre vous qui pensent qu’on se la coule douce au pays de la ‘pura vida’, détrompez-vous, car depuis une semaine, nous travaillons fort! Partis de Quepos après 3 jours de repos, nous rejoignons assez facilement Jaco, puis le lendemain, après le diner, c’est sous un déluge accompagné d’éclairs et de tonnerre, que nous roulons jusqu’à Puntarenas pour attraper de justesse le traversier de 14h pour Paquera, sur la péninsule de Nicoya. Trempés jusqu’aux os, nous prenons un hôtel climatisé pour bien nous sécher mais une panne d’électricité qui dure toute la nuit, fait que nous nous réveillons tout humide, encore une fois. 

Pas très grave en fait, car si ce n’est pas la pluie qui nous mouille, c’est la sueur produite par l’effort constant que nous devons fournir pour gravir les p’tites ‘crisses’, comme on appelle maintenant les côtes à fort gradient du Costa Rica. 

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En mi-journée, nous croisons un cycliste chilien qui nous annonce que la route que nous voulons prendre après Playa Santa Teresa est impraticable à cause du niveau des rivières trop haut! Plusieurs routes de cette région n’ont pas de ponts pour traverser les cours d’eau et les véhicules doivent passer à gué, ce qui ne cause pas de problème en saison sèche, mais c’est une autre histoire pendant la saison des pluies. Nous voilà bien dépités. Mais notre ami cycliste avoue ne pas s’être rendu jusqu’à la fameuse rivière et seulement s’être fié aux dires des locaux…Découragés de refaire la route en sens inverse, ce qui impliquerait de dures remontées, nous décidons de courir notre chance en continuant, histoire de voir par nous-mêmes de quoi il retourne. Par expérience, nous savons que parfois, les gens du coin exagèrent un peu les conditions ou nous donnent des informations contradictoires. 

Arrivés à Playa Santa Teresa sous un beau temps persistant toute la journée (une première depuis que nous sommes au Costa Rica!), nous nous installons dans un petit hostel et allons profiter de la magnifique plage sur le Pacifique, une des préférées des surfeurs. Le proprio de l’hostel nous dit qu’il va appeler des amis qui connaissent les rivières que nous devons traverser à gué, car oui, il y au moins deux cours d’eau sur notre route, le rio Ario et le rio Bongo.

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Comme le petit village est agréable, nous décidons de nous octroyer un autre jour de congé. Sage décision, car le beau temps continue, et les infos que nous communique le proprio sont encourageantes: le niveau d’eau a baissé sensiblement depuis quelques jours, et si le beau temps se maintient, cela continuera rapidement. Actuellement, il indique que Charles aura de l’eau jusqu’à la taille pour la première rivière et pour la seconde, jusqu’à la poitrine. Précisons que Charles mesure 6 pieds alors que Denise ne fait que 5 pieds 2 pouces…alors je vous laisse imaginer ce que Denise pense…
Pour ajouter au suspens, il est question de crocodiles!!! QUOI? Des crocodiles??? Mais on nous dit toujours ça avec un petit sourire en coin…Mais nous savons qu’il y a VRAIMENT des crocodiles dans les rivières du Costa Rica puisque nous en avons vu des dizaines dans le rio Tarcoles, entre Jaco et Puntarenas. Pas rassurant…

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Après une nuit de rêves bizarres (devinez de quoi!), nous prenons la route, ou plutôt, la piste, car ce chemin est complètement défoncé, les trous y sont géants, remplis d’eau boueuse et il y a des pierres partout! Nous parvenons à rouler sur la plage à marée basse pour un bon 3 kilomètres, un agréable répit, puis il faut remonter un peu dans les terres pour finalement arriver à notre première rivière. 

Eh! bien! oui! le niveau d’eau a baissé un peu, mais dans la partie la plus creuse, Charles enfonce tout de même jusqu’aux hanches et Denise un peu plus haut que la taille. Le courant est fort cependant, il faut bien se tenir! Nous effectuons plusieurs aller-retour pour traverser tous les bagages, puis Charles termine le trajet avec les vélos. Ouf! Il fait bon retrouver la terre ferme, sain et sauf…surtout après avoir entendu ce drôle de bruit venant de la forêt!

