28 mai 2015

Newsletter #25, Arequipa à Yanque (Canyon del Colca)

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Arequipa nous a charmé. Cette ville possède un je ne sais quoi qui fait qu’on s’y sent vite à l’aise. Logés tout près du centre historique, nous avons pu explorer à loisir les différents endroits intéressants, dont le fameux Monasterio de Santa Catalina où des religieuses font voeux de silence; pas besoin de vous dire que c’est un endroit où Denise ne tiendrait pas longtemps! Cependant, le lieu inspire la sérénité et la visite fut des plus reposante, nous isolant complètement de l’agitation de la ville tout autour. Nous avons aussi été très impressionnés par la Plaza de Armas avec son immense cathédrale sur fond de volcans majestueux: une des plus belles ‘plazas’ que nous ayons vues jusqu’à maintenant!

Nous avons aussi pu profiter de plusieurs bons restaurants car Arequipa est renommée pour sa cuisine typique. À défaut de pouvoir nous payer un repas au fameux Chicha du célèbre chef Gaston Acurio, nous sommes allés au Sol de Mayo, très populaire auprès des Arequipenos, et nous avons savouré, entre autres, le ‘rocotto relleno' (piment farci) et une ‘chupe de camarones’ (chaudrée de crevettes géantes), deux des spécialités les plus reconnues d’Arequipa. Pas besoin de vous dire que Charles s’en est aussi donné à coeur joie dans les différentes pâtisseries et cafés de la ville, si bien que nous repartons d’Arequipa avec probablement quelques livres de plus! 


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Vous devinez bien que nous avons vite perdu ce petit surplus de poids, pas plus tard que le premier jour de notre sortie de la ville. En effet, ça grimpe sec en partant et c’est pas moins de 1,100 mètres de dénivelé que avons gravi ce jour-là. Sur l’heure du midi, nous croisons un jeune couple de Français (des Bretons!), Noélie et Olivier, qui font la descente des flancs du Chachani en ‘mountain bike’ avec un guide qui les suit en 4x4: toujours agréable de piquer une jasette avec des cousins.


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Peu après, nous entreprenons la ‘ruta antigua’, l’ancienne route en gravier, très peu fréquentée maintenant. Ce chemin se faufile entre les volcans Chachani et Misti, nous dévoilant des panoramas superbes sur ces deux sommets enneigés. Mais la fatigue vient à bout de notre détermination car la route se révèle pas mal plus difficile que prévu. Nous stoppons donc en milieu d’après-midi, dès que nous trouvons une petite terrasse plane pour piquer la tente. Consolation: une vue imprenable sur le Misti et la ville d’Arequipa en contrebas, qui nous offre un spectacle lumineux sans pareil à la nuit tombée. 

Vous allez dire, mais pourquoi donc prenez-vous des routes pareilles??? Eh! bien! nous choisissons autant que faire se peut, les trajets les moins fréquentés avec l’espoir que les paysages y seront des plus spectaculaires. Nous nous fions aussi parfois sur les compte-rendus d’autres cyclovoyageurs. Enfin, Charles vérifie sur Google Map l’état probable du revêtement, mais depuis que le camion de Google est passé, les éléments ont eu le temps de changer la donne, comme cette année, où les pluies ont été plus fortes que jamais.

C’est d’ailleurs ce que nous constatons le lendemain quand nous reprenons la montée. Les
lacets serrés deviennent de plus en plus raides et le chemin prend des allures de pistes de montagnes avec des ornières géantes et des lits de rocailles entre des pointes rocheuses affleurant un peu partout! Nous peinons à avancer. En plus, à cause de contestations populaires, la route principale asphaltée a été bloquée si bien que plusieurs autobus ont été déroutées par ici. Nous observons donc ces mastodontes tanguer dangereusement près des précipices vertigineux, guidés par une camionnette qui leur montre le meilleur tracé (???). Pas besoin de vous dire que nous nous sentons bien plus en sécurité sur nos fidèles bécanes, malgré les efforts à fournir!

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Cependant à mesure que nous montons, la route se révèle quasi impraticable. Même si nous sommes un peu mieux acclimatés que l’an dernier, Denise ressent quelques symptômes du fameux ‘soroche’ (mal de l’altitude): maux de tête, souffle court. Manoeuvrer un vélo chargé dans une route aussi affreuse demande tellement d’efforts que nous nous résignons finalement à faire du ‘stop’. Une camionnette du genre ‘pick up’ nous embarque et nous montons ainsi les 6 derniers kilomètres de pentes raides de ce chemin de ‘trocha’ (gravier) en nous faisant brasser à qui mieux mieux, regardant les vélos derrière qui semblent se tordre dans la boite, risquant d’être éjectés à tout moment! Arrivés à 4,186 mètres d’altitude, nous débarquons pour la dernière partie du trajet qui s’effectue sur un plateau, toujours avec vue imprenable sur nos 2 volcans, le Chachani et le Misti. Cette fois, peu ou pas de pentes mais un mélange de sable et de pierres nous donnent du fil à retordre jusqu’à l’arrivée à Patahuasi à la jonction de la route principale asphaltée. 

