25 octobre 2014

Newsletter No11 - Tupiza (Bolivie) à Chilecito (Argentine)

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Traverser la frontière de Bolivie en Argentine n’a pas été de tout repos. Est-ce la Bolivie qui ne voulait pas nous laisser partir ou l’Argentine qui ne voulait pas de nous? 

Résumons! 
La route de Tupiza à Villazon nous a fait subir encore de ces longues montées qui après presqu’une semaine sans pédaler, vous rentrent dans le corps et vous font arrêter au premier bivouac agréable en après-midi. C’est donc en 2 1/2 jours que nous rejoignons la frontière où nous arrivons vers 14 hres. Pas de chance, une longue file d’attente s’étire devant nous. Nous prenons notre mal en patience, mais après nous être informé au sujet de la taxe que nous, Canadiens, devons payer pour entrer en Argentine, le douanier nous apprend que nous devons avoir déjà fait ce paiement via l’internet et avoir une copie papier de la transaction!!! La belle affaire! Pendant que je reste en ligne avec Jérôme et Delphine, Charles retourne à pied à Villazon et tente de trouver un café internet où il y a une imprimante. Grâce à l’aide d’un bon samaritain, il parvient à obtenir le fameux document…après 1h30 de patience face à la lenteur désolante des connections internet! Pendant ce temps, j’ai fait tamponné nos passeports pour la sortie de Bolivie et il ne reste plus qu’à obtenir le tampon d’entrée en Argentine dès que nous présenterons la preuve du paiement de la taxe! Facile, n’est-ce pas? Il faut aussi passer tous les sacs au scanner, évidemment. Ça nous a pris près de 2 hres 30 au total pour finalement traverser à La Quiaca, petite ville du côté argentin. Avec Jérôme et Delphine qui ont eu la gentillesse d’aller nous chercher des pâtisseries du côté argentin pour nous aider à patienter, nous faisons étape dans un charmant petit hôtel où le proprio nous régale de super pizzas au four à bois…à 21 hres! En effet, en plus d’avancer notre montre d’une heure, il faut nous ajuster aux horaires de repas en Argentine. Déjeuner vers 8 hres, dîner vers 14-15 hres et souper vers 21 hres! Disons que pour des cyclistes affamés, ça va demander une longue adaptation.

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La suite du parcours ne nous dépayse pas trop puisque nous sommes encore sur les hauts plateaux et les paysages surréels se succèdent de nouveau, surtout à la hauteur de la Quebrada de Humahuaca où des formations géologiques hallucinantes bordent toute la route 9. Nous faisons étape dans des petits villages nous rappelant plus la Bolivie par leur côté bled perdu, que l’Argentine qu’on nous dit « plus européenne ». 
C’est à Tilcara que nous nous séparons de nos amis Bretons. Nous avons eu énormément de plaisir à voyager avec cette petite famille dynamique pendant un mois. Cependant, le temps file et nous nous devons d’accélérer le rythme, histoire d’arriver en Patagonie à temps pour l’été. Nous les quittons à regret, mais avec l’assurance que nous les reverrons un jour, que ce soit ici en Argentine ou pourquoi pas, en Bretagne? Bonne route les Bretons!

Nous rallions Jujuy (prononcer « rou rouille »!) en une journée, avec des descentes spectaculaires où nous sentons la chaleur à mesure que nous quittons les hautes altitudes. En fait, depuis la frontière, nous sommes redescendus progressivement d’une altitude de près de 4 000 mètres à 1000 mètres!  Les températures elles, au contraire, ont monté. Nous roulons maintenant par des 38 à 43 degrés C. On nous dit que c’est exceptionnel qu’il fasse si chaud au printemps, car oui, c’est le printemps ici! Qu’est que ça sera en plein été??? 