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Denise raconte: 
« Pendant que Charles fait la première traversée, je décharge le reste des bagages des vélos, quand tout à coup, j’entends un son venant de la forêt, tout près de moi, un genre de grognement. Mais qu’est-ce que c’est??? Au fait, ça fait quoi un crocodile comme bruit? Je panique un brin…Je prends de cailloux et les lance vers le bois, espérant faire fuir l’animal, mais le bruit se répète à plusieurs endroits!!! Charles ne semble pas rassuré non plus. J’ai beau regarder partout, je ne vois rien. Je n’ai qu’une hâte, terminer cette maudite traversée! »

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Charles raconte:
« Je traverse cette rivière avec de l’eau trouble jusqu’à la taille lorsque j’entends des grognements sourds venant des buissons en bordure de la rivière. Denise n’a pas l’air trop rassurée et moi non plus je dois dire…surtout que j’ai aperçu des petits reptiles à quatre pattes dans les bosquets avant de mettre les pieds dans l’eau…on pense tout de suite aux crocodiles! Mais on ne peut pas reculer alors je continue à traverser les sacoches et les vélos de l’autre côté de cette rivière boueuse! »

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Peu après, nous croisons un groupe de cavaliers qui nous annonce que le prochain cours d’eau est un peu plus profond. Ouille! Denise n’aime pas ça! Par contre, quand Denise raconte ce qu’elle a entendu, un des cavaliers dit que c’est possiblement un héron tigré qui émet ce son! « Quant aux crocodiles, il ne font pas de bruit du tout, ils attaquent tout simplement. » C’est supposé nous rassurer ça??? Finalement peu après, un groupe de cyclistes à vélos de montagnes arrivent et nous mentionnent avoir traversé le rio Bongo hier et ils avaient de l’eau jusqu’à la poitrine…mais ils n’ont pas vu de crocodiles! 

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Nous répétons donc le même manège au rio Bongo et cette fois, au centre de la rivière, Denise a de l’eau quasi jusqu’aux épaules! Pas facile de transporter les sacoches à bout de bras, et Charles travaille fort pour amener les vélos au dessus de sa tête, dans le fort courant. Notre  peur des crocodiles a un peu baissé, mais nous prenons quand même le temps d’examiner soigneusement le bord de la rivière à chaque fois, surtout que le fond est plutôt vaseux en bordure.

Après cette journée épique, nous décidons de faire une courte étape jusqu’à Samara, d’autant plus que les pentes continuent à nous faire la vie dure. Plusieurs séances de ‘poussage’ de vélo plus tard, nous allons nous détendre dans les vagues du Pacifique sur l’agréable plage de Samara. Et voilà qu’on nous annonce qu’il n’y a toujours pas de pont sur le rio Buena Vista, alors que Charles se fiant à Google, pensait qu’il y en avait un! Donc encore une traversée à gué en perspective. 

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Habitués que nous sommes, ça ne nous prend qu’une trentaine de minutes pour tout traverser d’autant plus que le niveau est plus bas que les autres rivières. Tout contents, nous remontons les vélos quand un homme arrive à pied et se prépare à franchir le gué. Il nous fait un peu la conversation et se met à nous raconter « qu’il y a des crocodiles mesurant jusqu’à 5 mètres dans cette rivière et qu’une fois où il a dormi au bord de la rivière, il s’est réveillé tout près d’un de ces monstres»!!! Histoire de Capitaine Bonhomme???

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Mais nous avouons être bien soulagés quand les rivières suivantes ont des ponts, parfois rudimentaires, mais au moins, on ne se mouille pas les pieds! Bien assez que nous ayons encore de dures pentes en gravier à grimper avant d’enfin retrouver le bitume un peu avant Tamarindo. C’est chez Anna et Craig, des hôtes Warmshower extrêmement sympathiques que nous terminons cette randonnée épique dans ce que nous appellerions l’arrière-pays de la péninsule de Nicoya. 