Avec son allure un peu paumé, ce petit bourg servant surtout d’arrêts pour les camionneurs ne nous parait pas très invitant. Mais nous sommes maintenant à plus de 4,000 mètres d’altitude si bien que le temps a changé: le mercure a chuté drastiquement (il fait -2 degrés!) et un vent cinglant achève de nous convaincre de ne pas camper ce soir-là. Mais il n’y a aucun hôtel dans le coin. Après avoir demandé à quelques personnes dans les différents kiosques-restaurants, nous trouvons une dame qui nous dit avoir des chambres en construction au-dessus de son petit resto. Ça fera l’affaire, même si c’est plus que rudimentaire, non isolé, sans chauffage, pas de douche, des toilettes répugnantes dans le fond de la cour, mais il y a un lit propre et avec nos duvets et une tuque, nous réussissons à dormir. Nous sommes au moins à l’abri du vent! Ajoutez à cela les bouchons pour les oreilles car une circulation incessante de camions se fera entendre toute la nuit puisque la route bloquée vient d’être réouverte! 

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Au matin, le vent s’est calmé heureusement, si bien que nous repartons résolus à franchir la plus grande distance possible en direction de Chivay, petite ville à l’entrée du Canyon del Colca. Mais c’était sans compter les effets de l’altitude! Nous grimpons de plus en plus et à partir de 4,000 mètres, ça se révèle vraiment ardu. Il faut ralentir le rythme si bien que rendus à 4,400 mètres, un peu avant la fameuse passe de Patapampa, nous décidons de bivouaquer derrière un remblai rocheux, pas très loin de la route, heureusement très calme la nuit. 

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Cependant, un froid mordant nous enveloppe, si bien que le matin sera difficile. La tente est couverte de givre et comble de malchance, le ciel s’entête à rester couvert d’une épaisse couche de nuages nous cachant le soleil toute la journée. Tant pis, nous avançons malgré tout, et Denise va chercher au plus profond de ses réserves de détermination pour gravir l’interminable passe de Patapampa à 4,910 mètres. À l’arrivée au Mirador de los Volcanes, un groupe de Français nous accueillent triomphalement, impressionnés par notre aventure. Avouons que ça fait un p’tit velours…Et que dire du panorama qui s’offre à nous: des volcans nappés de neige, un autre qui fume (le Sabancaya), tout ça dans un décor surréaliste de pierres, à perte de vue. Ça fait oublier bien des souffrances. Nous faisons aussi la conversation à des vendeuses d’artisanat. Ces femmes en costumes traditionnels passent leur journée à vendre le produit de leur travail: on dit que c’est un des plus hauts marchés du monde…ajoutons un des plus froids! Brrrr!

Comme tout ce qui monte redescend, après quelques kilomètres de pampas, une descentevertigineuse de plus de 30 kilomètres nous amène à Chivay, puis à Yanque, sur le bord du célèbre Canyon del Colca. Nous sommes ébahis par les vues spectaculaires qui s’offrent à nous, en oubliant presque le froid mordant. En effet, le soleil n’a daigné à aucun moment venir réchauffer la journée. 

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Arrivés sur la place du petit village de Yanque, nous nous installons dans un resto agréable pour attendre Angel, le gardien de la maison de notre hôte Warmshower. En effet, Mauricio est en voyage, mais il nous offre quand même sa maison pour aussi longtemps que nous le souhaitons et c’est Angel, son homme de confiance, qui va nous y installer. Cependant, Angel revient de son travail dans les champs vers 18h30, si bien que nous arrivons à notre gîte à la noirceur. Dès notre entrée dans cette immense maison, nous sommes séduits par le décor original. Et comble de bonheur, il y a des chaufferettes! Au petit matin, nous découvrons avec stupeur l’environnement sublime dans lequel est plantée cette demeure: sur le bord du canyon avec vue imprenable sur le volcan Sabancaya fumant d’un côté, et de l’autre, un amphithéâtre naturel de cultures en terrasses incas! La vie nous apporte parfois de ces agréables surprises qui nous font vite oublier les difficultés…


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Nous resterons donc une semaine ici, le temps de bien nous reposer, mais surtout, pour profiter au maximum de ce coin du Pérou absolument magnifique. Au menu, entre autres, une randonnée pour aller visiter les ruines de Uyo Uyo, ancien village ‘collagua’,  sur le flanc nord du canyon.  Le sentier pour s’y rendre, traverse les multiples terrasses cultivées et nous pouvons observer quelques paysans au travail. Ici, tout se fait manuellement, puisqu’aucune machinerie ne parviendrait à se rendre dans ces champs à flanc de montagnes. Dur labeur que ces hommes et ces femmes effectuent depuis des millénaires!

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Chaque matin, les femmes et les enfants du village offrent un spectacle sur la ‘plaza’ pour les touristes. Vêtus de leurs costumes traditionnels colorés, les enfants dansent, et les femmes proposent la photo avec l’aigle ou l’alpaca…moyennant quelques ‘soles’, évidemment. Nous prenons tout de même le temps de leur piquer une jasette en espagnol et la chaleur des sourires augmentent automatiquement. Nous constatons que ces fameux costumes aux broderies élaborées restent le vêtement de tous les jours de la plupart des femmes, avec leurs couvre-chefs typiques, différents selon qu’elles soient d’origine ‘collagua’  ou ‘cabana’ , les deux ethnies qui habitent la région du canyon de Colca depuis toujours.