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Donc nous voilà maintenant à Jujuy, une ville qui ma foi, oui, a des petits côtés européens sinon nord-américains. On s’y sent tout de suite moins dépaysés. Par contre, nous y arrivons en plein dimanche après-midi et tout est fermé et il n’y a personne ou presque dans les rues! Ça, c’est pas mal plus argentin. Comme c’est un congé de 3 jours en fin de semaine, tout le monde semble partis ailleurs. Cependant, deux dames âgées nous approchent toutes souriantes, curieuses de nous connaitre, et nous prodiguent mille conseils pour trouver un hôtel tout près du centre. Vite installés, nous profitons du calme pour nous promener tranquillement dans le vieux quartier à la découverte des beaux bâtiments de l’époque coloniale. Ce soir-là, nous soupons (tard!) dans un excellent restaurant et prenons un super dessert dans une vraie pâtisserie! Des petits plaisirs que nous retrouvons avec joie! 

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Dès le lendemain, nous rallions Salta en passant par la route de la Cornisa, un chemin étroit qui porte bien son nom puisqu’il s’accroche à la montagne en montant sur une trentaine de kilomètres avant de redescendre de belle façon jusqu’à la jolie ville de Salta. Mais nous aurions pu manquer ça! En effet, dès notre sortie de Jujuy, une camionnette s’est arrêtée sur le bord de la route et son chauffeur, très sympathique, nous a offert d’embarquer les vélos dans la boite arrière et de nous emmener illico à Salta « pour éviter les montées de la Cornisa ». Nous refusons évidemment! Il insiste mais finit par nous laisser en nous souhaitant «buena suerte», un peu perplexe. 

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Nous passons deux jours à Salta, à La Posta, un charmant « hostal », véritable petit paradis tranquille au coeur de cette ville tout de même très animée. Nous y croisons d’autres voyageurs, des Français surtout, avec qui il est bien agréable de discuter. Salta, c’est aussi un musée archéologique fascinant où nous pouvons voir des momies d’enfants incas qui étaient sacrifiés lors de cérémonies spéciales en offrande aux dieux des montagnes. Pour plus de détails, voir le lien suivant : axandes.voila.net/enf_sacrif.html

Nous y trouvons aussi de bons restaurants où goûter aux fameux steaks argentins. Un régal! Mais manger un steak de 500 grammes à 21 hres, c’est un peu dur pour l’estomac…

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Les jambes pleines d’énergie, nous quittons Salta, en direction de Cafayate. Malgré la chaleur intense nous parvenons à couvrir 103 km avant de nous arrêter dans une «cabana», sorte de petit motel bien confortable avec piscine en prime! Devinez où nous avons passé la première heure? 
Le lendemain, nous sommes entrés dans la fameuse Quebrada de Las Conchas qui borde la route 68 jusqu’à Cafayate. Encore une fois, des paysages de bout du monde nous en ont jeté plein la vue toute la journée! Petite ville renommée pour sa production de vins de qualité, Cafayate se révèle une étape très agréable où nous trouvons un petit hôtel…avec air climatisé! Avec la chaleur qu’il fait, quel bonheur! Autre petit moment de plaisir: une dégustation de glace aux vins! Eh! oui! À la Heladeria Miranda, on a mis au point un parfum de glace au Cabernet et un autre au Torrontès. Délicieux!

Depuis quelques jours, un groupe de cyclistes qui voyagent léger (comprendre avec camions qui transportent tout l’équipement et la bouffe), nous dépasse chaque matin, suivant à peu près le même itinéraire que nous. Ils sont partis de Quito, Équateur, depuis environ 2 mois et ils vont se rendre à Ushuaia, en Terre de Feu. Ils roulent évidemment beaucoup plus vite que nous. Ce sont surtout des Européens et l’organisateur est Hollandais. Ils nous jasent à tour de rôle et plusieurs nous prennent en photo! 

En fait, je crois que nous figurerons dans plusieurs albums photos à travers le monde. Nous voyons souvent des gens s’arrêter et hop! descendre de voiture pour nous photographier ou filmer. Nous avons même aperçu un gars qui conduisait d’une main son camion et nous filmait de l’autre avec son cellulaire, tout ça dans une courbe vertigineuse pendant que nous descendions.