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Après quelques jours de détente dans l’agréable village de Tamarindo où nous profitons de la superbe plage, nous reprenons la route en direction de la Laguna Arenal et du célèbre volcan du même nom. Eh! oui! encore un peu de grimpe en perspective, mais au moins, nous devrions rouler sur du bitume quasi tout le long. La saison des pluies semble bel et bien terminée puisque le beau temps est au rendez-vous depuis une semaine, mais un autre ‘ami’ s’est pointé: le vent! La facilité, ça ne semble pas être pour nous…

À suivre…

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20 novembre 2015

Newsletter #37, David (Panama) à Quepos (Costa Rica)

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Je vous ai parlé de ces petits chemins de travers qui réservent de belles surprises…mais parfois, certaines de ces routes nous en font voir de toutes les couleurs! C’est ce qui nous est arrivé au départ de David (Panama). On nous a répété que le temps est plus frais en ‘montant’ vers la petite ville de Volcan, ce qui nous a incité à tenter l’aventure, épuisés que nous sommes par la chaleur écrasante et pourquoi pas, profitons-en pour découvrir le fameux volcan Barù, point culminant du Panama à 3,474 mètres. 

Pour monter, ça monte, constamment, sur plus d’une trentaine de kilomètres. Jusque là, ça va, les muscles chauffent, le coeur travaille fort, le moral tient le coup. Mais quand une pluie torrentielle s’abat sur nous, suivie d’un banc de brume poisseuse, ça vient nous refroidir d’un coup, surtout au figuré, car l’humidité ambiante et la chaleur intense persistent. Pour vous dire, ce soir-là, nos vêtements trempés mis à sécher dans la chambre d’hôtel à Volcan, resteront parfaitement humides pour le lendemain!

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Après que nous ayons jeté un dernier coup d’oeil sur le volcan Barù qui émerge timidement de la brume matinale, une route très vallonnée nous amène vers le Costa Rica. Confrontés à des gradients jusqu’à 20%, nous nous résignons à pousser les vélos à plusieurs reprises. À Rio Sereno, nous passons rapidement la frontière du Costa Rica…pour nous retrouver sur un chemin de gravier! Nous pédalons à peine quelques mètres et stoppons brusquement. Devant nous, un ÉNORME nuage noir laisse présager le pire. Il nous reste seulement 8 kilomètres pour rejoindre Sabalito, notre destination du jour. Pas facile de rouler à tombeau ouvert sur une route de gravier aux pentes raides! Un abri d’autobus bien placé nous sauve de la première ondée, puis un dernier sprint nous amène à Sabalito où nous n’avons que le temps de trouver une chambre avant qu’une pluie torrentielle s’abatte sur la petite ville. Bienvenue au Costa Rica!

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Les pentes du Costa Rica n’ont rien à envier à celles du Panama si bien que nous décidons de redescendre vers la côte du Pacifique. Façon de parler, évidemment, car nous devons franchir une chaine de montagnes avant de rejoindre la côte. Dur avant-midi sous la chaleur…et au moment où nous pensons savourer une longue descente sur une des routes « les plus scéniques du Costa Rica » (dixit le guide Lonely Planet) eh! bien! croyez-le ou non, il pleut des cordes et une brume hallucinante nous enveloppe totalement si bien que nous voyons à peine quelques mètres devant nous. La descente est périlleuse sous la pluie. Prudemment, nous stoppons dans un petit resto, attendant que le pire passe…le temps de dîner, et tout à coup, les nuages s’estompent un peu, juste assez pour  nous laisser entrevoir le fameux panorama sur le Pacifique dont le proprio du resto nous parlait.

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Après une étape à Ciudad Neily, nous rejoignons Golfito, petit port sur le Golfo Dulce d’où nous embarquons sur un traversier pour rejoindre Puerto Jimenez au sud de la péninsule de Osa. Nous y passons 3 jours pour nous remettre de nos émotions, et surtout, pour profiter des attraits de ce petit village tranquille de bord de mer. Entre autres activités, nous faisons de longues ballades en kayaks sur le golfe, puis nous partons à la recherche de crocodiles au  bord de la rivière…pour finalement voir des petits singes faire les acrobates au faîte des arbres et de beaux oiseaux jouer à cache-cache dans la forêt. Et les crocodiles direz-vous? Pas vu un seul mais nous avons entendu un gros plouf! pas loin devant nous. Timides, ces p’tites bêtes, on dirait…Denise préfère ça…