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Autre moment fort de notre séjour, une virée en taxi au Mirador de Cruz del Condor, à environ 50 km, où nous admirons le ballet aérien de dizaines de condors géants. Certains font jusqu’à 3 mètres d’envergure. Quel spectacle! Chaque jour, entre 8h30 et 10h, ces oiseaux profitent des courants chauds montant des profondeurs vertigineuses du canyon à cet endroit (3,900m), pour se laisser planer devant les centaines de touristes ébahis. On dirait presque qu’ils effectuent leurs manoeuvres pour impressionner la galerie, tellement ils volent directement sous notre nez! 



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Après une semaine ici, on commence à nous reconnaitre au village. Denise fait chaque jour ses courses dans les différentes ‘tiendas’  (petit magasin) sur la place. En effet, impossible de tout trouver au même endroit, il faut faire au moins 3 à 4 ‘tiendas’, qui offrent à peu près tous la même chose, pour réussir à acheter ce dont nous avons besoin. Ce sont toujours de très petits locaux, sombres et désordonnés, où il faut demander ce que nous cherchons. L’inventaire reste souvent très limité, rien à voir avec nos luxueux supermarchés aux étalages abondants et diversifiés. C’est l’occasion d’essayer des produits totalement différents de chez nous. Nous goûtons entre autres à la viande d’alpaca et aux fruits de cactus! Intéressant…

Il est difficile de quitter un endroit aussi agréable mais il faut bien continuer le voyage, c’est le lot des voyageurs nomades. Après avoir demandé différents avis aux gens d’ici, nous optons pour la route la ‘plus facile’ selon eux, pour rejoindre Abancay à travers les montagnes…et cette route passe par Cusco! Eh! oui! nous retournerons donc à Cusco. Pourquoi pas? Nous avions bien apprécié cette ville et nous essayons de nous faciliter la vie autant que faire se peut. 

Ce qui nous attend tout de même: des chemins de ‘trocha’ en haute altitude (plus de 4,500 mètres), peu de villages sur la route et un climat rude à cette hauteur. 



8 mai 2015

Newsletter #24 - Antofagasta,Chili, à Arequipa au Pérou.


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Après 10 mois de voyage, nous voici maintenant de retour au Pérou, plus précisément à Arequipa, une superbe ville coloniale du sud du pays. Nous prévoyons y rester au moins une semaine. D’abord, il faut nous reposer des dernières semaines de vélo assez intenses, en moyenne altitude, et nous devons aussi régler tous les problèmes causés par notre mésaventure à Antofagasta au Chili. En effet, la fin de notre séjour au Chili a été bouleversé par le vol du sac de guidon de Denise.


Donc, retour en arrière, à Antofagasta, où après un arrêt de 3 jours, la décision est prise, nous prenons un autobus de nuit pour Arica, tout près de la frontière avec le Pérou. L’arrivée là-bas est prévue pour 8 hres du matin. Si nous réussissons à bien dormir dans le bus, nous reprendrons immédiatement la route à vélo, pour Tacna au Pérou, à seulement 57 km. Du moins, c’était notre projet, mais les choses ne se sont pas passées comme prévu.

Denise raconte: 
« Après avoir passé la journée à flâner au bord de la mer, nous arrivons vers 19 heures au terminal, avant la noirceur, pour préparer les vélos et les bagages. Notre départ est prévu à 22 heures. Nous sommes donc tranquillement installés avec nos affaires et il n’y a qu’à attendre en observant le va-et-vient constant de cette gare routière hyper achalandée. À deux reprises, des incidents louches nous rendent méfiants, nous sentons qu’on cherche à nous distraire. Mais c’est au moment de l’embarquement que les choses se précipitent. Un homme nous offre de nous aider avec les bagages, jusque là, ça va, il parait sympathique. Puis au moment où nous montons dans le bus un autre type qui semble travailler pour la compagnie de bus nous demande nos billets. Nous les lui montrons, et nous nous assoyons à nos places près de la porte d’entrée. Nous nous sentons un peu bousculés, sans plus, mais quelques minutes plus tard, le type qui nous a aidé revient au bus et demande à Charles de venir lui montrer où replacer le chariot à bagages. Charles n’est pas sitôt sorti que j’entend cogner dans la vitre près de moi. Je me retourne et voit un type qui me fait de grands signes. Je l’ignore et me retourne vers la porte, et je vois Charles qui revient…Et là, catastrophe, nous réalisons qu’il manque mon sac de guidon!!! Il était devant le siège près de l’allée, donc près de la porte d’entrée. Nous cherchons partout, personne n’a rien vu…et soudain, nous réalisons ce qui vient de se passer. Nous nous sommes fait avoir pas à peu près! Et dire qu’on a dit de gros mercis à ce type qui nous avait aidé. Comme on se sent stupides sur le coup! Mais ces bandes savent bien nous déstabiliser, surtout le soir, nous sommes fatigués, stressés, ils profitent de notre vulnérabilité. La perte est énorme: caméra haut de gamme, lunettes soleil avec prescription, Ipod, carnet d’adresses des gens rencontrés, cartes routières, et plein d’autres petits objets utiles. Seule consolation: le portefeuille habituellement dans la sacoche, était sur moi, donc pas un sou pour ces voleurs! »