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Après Cafayate, nous empruntons la fameuse Ruta Nacional 40 qui descend jusqu’au sud de l’Argentine. Nous traversons d’abord une succession de vignobles avant de retrouver une zone plus désertique où les épineux et les cactus sont rois. Encore une fois, nous roulons sous une chaleur torride. Denise se sent plutôt fatiguée, et quand nous arrivons à Santa Maria, nous trouvons un hôtel où nous resterons 2 jours, le temps de se remettre d’une vilaine gastro…que Charles attrapera aussi! Pas toujours facile, la vie de voyageurs au long cours…

Mais l’énergie revient vite et nous filons sur la Ruta 40, à travers des plaines encaissées entre des Sierras. Le revêtement est la plupart du temps excellent à part de courts tronçons encore en construction. 

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Nous remarquons des petites chapelles ou des petits sanctuaires sur le bord de la route, souvent dédiés à la Difunta Correa. Morte de soif pendant la Guerre civile, son bébé aurait survécu en s’abreuvant à son sein. Cette femme serait à l’origine de plusieurs miracles et les Argentins lui vouent une dévotion bien particulière en lui laissant des bouteilles d’eau ou autre offrande. 





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Voir ce lien pour l’histoire complète:




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Après plusieurs étapes en bivouac ou en campings (déserts à ce temps-ci de l’année!), nous voilà maintenant à Chilecito, une ville très animée où nous prenons un jour de repos de vélo bien mérité. Mais ici, une des activités populaires semblent être se promener en voiture avec le système de son à fond la caisse, toute fenêtres ouvertes. On sent les fenêtres de l’hôtel vibrer tellement le bruit est intense! Et ce manège dure une partie de la nuit…Pour le repos, on repassera. Ah! l’Argentine! Calme le jour, frénétique le soir et la nuit! 


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Nous reprendrons de nouveau la Ruta 40, en direction de Mendoza que nous pensons rejoindre d’ici une semaine. De là, nous prendrons probablement un autobus pour rejoindre la Patagonie plus rapidement et éviter ainsi des milliers de kilomètres de pampas sans fin. Et avouons-le, nous avons hâte de retrouver des températures plus fraîches. Oui, nous aimons la chaleur, mais entre 20 degrés et 40 degrés, il y a toujours bien un bout! 

À suivre…










12 octobre 2014

Newsletter # 10 - Le Sud Lipez, un autre monde!

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Nous rêvions de visiter cette région de l’Altiplano bolivien,
cependant, après notre expérience sur les pistes entre Sajama et Sabaya, nous hésitions à entreprendre une telle expédition à vélo dans une région réputée pour la rudesse de son climat et surtout, l’état incroyable des pistes ensablées et/ou rocailleuses de son immense territoire. La solution: un tour organisé en jeep. Tupiza, notre ville étape, se révèle la base parfaite pour ce genre d’expéditon. De plus, comme nous sommes toujours en compagnie de nos amis Bretons, nous formons le groupe parfait pour partir à l’aventure en véhicule 4x4, avec un chauffeur-guide et notre cuisinière privée. Eh! oui! Mirtha nous fera la cuisine pendant les 4 jours de l’expédition, matin, midi et soir. Nous laissons donc les vélos en vacances à l’hôtel et en route pour le Sud Lipez!

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Dès le départ, nous empruntons une piste rocailleuse qui grimpe et grimpe dans la montagne, nous offrant des points de vue spectaculaires sur les formations rocheuses rouges entourant la petite ville de Tupiza. Notre chauffeur-guide, Edwin, nous conduit ensuite au petit village de Guadalupe, où nous dormirons dans un refuge, mais avant,  il nous emmène en jeep sur un sentier de roches de 18 km jusqu’à Ciudad Roma, une citadelle rocheuse naturelle perchée dans les montagnes. Il faut avoir l’estomac solide car ça brasse drôlement mais le site se révèle grandiose et nous y faisons une courte randonnée d’une heure qui nous fait voir les formations les plus spectaculaires. 