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Nous remontons la route 245 sur la péninsule de Osa pour rejoindre la Transamerica. Encore une fois, sur une vingtaine de kilomètres, des pente-crève coeur nous font suer pas à peu près, si bien que nous épuisons notre réserve d’eau. Comme nous sommes en pleine nature, difficile de trouver du ravitaillement. Au moment où nous commençons à désespérer, voilà que nous apercevons une petite maison et deux femmes sont à la fenêtre: avec ‘mucho gusto’, elles nous remplissent les bouteilles d’eau bien froide. Un délice! Elles nous confirment aussi que nous trouverons bientôt un petit hôtel…non sans grimper encore un peu. Tant mieux car les nuages s’assombrissent de plus en plus, l’averse approche. Nous n’avons que le temps de nous mettre à l’abri au restaurant de l’hôtel avant que des trombes d’eau s’abattent violemment.

Précisons que nous sommes en pleine saison des pluies. Donc le même scénario se répète chaque jour: timide soleil le matin avec chaleur humide, on voit même la vapeur d’eau monter de l’asphalte par moments! Puis fortes averses en après-midi ou en fin de journée et une partie de la nuit. Dans ces conditions, pas question de camper! En fait, depuis que nous sommes dans la chaleur tropicale, nous voilà accros à l’air climatisé et quand en plus, la pluie s’en mêle, avoir un toit au dessus de la tête fait bien notre affaire. Le hic? Notre budget en prend un coup car au Costa Rica, le coût de la vie est plus élevé qu’au Québec! 

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Pour pallier un peu, il y a bien le réseau Warmshower mais il faut dire qu’en Amérique du Sud et en Amérique Centrale, plusieurs des membres inscrits sont inactifs ou tout simplement ne répondent pas! Notre seul séjour à date, au Costa Rica, a été plutôt singulier: une maison complètement ouverte sur la jungle, où vit un Allemand, adepte intégriste du courant ‘Vegan raw food’, qui s’offusque de nous voir utiliser notre petit réchaud de camping pour cuire nos pâtes. Ça crée un froid, disons…Mais des cyclistes affamés, il faut que ça mange! Nous dormons sur le patio, sur nos matelas de camping, et nous entendons une pluie diluvienne tomber toute la nuit. Bah! au moins nous sommes à l’abri…

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Même si la nuit n’a pas été des plus reposante, ça pédale bien le lendemain d’autant plus que la route est enfin, pour vrai, pratiquement PLATE!!! Nous apercevons de flamboyants perroquets rouge et bleu, des papillons bleus, de gros iguanes, des serpents (écrasés!), des tortues…presque un zoo à ciel ouvert, ma foi! Nous arrêtons à Quepos, porte d’entrée vers le fameux parc Manuel Antonio que nous espérons bien visiter. Le lendemain, c’est en bus que nous rejoignons le parc, à environ 7 kilomètres de Quepos. Bien contents de ne pas avoir fait ce trajet en vélo, ça aurait été suicidaire: route étroite et sinueuse, avec pentes hallucinantes et circulation intense. 


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Aujourd’hui, pour faire changement, c’est le matin qu’il pleut, juste au moment où nous entrons dans le parc. Ça alors! Il nous faut patienter quasiment une heure avant qu’heureusement, le temps change et que la pluie cesse aussi brusquement qu’elle a commencé. Nous passons le reste de la journée à arpenter les beaux sentiers du parc, à l’affût du moindre mouvement dans la forêt afin d’apercevoir les nombreux animaux présents dans cet espace protégé.  Nous sommes récompensés de notre patience: les singes nous offrent tout un spectacle et nous assistons à la lente descente d’un arbre d’un paresseux, entre autres. Fascinant! 

En après-midi, sur la plage Manuel Antonio, la plus belle du parc, les petits singes capucins et les ratons laveurs s’amusent comme des fous à tenter de chaparder quelques victuailles des sacs à dos laissés sans surveillance et certains plus audacieux essaient de vous enlever le sandwich des mains. On a l’impression que ce sont maintenant les animaux qui observent le zoo humain…car la plage est envahie de touristes! Ce parc est l’un des plus populaire du Costa Rica parce qu’il est facilement accessible entre autres, et sur un relativement petit territoire, on peut observer une forte concentration d’animaux en tout genre, ce qui explique le flot de visiteurs incessant qui s’y amènent. 