Évidemment, suite à ce coup dur, impossible de se détendre et de dormir pendant le trajet, même si nous sommes relativement confortables dans nos gros fauteuils ‘cama’ (lit). Nous arrivons à Arica tel que prévu vers 8 heures du matin. Une fois les vélos remontés, nous roulons vers le centre-ville pour trouver un petit resto où déjeuner et faire le point sur la situation afin de voir les solutions qui s’offrent à nous pour remplacer l’équipement perdu. « The show must go on » qu’ils disent!

Installés à une agréable terrasse sur une rue piétonnière, nous nous préparons à savourer de délicieux cafés quand une sirène d’alarme retentit dans la ville. Qu’est-ce que c’est? Nous voyons tout le monde remonter rapidement la rue dans le sens opposé à la mer…et tout à coup, le personnel du resto nous dit qu’il faut aller à l’intérieur et fermer les portes! Ils nous font même entrer nos vélos! Finalement, ils nous rassurent en précisant qu’il s’agit d’un exercice en cas de tsunami. Ouf! Au bout d’une trentaine de minutes, tout revient à la normale. Décidément, on pourra dire que notre séjour au Chili se termine de façon mouvementée. 

Pas question de prendre la route tout de suite, fatigués comme nous le sommes. Nous restons donc ici et tentons de trouver un magasin de vélos pour au moins remplacer le sac de guidon, mais des 3 boutiques trouvées, aucune ne vend de sacoches. Nous achetons tout de même un odomètre et des lumières clignotantes (oui, c’était dans le sac volé!). Le proprio de la boutique Bianchi est vraiment sympathique, nous  passons une bonne heure avec lui, à parler…de vélo et de voyage! Nous trouvons la petite ville d’Arica agréable. Il ne faut surtout pas garder un mauvais souvenir du Chili, un pays que nous avons adoré. L’incident au terminal de bus aurait pu se produire dans n’importe quel pays à travers le monde. Mais avouons que ce genre d’événement secoue et la confiance en prend un coup. Nous resterons sur nos gardes encore plus à l’avenir, mais notre résolution, c’est d’éviter de prendre des autobus autant que faire se peut. Vive le vélo et son autonomie!


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Le lendemain nous repartons sur nos bécanes pour traverser la frontière du Pérou. Tout se passe sans encombre aux bureaux de la douane et nous voilà en route pour Tacna, toujours à travers le désert. Le temps reste nuageux, chaud et humide. Denise ressent de petits désagréments gastro-intestinaux qui l’affaiblissent un peu, c’est donc très fatiguée qu’elle arrive à destination. Heureusement, nous trouvons vite un ‘hostal’ agréable, en fait, selon les critères que nous avions précédemment connu au Pérou, c’est quasiment un palace et pas cher! La ville nous parait sympathique, nous y resterons donc une journée de plus pour laisser passer tous les petits bobos. 

La forme revenue pour Denise, nous attaquons la route en direction d’Arequipa. Il faut d’abord rouler sur la Panaméricaine, une autoroute à travers le désert, plutôt monotone. Peu après Tacna, un jeune cycliste péruvien nous double puis il décide de rouler avec nous une vingtaine de kilomètres tout en nous faisant la jasette. Manuel a 15 ans et il se prépare à devenir ingénieur de mines. Il adore le vélo et rêve de voyager. Son groupe finit par le rejoindre et nous nous retrouvons avec tout ce beau monde à vélo pour une photo. Denise est bien fière de voir une jeune femme dans ce groupe de sportifs, fait plutôt rare ici au Pérou.


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La gang de cyclistes repart vers Tacna alors que nous poursuivons notre montée, mais pour le moment, l’effort demandé reste progressif si bien que nous roulons 92 km le premier jour. Nous campons derrière un édifice abandonné à la périphérie du petit village d’Alta Camiara. Le 2e jour, ça devient plus sérieux: 1,450  mètres de dénivelé, sur 72 km, avec la chaleur en prime! Heureusement que nous avons de bonnes réserves d’eau. Nous arrivons à Moquegua fourbus, et la douche à ‘l’hostal’ est jouissive! Charles suggère un arrêt d’une journée…que Denise approuve instantanément! 

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Nous profitons de cette journée de congé pour nous informer plus précisément sur la route en gravier qui grimpe jusqu’à Arequipa. Fernando, le responsable de la Direction régionale du tourisme, lui-même un cycliste, se fait un plaisir de nous détailler notre itinéraire jusqu’à Arequipa. Ça ne sera pas de tout repos, mais ça promet d’être beau au moins, en tout cas plus intéressant que la Panaméricaine et sa circulation constante! 