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Au petit matin, nous découvrons de la neige sur les sommets alentours! Il a neigé pendant la nuit et le temps reste un peu maussade une partie de l’avant-midi.  Nous aurons même droit à du blizzard pendant un moment ce qui nous confirme que nous avons pris une excellente décision de ne PAS faire cette région à vélo! Et quel vent! Pendant les arrêts fréquents pour admirer le paysage, il faut mettre duvets, tuques et gants, car ça décoiffe! Heureusement, le beau temps finit par revenir et nous pouvons admirer les différents sites dans toute leur splendeur. 

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Nous passons ainsi à travers ce qu’on a appelé le désert de Dali car les formations rocheuses qu’on y trouve ressemblent à un tableau du célèbre peintre catalan. Puis c’est la Laguna Verde qui nous impressionne avec ses airs de bout du monde. Nous faisons ensuite un cours arrêt à Aguas Termales où une petite trempette dans les eaux chaudes fait le plus grand bien avec en arrière-plan une laguna fréquentée par des flamants roses. Fin d’après-midi,  nous découvrons des geysers impressionnants, crachant boue et vapeurs sur des rochers de toutes les couleurs, tout ça sur fond de coucher de soleil. Seul bémol, l’odeur de souffre! 

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Après une étape à Huayllaja, le 3e jour, nous stoppons à la Laguna Colorada tôt le matin. Coup de coeur total! Les eaux rouges contrastent magnifiquement avec le paysage environnant et les flamants roses s’y ébattent joyeusement pour notre plus grand bonheur, sous une lumière matinale des plus photogénique. Pas facile de quitter un si bel endroit mais d’autres découvertes nous attendent. Entre autres, à la Laguna Hedionda, nous pouvons nous approcher des superbes volatiles roses, tellement habitués au flot de touristes les admirant qu’ils restent occupés à leur tâche principale: se nourrir dans les eaux riches de la lagune. Nous profitons longuement du spectacle et Emma et Justin adorent! 

Le 4e jour, nous revenons à Tupiza la tête remplie d’images de lagunes et de montagnes colorées, d’animaux en tous genres, flamants roses et blancs, lamas, vigognes, viscaches et nandous, de formations rocheuses toutes plus originales les unes que les autres, et surtout, nous avons l’impression d’avoir visité une région à part, vraiment exceptionnelle. Précédemment, nous mentionnions au sujet de la Bolivie que quand on pensait que ça ne pouvait être pire, ça l’était, eh! bien! l’inverse se révèle vrai ici: on croyait que ça ne pouvait pas être plus beau, et voilà qu’au Sud Lipez, ça l’est!!! Belle façon pour nous de mettre un point final à notre séjour mouvementé en Bolivie.


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Nous voilà maintenant sur les routes de l’Argentine. Nous avons passé près d'un mois avec nos amis Bretons, Jérôme, Delphine et les enfants. Que de beaux souvenirs! Ce fut un périple très agréable mais à partir d'ici, nos plans de voyage diffèrent, et qui sait, peut-être nous croiserons nous de nouveau un peu plus loin.
Nous roulons encore sur de très belles routes, avec la soif de découvrir un nouveau pays.  À suivre…

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1 octobre 2014

Newsletter #9 - Pour en finir avec la Bolivie!

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Un des plaisirs du voyage, ce sont les rencontres, d’abord avec les gens du pays visité, mais aussi rencontres avec d’autres voyageurs. Cela peut donner un tout autre tour à un voyage. C’est ce qui vient de nous arriver depuis notre séjour à Uyuni. En effet, nous y avons retrouvé avec plaisir nos amis Delphine et Jérôme, rencontrés précédemment à Cusco.  Ce sont des Bretons qui voyagent en tandems avec leurs deux enfants, Emma, 10 ans, et Justin, 7 ans. Comme ils ont suivi plus ou moins le même itinéraire que nous, c’est avec plaisir que nous avons échangé sur nos aventures respectives, autour de bons soupers. Finalement, après bien des analyses et discussions sur les divers itinéraires possibles, voilà que nous décidons de prolonger notre séjour en Bolivie…en remontant au nord-est en direction de Potosi, et pour couronner le tout, nous ferons équipe avec nos amis Bretons! Nous avons visité la partie la plus sauvage du pays, il faut bien aller voir de quoi les villes ont l’air. De Potosi, nous prévoyons aussi une escapade en taxi, toujours avec nos amis, vers Sucre (prononcer Soucré), la capitale. Comme on dit, deux têtes valent mieux qu’une, alors imaginez l’équipe du tonnerre que nous ferons à six!