Après cette journée d’exploration de la forêt pluviale, nous méritons une journée de repos car certains muscles ne travaillant pas habituellement se sont réveillés…avec des courbatures! Alors faisons comme les Ticos (surnom que se donnent les gens du Costa Rica), et prenons le temps de savourer le moment, la ‘pura vida’ qu’ils appellent ça…


À suivre…

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7 novembre 2015

Newsletter #36, Carthagène (Colombie) à Las Lajas (Panama).

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Des vacances du vélo! Voilà ce que nous nous disions en embarquant sur le Wild Card, un voilier de 60 pieds qui fait la traversée de Carthagène, Colombie, à Portobelo, au Panama. Mais ce n’est pas nécessairement reposant de voguer en haute mer la nuit, surtout quand il y a de la houle et que nous sommes confinés dans une cabine exigüe, dans une chaleur humide extrême, parce qu’il serait trop dangereux de rester sur le pont! Nous étions 17 passagers, 5 vélos et 3 membres d’équipage à partager l’espace restreint du bateau pour 5 jours et 6 nuits! Pas besoin de vous dire qu’il faut être patient et ouvert d’esprit, surtout que la plupart des passagers voient ce genre d’expédition comme une belle occasion de faire la fête…vous dire la quantité d’alcool qu’ils ont embarqué au départ, vous auriez pensé que le bateau allait couler! Vous devinez qu’il y a eu plusieurs cas de mal de mer…ou lendemain de veille, c’est selon. Nous y avons échappé, heureusement, grâce à quelques Gravol…et un brin de sagesse! 

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Ces quelques inconvénients sont vite oubliés toutefois, quand après une trentaine d’heures de navigation, le capitaine nous débarque sur des îlots de sable blond, couronnés de cocotiers et doucement balayés par les vagues turquoises de la mer des Caraïbes. De véritables petits paradis tropicaux où il fait bon paresser sur la plage, plonger en apnée à la découverte de beaux récifs ou d’épaves, rencontrer les indigènes Kuna et admirer leur artisanat coloré. Nous passons ainsi 3 jours, d’une île à l’autre, sans autre souci que profiter du moment et savourer la douceur de vivre sous les tropiques. Que restera-t-il des ces îles si belles et si fragiles à la fois, face aux changements climatiques? Déjà quelques-unes sont disparues à cause de la montée du niveau des océans…

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C’est le 25 octobre, au petit matin que nous arrivons à Portobelo au Panama. Mais il est passé 10 heures quand tout le monde est finalement débarqué au port. Un peu tard pour prendre la route, surtout que le soleil tape fort et avec ce taux d’humidité frôlant les 100%, nos corps encore un peu secoués du séjour en mer, ne se sentent pas au top pour pédaler…Alors quand nous trouvons un petit hôtel climatisé pas loin, aucune hésitation, c’est ici que nous passerons notre première journée en Amérique Centrale. Comble de chance, nous avons du wifi, ce qui nous permet de planifier l’arrivée à Panama City en réservant un hôtel, ce qui nous évitera la recherche fastidieuse en fin de journée le lendemain. En effet, la journée sera longue car il y a plus de 100 km à franchir pour arriver à  la capitale de l’autre côté de l’isthme.

Au matin, pas de chance, Charles ne se sent pas très bien, mais n’écoutant que son courage, il enfourche le vélo, et hop! c’est reparti! Denise accepte de bonne grâce de ralentir le rythme. De toute façon, avec la chaleur qu’il fait, difficile de pousser la machine, alors nous nous mettons au rythme des tropiques…c’est-à-dire lentement!

Deux routes plus ou moins parallèles rejoignent Panama City. Pour sauver une dizaine de kilomètres, nous optons pour la ‘autopista’, la route 9, avec son accotement d’au moins huit pieds de large en parfait état qui nous garantit une relative sécurité. Ça roule bien quand des policiers de l’autoroute nous interceptent. Trop dangereux, disent-ils! Nous devons donc nous résigner à sortir de l’autoroute au prochain viaduc, en grimpant le talus sur un sentier à pic,  pour rejoindre la ‘vieille’ route, plus longue et selon nous,  beaucoup plus dangereuse. En effet, l’accotement, quand il y en a un, est étroit et plein de débris en tout genre. Et que dire de la circulation, totalement infernale. Notre conclusion: les ‘autorités’ n’y connaissent vraiment rien sur sécurité pour les cyclistes! 