Pour nous ménager un peu, le premier jour d’ascension commence sur l’asphalte jusqu’à Puente Otona où nous arrivons en fin de journée après avoir quasiment tout redescendu ce que nous venions de monter! Ce qui signifie qu’on va regrimper le lendemain, évidemment. Comme les journées sont de plus en plus courtes en cet automne péruvien, le soleil nous quitte vers 17h30. Il faut vite monter le camp au bord de la rivière, après avoir demandé la permission à une vieille dame. C’est donc dire que les nuits sont longues, quand on bivouaque. Le beau côté de la chose, ça permet de récupérer! Le soleil se lève vers 6 heures, si bien que nous sommes sur la route assez tôt pour rouler dans la fraicheur du matin.

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Le lendemain, nous attaquons donc la remontée sur du gravier, ou plutôt ce qu’on pourrait appeler de la terre battue. Ça roule très bien, la surface étant quasiment aussi douce que du bitume. Mais il faut bien que ça se corse un peu pour éviter qu’on s’ennuie. Quand vient le temps de redescendre, la route se transforme en piste rocailleuse, fortement endommagée par les abondantes pluies des derniers mois, si bien que ce sont nos mains qui se fatiguent de tenir les freins afin d’éviter la chute! Nous avons toutefois le temps d’admirer les panoramas extraordinaires de la Quebrada Sajena. Décidément, nous allons manquer de superlatifs pour vous décrire la beauté des paysages andins tellement la nature s’est surpassée en merveilles ici!


Fin d’après-midi, nous décidons d’arrêter pour un bivouac dans un petit coin discret, en plein désert, derrière un champ de cactus.  Pas âme qui vive à la ronde et peu de circulation sur la route, ça nous semble parfait. Pourtant, vers 18 heures, alors que nous venons de nous installer dans la tente à la noirceur, une voix se fait entendre: « Hòla! amigos! » Charles va à la rencontre de Leonel, le propriétaire du terrain! Eh! oui! le désert appartient à quelqu’un. Leonel a une maison à 1 kilomètre d’ici, et il veut tout simplement s’assurer que tout va bien pour nous. Charles lui fait la jasette un temps avant qu’il ne nous souhaite bonne nuit. À 6 heures du matin, le voilà de retour, pour vérifier si nous avons bien dormi et il nous pose mille questions sur le Canada. Il rêve de venir s’y établir un jour mais le climat lui fait un peu peur…

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Nous poursuivons notre lente progression dans les montagnes. En kilomètres parcourus, les journées semblent courtes mais quand on mesure les dénivelés que nous grimpons, on comprend mieux pourquoi nous avons les pattes fatiguées en fin de journée. De plus, le revêtement de gravier varie de la rocaille au sable, en passant par la planche à laver et les nids-de-poule géants. Denise préfère rouler près de la falaise plutôt qu’ou bord des vertigineux ravins…surtout que des rafales de vent furieux viennent parfois nous secouer. Ce soir-là, nous arrivons fourbus au petit village de Urinay et à la première maison, nous demandons au couple qui est dehors où nous pourrions camper en sécurité. Ils se consultent et nous emmènent au bout du village dans leur champ clôturé, sous une pergola, à côté de vignes, et ils nous invitent à nous installer. Ils nous offrent même de nous apporter un repas! Pourquoi pas? Une trentaine de minutes plus tard, l’homme revient avec 2 énormes assiettes remplies de riz, de patates et de…cochon d’Inde (cuy)! C’est notre premier essai pour cette viande considérée comme très nutritive ici. Cuit à l’étouffée dans une sauce goûteuse, ça nous laisse un peu perplexe mais la faim aidant, nous mangeons presque tout. En bonus, il nous a apporté d’énormes avocats frais, absolument délicieux. 

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Installés dans la tente ce soir-là, nous entendons tout à coup des chants religieux qui s’approchent et d’énormes pétards explosent un peu partout dans la montagne! Nous qui nous attendions à une nuit tranquille! Heureusement, vers 22 heures, ça se calme et ce n’est que le lendemain, à la sortie du village, que apprendrons ce qui se passait. En effet, 2 hommes plutôt guillerets viennent à notre rencontre sur la route. L’un d’eux, un peu moins éméché que l’autre, nous explique que c’était la fête de la Virgen de Chapi, le 1er mai et que les gens chantent en procession et gravissent la montagne pour rendre hommage à la Vierge. Les pétards font partie de la fête, évidemment. Certains étirent les célébrations plus longtemps que d’autres, cependant…

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Comme à Coalaque, où nous nous arrêtons luncher sur le perron de l’église. D’abord, une fillette nous tient compagnie, curieuse de savoir d’où nous venons. Puis tout à coup, une voiture sans silencieux, avec la musique à fond la caisse, s’arrête pas loin de nos vélos. Trois hommes en descendent. Seul le chauffeur semble un peu moins imbibé d’alcool. Les deux autres titubent à qui mieux mieux et nous offrent de la bière en insistant lourdement. Ça coule à flot si bien que Denise en a un peu partout sur son installation de pique-nique. Charles tente tant bien que mal de faire la conversation à ces joyeux lurons, mais après une quinzaine de minutes, ils deviennent de plus en plus envahissants, si bien que nous plions bagage et accompagnés de la fillette, nous allons plus loin dans le village pour trouver un endroit où rester pour la nuit. En effet, aujourd’hui, nous sentons que nos jambes ont besoin d’une petite pause, si bien que nous optons pour un petit hostal. Quelle n’est pas notre surprise de réaliser en fin d’après-midi que nos 3 fêtards sont quasiment nos voisins d’hôtel! Ah! misère! Mais heureusement pour nous, le taux d’alcoolémie élevée qu’ils ont atteint les met KO assez rapidement en soirée si bien que la nuit sera calme…du moins jusqu’à 5 hres du matin où nous entendons le bruit tonitruant de leur voiture qui repart dans la même direction que nous. Fiou! Nous préférons les savoir devant nous que derrière!