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Nous voilà donc en route pour Potosi, une ville minière importante du sud de la Bolivie. Nous mettrons 5 jours pour nous y rendre par une route absolument magnifique, récemment asphaltée avec un large accotement. Ça nous change des pistes de gravier ou de sable que nous avions connues jusqu’à maintenant. Comble de bonheur pour cyclotouristes, très peu de véhicules empruntent cette route! Mais les paysages sublimes doivent se mériter et nous affrontons de longues montées suivies de descentes vertigineuses.  Comme il y a peu de ressource d’hébergement sur la route, nous faisons des bivouacs chaque soir, dans des endroits sauvages que nous surnommons « champ de lamas », « camp de cactus », « ruisseau glacé » et « camp des montagnes », autant de noms qui donnent une idée du cadre où nous nous arrêtons. Nos amis Bretons sont d’excellente compagnie et la vie à six se déroule à merveille. Rouler à plusieurs ajoute à la motivation des troupes et même si certaines journées sont plus difficiles pour certains, nous arrivons finalement à Potosi, bâtie au pied du Cerro Rico, une montagne trouée de multiples galeries de mines d’argent. 

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L’arrivée dans cette ville construite dans une cuvette naturelle ne se fait pas sans heurts. En effet, nous pouvons décrire ainsi notre parcours: nous arrivons par le fond de la cuvette et notre hôtel au coeur du quartier historique est environ au milieu de la paroi! Il fait chaud, les rues sont pentues à l’extrême et il y a des autos, camions et bus qui nous crachent leurs émanations sans gêne. Pour couronner le tout, au moment où l’on se dit que ça ne peut être pire, eh! bien! c’est pire! C’est ça la Bolivie! Nous devons pousser les vélos et la rue que nous devons emprunter est en construction! Il reste bien un trottoir, mais il est étroit, plein de monde, et il faut parfois se mettre à deux pour faire monter les vélos sur certaines sections plus hautes. Épuisés, nous parvenons à l’hôtel où au moins, nous attend une douche chaude. Ouf! Ce soir-là, nous sommes tellement fatigués que la soirée sera courte et nous n’aurons pas beaucoup de temps pour explorer la ville.

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Le lendemain, nous laissons les vélos à l’hôtel et partons tous les 6 en taxi pour Sucre, à 2h30 de route. Nous avons décidé d’aller y passer 2 jours, le temps de visiter ce qu’on nous promet être la plus belle ville de Bolivie. Notre chauffeur roule comme tous les Boliviens: vite!!! La route est très belle et près de Sucre, le trajet prend une allure de montagnes russes: ça monte et surtout, ça descend de façon vertigineuse avec des tournants à vous mettre l’estomac à l’envers, ce qui ne manque pas d’arriver à Denise qui devra passer le reste de la journée confinée à la chambre! Puis ce sera au tour de Charles d’éprouver des petits problèmes gastro-intestinaux…Décidément, Sucre devra attendre…

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Le lendemain, l’énergie revient peu à peu et nous visitons un petit musée ethnographique (le Musef), avant d’aller nous promener dans la ville aux nombreux bâtiments blancs. Delphine a bien fouillé tous les guides et elle nous signale tous les coins intéressants, en plus de nous faire découvrir plusieurs spécialités gastronomiques boliviennes! Ce soir-là, nous nous offrons un souper-spectacle de danses traditionnelles au Origenes Espacio Cultural. Nous y découvrons l’extraordinaire diversité culturelle de la Bolivie. Une bien belle soirée!