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L’entrée à Panama City a tout du parcours à obstacles, chaussée en mauvais état, sens uniques partout, même rouler sur les trottoirs s’avère dangereux, tellement ils sont mal conçus. Le soleil est sur le point de se coucher et le compteur affiche 106 km quand enfin, nous posons le pied devant l’hôtel réservé la veille. Dieu merci, l’endroit est à la hauteur de ce qu’ils annoncent et nous nous y posons pour 2 jours, afin de récupérer. 

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Une longue nuit de sommeil au frais remet quelque peu les choses en place et nous avons suffisamment d’énergie pour…magasiner! En effet, il faut absolument refaire notre garde-robe. Blague à part, nous avons quelques ajustements à faire côté tenue vestimentaire, pour nous acclimater à la chaleur, comme nous trouver des sandales Keen pour remplacer nos fameuses bottes de randonnée, parfaites dans les Andes, mais plus du tout adaptées au climat tropical des prochains mois.  Une fois cette mission accomplie, quoi de mieux que passer l’après-midi au bord d’une piscine pour recharger les batteries…

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Nous ne pouvions quitter Panama City sans avoir vu le fameux canal, évidemment. C’est ainsi que nous allons faire un tour aux écluses de Miraflores, où nous assistons au passage d’énormes bateaux. Quelle merveille d’ingénierie! Nous allons aussi flâner dans la vieille ville où d’intenses chantiers de rénovation alternent avec quelques beaux bâtiments coloniaux remis en état. L’endroit a du charme et nous arpentons les ruelles quelques heures avant de reprendre la navette vers le centre-ville moderne.

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Mais il faut bien repartir…L’énergie semble quelque peu revenue pour Charles, alors en route pour l’Amérique du Nord! En effet, nous allons franchir le canal de Panama en traversant le bien nommé pont des Amériques, ce qui nous amène officiellement en Amérique du Nord. Nous nous attendons au pire pour sortir de la capitale mais finalement, la chance nous sourit. D’abord, nous rejoignons facilement la Cinta Costera, une belle piste cyclable dans un parc longeant le Pacifique. Puis au moment où nous pensions devoir traverser un quartier mal famé pour rejoindre le fameux pont des Amériques, voilà que nous apercevons l’entrée d’un Cyclopaseo qui longe l’autoroute de contournement de la vieille ville. Après vérification auprès d’un passant, nous voilà sur une des plus belles pistes cyclables que nous ayons vu jusqu’à maintenant! Isolés de la circulation automobile par un mur de végétation fleurie, avec la mer et une vue imprenable sur le vieux Panama, nous roulons sans stress, quasiment jusqu’à l’entrée du pont. 

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La façon la plus sécuritaire de le franchir, c’est le trottoir, juste assez large entre les deux garde-fou pour nos vélos chargés. Par contre, sur la partie en surplomb du canal, le garde-fou nous séparant de la circulation a disparu. On se sent plus en sécurité à marcher à côté des vélos. Les autos passent vite et le trottoir n’est pas bien large…Vaut mieux arriver tard à destination que vite au ciel, dit Charles. Ah! sagesse…

Au bout de 2 jours à vélo, la chaleur nous tue! Nous décidons donc de faire une pause d’une journée au bord du Pacifique, plus précisément à El Palmar, à l’air climatisé. Charles n’a pas retrouvé toutes ses forces et Denise aussi se sent fatiguée. Décidément, notre voyage a pris une toute autre allure depuis que nous avons quitté le sol sud-américain. Notre moral en prend un coup…

De plus, nos premières impressions du Panama sont mitigés. Le coût de la vie d’abord, plus élevé que prévu, qui fait mal au budget. Il faut dire que le dollar américain en usage ici n’est pas du tout à notre avantage. Côté bouffe, il faut nous résigner à voir encore la formule riz, poulet, plus souvent qu’à son tour, additionné de quelques ‘frijoles’ (fèves), pour faire un peu de variété. Mais comme s’en désole surtout Denise, où sont donc les épices??? Jusqu’à maintenant, partout en Amérique du Sud, à quelques exceptions près, la nourriture n’a rien pour écrire à sa mère…Au Panama, nous apercevons aussi de plus en plus de bannières américaines comme McDonald, PFK et Subway…rien pour exciter les papilles, n’est-ce pas? 