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La route qui nous attend ce jour-là, grimpe jusqu’à 3,500 mètres d’altitude! Nous constatons que nos jambes et nos poumons supportent bien le dur travail de cette ascension et tout heureux, nous décidons de monter la tente au sommet de cette passe de moyenne altitude. Ça sera une bonne façon de nous acclimater de nouveau aux hauteurs vertigineuses qui nous attendent dans les prochaines semaines au Pérou. Nous avons l’impression de dormir près des étoiles tellement nous dominons les sommets alentour. Une superbe pleine lune ajoute à la magie du moment.

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La journée suivante est faite de descentes…et de remontées! L’état de la piste, sablonneuse à souhait, fait que les dérapages sont fréquents et nous devons même nous résoudre à pousser les vélos par moments. Charles grogne souvent, disant qu’il a l’impression de tenter de rouler sur une plage! Denise s’arc-boute sur les guidons et pousse de toutes ses forces, rêvant de descente vertigineuse sur bitume…Arrivés à l’entrée de Puquina, nous hésitons à descendre au village. En effet, une pente impressionnante mène à la petite place centrale, mais il faut absolument nous ravitailler. Le village s’avère charmant, et nous en profitons pour dîner d’un bon ‘menu del dia’ pour quelques ‘soles’ . En regardant la pente qu’il faut remonter, nous décidons d’accepter l’offre d’une femme qui se présente comme une guide du coin: elle nous dit que quelqu’un avec une mini-van va venir nous prendre dans 10 minutes pour nous ramener au moins sur la route principale. Mais au bout de plus de 30 minutes d’attente, nous nous résignons à pousser les vélos sur ce pan de mur qu’est la rue principale de Puquina. Y en aura pas de facile disait quelqu’un!

Nous avons au moins la consolation de rouler ensuite sur du bitume. Ça reste cependant assez côteux, si bien qu’à la sortie de Santa Rosa, quand nous apercevons la pente à venir, nous décidons de camper sur le terrain de soccer juste en bordure de ce petit bourg. Évidemment, nous demandons la permission aux gens, et personne n’y voit d’objection, on s’inquiète même que nous ayons froid. 

Nous passerons une nuit douillette dans nos duvets, si ce n’est le réveil un peu brutal, un peu avant 5 heures du matin. En effet, une petite camionnette arrive au village et nous entendons: « Poisson, poisson, qui veut du beau poisson? » ou quelque chose comme ça. Imaginez la voix criarde, amplifiée par un vieux haut-parleur grésillant, seulement interrompue quand le bonhomme s’arrête pour un client mais alors là, c’est la musique qui prend le relais, à haut volume. Et ça dure environ une heure! Charles a quasiment envie d’aller lui acheter tout son stock pour qu’il reparte! Pourtant, Santa Rosa n’est qu’un minuscule village d’une trentaine de maisons tout au plus. Notre homme tient probablement à être sûr que tout le monde est bien réveillé avant de repartir.

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Tant pis pour la grasse matinée, une autre  longue journée nous attend. Cette fois, nous comptons bien arriver à Arequipa aujourd’hui, et la route promet de descendre car la ville est à 2,335 mètres d’altitude. Mais ce n’est pas si simple. Des montagnes, ça reste des montagnes et nous descendons bien un long moment, mais arrivés à une intersection un choix s’offre à nous: 40 km de gravier OU 49 km d’asphalte, pour arriver à Arequipa. Après consultation d’au moins 3 personnes, on nous dit que la route d’asphalte est plus facile, qu’il n’y a qu’une ‘subidita’ (petite montée). Comme nous avons goûté amplement aux ‘joies’ des routes de gravier, nous optons pour le 49 km de bitume. Mauvaise décision! Ce qu’ils appellent une ‘subidita’ se révèle deux longues ascensions à fort gradient, et en plus, nous nous sommes éloignés des volcans qui nous offraient jusque là des points de vue spectaculaire. Pourtant, nous devrions maintenant savoir que les Péruviens ne voient pas les montagnes du même point de vue que les cyclistes.





Finalement, après la traversée de mornes banlieues, nous arrivons Plaza de Armas à Arequipa. Quel spectacle! La cathédrale fait tout un côté de la place et derrière, se pointent les sommets de 3 volcans: le Chachani, le Misti et le Pichu Pichu. Nous trouvons pour pas cher (23$/nuit), un petit appartement sympathique tout près du centre historique. Quel plaisir de s’installer pour une semaine!