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Une petite pluie vient quelque peu gâcher les choses le lendemain mais le soleil revient en après-midi, nous permettant une belle ballade au parc Simon Bolivar. Nous sommes un peu déçus par Sucre…Peut-être avions-nous trop d’attentes? La ville est bien jolie, mais parait un peu endormie et surtout, très touristique. Mais tout de même, nous y avons passé de bons moments, et nous repartons fin d’après-midi, toujours en taxi, pour Potosi. Cette fois, Charles prévient le chauffeur de ne pas aller trop vite, mais malgré ça, c’est au tour de Justin de rendre tous les repas de la journée! Décidément, le vélo nous convient pas mal mieux à tous!

Quand nous arrivons finalement à Potosi, le chauffeur de taxi devient impatient et veut nous faire descendre à l’entrée de la ville! Nous protestons que nous voulons aller jusqu’à notre hôtel dans le centre historique mais monsieur le chauffeur dit qu’il ne peut entrer dans cette zone aujourd’hui! En effet, un règlement indique que les numéros de plaques pairs ou impairs sont interdits certains jours dans le quartier historique. La belle affaire! Avec tous nos bagages, il n’est pas question de marcher quelques kilomètres! Nous insistons et même s’il semble s’arracher les cheveux et qu’il grogne sans arrêt, le chauffeur finit par nous laisser à un coin de rue de l’hôtel. 

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Nous devions repartir à vélo dès le lendemain mais la nuit portant conseil, nous décidons de nous octroyer une autre journée de repos pour nous remettre de toutes nos émotions. Cela nous permettra de découvrir un peu mieux Potosi. Nous visitons la Casa de la Moneda avec une guide qui nous explique mille et un détails sur la fabrication de la monnaie depuis l’époque coloniale. Nous apprenons entre autres, que les pièces de monnaie actuelles sont fabriquées au Canada et les billets en France! Potosi nous apparait très animée, avec des marchés colorés où, encore une fois grâce à Delphine, nous découvrons plusieurs délices boliviens. Nous avons l’impression de vivre la vraie vie bolivienne, moins touristique. C’est reposés et satisfaits de nos découvertes que nous reprenons la route à vélo le lendemain.




Cependant, la sortie de Potosi sera aussi difficile que l’entrée, puisque nous devons maintenant gravir le reste de la cuvette pour prendre la route en direction de Tupiza, et quelles pentes! Il faut pousser les vélos à plusieurs reprises, tout ça à travers une circulation intense
de camions qui vont et viennent des différents accès aux mines. Après quelques 20
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km, enfin, la route retrouve la campagne, avec ses paysages à couper le souffle et nous roulons de plus en plus facilement, si bien qu’après 95 km, nous arrivons à Vitichi, tout petit village où d’autres cyclistes nous ont indiqué avoir trouvé un petit hôtel avec douche chaude. Difficile à croire au premier coup d’oeil tellement ça semble petit mais oui, effectivement, il y a un hôtel, tenu par la senora Isabel. Nous pouvons même nous servir de sa cuisine pour nos repas. Une étape des plus agréable!


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Nous mettons finalement 4 1/2 jours pour parcourir les 250 km jusqu’à Tupiza. La chance est avec nous puisque le temps reste beau et les températures s’adouçissent peu à peu, rendant les bivouacs des plus agréables. Nous sommes devenus des experts en recherche d’endroits calmes pour établir notre camp. Quand nous approchons de Tupiza, nous remarquons que les falaises sont de plus en plus colorées et nous descendons avec enthousiasme jusqu’à la petite ville où nous attend l’hôtel Mitru et sa fabuleuse piscine. Nous y passerons l’après-midi, pour le plus grand bonheur des enfants…et des grands, avouons-le!


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Nous préparons maintenant une expédition en jeep dans le Sud Lipez, histoire de prendre quelques jours de repos du vélo avant de repartir de plus belle, cette fois, c’est bien vrai, en direction de l’Argentine. 

À suivre…