Puis après avoir vu des pays comme l’Équateur et la Colombie où il semble y avoir un bel effort  (pas parfait, loin de là!) pour garder l’environnement beau, ici, retour aux déchets en grande quantité, sur le bord des routes en particulier, comme ce qu’on a vu un peu partout, surtout au Pérou et en Bolivie. Quel dommage de gâcher autant le paysage, sans parler des dommages causés à l’environnement.

Malgré tout, que ça soit à la campagne ou à la ville, même s’ils sont de prime abord plus réservés que les Colombiens, les Panaméens se révèlent très sympathiques, nous encourageant fréquemment avec enthousiasme. De plus, beaucoup s’essaient à l’anglais, tout fiers de nous baragouiner quelques mots…mais reviennent vite à l’espagnol quand on leur répond dans leur langue! 

Notre étape au frais, avec repos complet, a fait du bien et nous repartons lentement de El Palmar…pour nous retrouver soudainement sous la pluie! Tiens, ça manquait à notre expérience, pédaler sous une pluie tropicale! Consolation: ça rafraichit juste assez pour ne pas être désagréable. Heureusement, ça dure à peine une heure, et nos vêtements trempés sèchent le temps de le dire quand le soleil revient percer les nuages.

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Après une étape à Penonome, nous nous sentons d’attaque pour rejoindre Santiago, à 100 km. La route est vraiment plate et nous avons le vent dans le dos! Ça file allègrement et malgré la chaleur, nous nous sentons en pleine forme. Quel plaisir de retrouver notre énergie! Mais tous les deux, nous en avons ras-le-bol de la Panaméricaine, de son trafic infernal et de ses accotements dangereux remplis de débris de toute sorte. Ça tombe bien, peu après Santiago, il est possible de prendre la route 5, moins achalandée, qui va un peu plus au sud, avec en prime un bitume relativement récent. Cependant, on nous prévient qu’il y aura plus de pentes, mais quand on vient de passer plus d’un an dans les Andes, ce ne sont pas quelques petites côtes qui peuvent nous faire peur, n’est-ce pas?

Nous pédalons une première journée à travers ce que nous appelons des collines, et si ce n’était des palmiers, ma foi, ça ressemble un peu aux Cantons de l’Est! Ça nous change du paysage plutôt morne que traverse la Panaméricaine. Après une première étape à Sonà (qui porte très bien son nom!), le parcours devient plus corsé, avec des pentes plus à pic, mais nos jambes ont retrouvé leur vigueur. Si bien qu’après une cinquantaine de kilomètres, faute de trouver un hébergement quelconque, nous décidons de poursuivre jusqu’à Las Lajas. Résultat: 108 km au compteur!

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À Las Lajas, on trouve la plus grande plage d’Amérique Centrale, 20 kilomètres de sable fin balayé par les vagues, rien de moins! Nous méritons une halte repos, alors nous nous installons dans un confortable B&B tenu par Carmen et Levah, pour 2 jours. Au programme, longue marche sur la plage…et repos total! En prime, nous avons droit à un super déjeuner parfait pour des cyclistes affamés. Nous repartons en pleine forme et rejoignons facilement David, la 2ème plus grande ville du pays.

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Ces derniers jours nous ont enfin permis de découvrir un Panama qui a du charme. Loin de la Panaméricaine, on dirait qu’il y a moins de détritus sur le bord des routes et la nature est luxuriante. Des iguanes traversent la route devant nous et comble de chance, nous apercevons de magnifiques papillons bleus! En prime, nous avons l’impression que les gens nous saluent encore plus chaleureusement. Dans un petit magasin où Denise demande de l’eau, le proprio lui donne une grosse bouteille en cadeau, tellement « il est content que nous lui rendions visite »! 

Comme quoi, ça vaut la peine de prendre les chemins de travers, de partir à l’aventure, même si nous n’avons pas beaucoup d’informations sur ces petites routes perpendiculaires à la fameuse Panaméricaine. Qui sait ce qui nous attend…


À suivre…