Après une intense journée de magasinage, tout le matériel volé ou presque est remplacé pour le plus grand bonheur de Denise. Il ne reste qu’à profiter de la ville et de ses nombreux attraits. Nous nous gâterons donc pour les prochains jours, histoire de refaire le plein d’énergie.

Ce qui nous attend ensuite? Le canyon del Colca, un site incroyable à plus de 4,000 mètres d’altitude! Aguerris que nous sommes, nous comptons bien visiter cet endroit unique avant de repartir à l’assaut d’un autre coin des Andes péruviennes. Pérou, nous t’aimons!

À suivre…








19 avril 2015

Newsletter #23, Vallenar à Antofagasta

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C’est sous un ciel radieux que nous quittons Vallenar. La route descend plus qu’elle ne monte, mais pour mettre un p’tit bémol sur notre enthousiasme, voilà que le vent d’ouest souffle avec vigueur. « Calmez-vous les cyclistes, vous allez trop vite! » semble-t-il dire. Quelques 50 km plus loin, nous décidons de faire halte à Huasco, sur le bord du Pacifique. Un ‘hostal’ au look chalet suisse un peu défraichi nous sert de gîte ce soir-là. Pas beaucoup de touristes ici, ce sont plutôt des travailleurs qui y transitent. Le vrai Chili quoi!



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Le lendemain, nous nous lançons sur la route de la Costa, un chemin de sel et de sable durcis. La surface ressemble à de l’asphalte granuleuse, ça roule assez bien. Malheureusement, le temps est maussade et la ‘camanchaca’, cette brume côtière typique du coin, ne veut pas se lever. Nous roulons donc dans un brouillard qui nous voile les panoramas maritimes autant que montagneux. De plus, ça reste frisquet, si bien que les blousons sont de mise une bonne partie de la journée. 



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Au passage à  Los Toyos, un petit village quasi désert car tous les vacanciers sont retournés en ville, un groupe de chiens errants nous tient compagnie pendant notre pause ‘pinottes’ (nom que nous avons donné au mélange d’arachides et fruits séchés nous servant de collation d’avant-midi). Nous baptisons l’un d’eux Goofy car Denise trouve qu’il ressemble un peu au personnage de Disney, avec son petit air maladroit. Charles le flatte, et voilà que Goofy décide de nous suivre. Eh! bien, le brave chien court pendant les 40 km suivants, ne voulant pas nous laisser. Si bien que nous arrivons à Carrizal Bajo avec un ami pour la vie! Mais la pauvre bête est épuisée. Nous lui trouvons de l’eau et achetons un peu de nourriture, mais il n’en veut pas! Probablement trop habitué de manger des déchets divers…Il nous suit partout dans le village et nous remarquons qu’il boite un peu. Il a dû se blesser à courir ainsi. Nous louons un petit appartement dans une maison particulière et le chien reste devant le portail de la propriété…jusqu’au matin! Il nous attend, tout excité de nous retrouver. Mais là, il a vraiment de la difficulté à marcher, pauvre animal. Il veut tout de même nous suivre! Mais il risque de mourir sur la route. Il semble que cela se produit souvent. Nous demandons donc au proprio de le retenir jusqu’à ce que nous soyons suffisamment éloignés. En restant ici, il se fera de nouveaux amis et la nourriture ne manque pas au port avec toutes les carcasses de poissons qui trainent au retour des pêcheurs. Nous avons un petit pincement au coeur…On s’attache vite à un si fidèle compagnon…(Voir autre texte pour la version du chien)



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La journée est longue: plus de 85 km, sous un ciel maussade délavant toutes les couleurs. Le moral en prend pour son rhume…et justement, Denise en commence un de rhume! Décidément, on n’avait pas besoin de ça…Quand nous arrivons en vue de Baranquilla, un petit village en bas d’une longue pente, il est déjà 18 heures et la perspective de devoir remonter tout ça le lendemain ne nous enchante pas, si bien que nous élisons domicile en surplomb du village à l’abri de quelques gros rochers. Notre tente frémit un peu sous le vent, mais nous passons une nuit des plus calmes et surprise! le lendemain, même pas une goutte de condensation sur la tente, tout est sec, même si les nuages sont encore là. C’est tellement plus facile de décamper!


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Le petit déjeuner avalé, en route pour Bahia Inglesa, à quelque 68 km. C’était sans compter les dégâts provoqués par les inondations. En effet, après Puerto Viejo où nous dînons sur le port, la route de la côte a été coupée par les eaux chargées de boue. Mais personne n’a pensé mettre une affiche l’indiquant aux pauvres cyclistes…qui n’ont pas pensé demander l’information avant de s’engager sur la route. Tant pis pour nous, il faut rebrousser chemin. Dix kilomètres de plus! Puis de l’autre côté du rio Copiapo, nous redescendons vers la côte…pour trouver de nouveau la route
dévastée! Un autre 2 kilomètres, avec une belle pente crève-coeur en prime! Denise en prend pour son rhume…qui la fait de plus en plus souffrir. Il faut se résoudre à
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prendre le chemin un peu plus à l’intérieur ce qui ajoute un autre 8 km à ce qui était prévu. Pour couronner le tout, un bon vent de face nous en fait baver le reste la journée! Nous parvenons tout de même à rejoindre Bahia Inglesa, une station balnéaire très populaire, même hors-saison, la plage est envahie de touristes car c’est samedi. Nous trouvons une petite maisonnette à l’entrée du village et décidons d’y passer 2 jours pour nous reposer. À part la plage, pas grand chose ici, seuls 2 ‘mini-markets’, fermés actuellement. Bon, il nous reste assez de provisions pour ce soir, nous verrons demain…Il y a toujours les restos, mais ils sont plutôt cher.


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Après une nuit des plus confortables, il faut se rendre à l’évidence, les ‘mini-markets’ resteront fermés. Cependant, le proprio de la maison nous offre un ‘lift’ jusqu'à Caldera à 5 km, où il y a une grosse épicerie. Nous partons donc nous approvisionner au Unimarc (sorte de Loblaws local), et il y a foule, car les gens sinistrés de Chanaral et de Copiapo viennent y faire des provisions. Pour revenir, un petit 2 000 pesos (environ 4$) de taxi! Pas si mal pour ne pas crever de faim sur la plage. Avouons surtout que la perspective de faire 10 km de vélo pour aller faire l’épicerie ne souriait pas beaucoup à Denise qui a les yeux qui pleurent et le nez qui coule comme une fontaine. Méchant ‘rhube’!

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Une 2e journée à ne rien faire que se reposer, se promener un peu, et voilà Denise remise sur pied…ou plutôt sur le vélo! Nous profitons de la piste cyclable jusqu’à Caldera et suivons ensuite la Panaméricaine en direction de Chanaral. Sur le littoral, il y a plusieurs petits villages plus ou moins déserts à cette époque de l’année. C’est à Flamenco que nous faisons étape car il y a un camping au milieu du village. Nous y sommes les seuls campeurs. L’endroit n’est pas super, en plein vent, pas loin de la route, donc assez bruyant. Le vieux monsieur qui le gère travaille fort à réparer la plomberie qui fuit de partout!En fait, Flamenco n’a d’exotique que le nom, rien pour nous retenir longtemps.


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Le lendemain, nous arrivons finalement à Chanaral, une des villes qui a été trèsaffectée par les grandes inondations de fin mars. Quel spectacle désolant! La route panaméricaine a été emportée et il faut passer au travers de la ville par un dédale de petites rues pour rejoindre l’autre rive du rio Salado. Leur réseau d’eau potable et d’égouts est hors d’usage. Il y a des toilettes portables un peu partout, de gros réservoirs où prendre de l’eau et on voit les gens travailler fort pour nettoyer les rues qui ont été envahies par des fleuves de boue. En dépit de la situation difficile, tout le monde est gentil avec nous et quand on leur parle de leur malheur, ils nous répondent qu’il y a des gens bien plus mal pris qu’eux! En effet, plus à l’est, dans la pré-cordillère, il y a des villages entiers qui ont été emportés par la force des eaux et on déplore de nombreuses victimes. 


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C’est à cela que nous songeons quand nous apprenons que nous ne pourrons visiter le fameux parc Pan de Azucar car la route a été emportée. Évidemment, nous sommes déçus car nous anticipions avec plaisir la traversée de ce parc sur le littoral, mais ce n’est rien comparé à ce que vivent les sinistrés, n’est-ce pas? Tant pis! Nous reprenons donc la route 5 qui remonte un peu vers l’intérieur…à travers le désert. Pas évident de trouver un coin abrité pour camper dans cette immensité, mais en fin de journée, nous parvenons à nous installer dans un petit repli de terrain et le vent se calme finalement pour la nuit, dieu merci! Le lendemain, nous devons emprunter un ‘desvio’ sur plusieurs kilomètres car, encore une fois, une grande section de la route Panaméricaine a été détruite! Nous voyons les traces impressionnantes laissées par l’eau de chaque côté de la route. Quelle force destructrice incroyable! 

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Nous arrivons à l’intersection de la Panaméricaine avec la route 1 qui descend littéralement vers Taltal sur la côte. Le chemin suit la Quebrada de Taltal. Les ‘quebradas’ sont d’immenses ravins entre les montagnes. Nous réalisons de nouveau l’ampleur des inondations qui ont saccagé la région. De chaque côté de la route, d’immenses crevasses témoignent du passage des eaux déferlantes et la chaussée de bitume est recouverte d’une couche de boue séchée que la machinerie a déblayé du mieux possible. Nous roulons ainsi 25 km avant d’arriver dans la petite ville où pas une rue ne semble avoir été épargnée par ce fleuve de boue. Des soldats s’activent à tout nettoyer, et, de nouveau, quand on parle aux gens, ils nous signalent que le pire est passé et que d’autres sont plus mal en point…Et la vie continue, les enfants jouent dans les parcs, les familles s’attablent aux terrasses des restaurants le soir, on se promène sur la belle esplanade surplombant la mer…

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Après une nuit de repos dans un charmant petit hôtel, nous reprenons la route en bord de mer, jusqu’à Paposo. Une succession de petites plages désertes en ce temps de l’année nous permet d’agréables pauses. Le temps jusque là couvert s’est enfin mis au soleil radieux, nous permettant de profiter au maximum de cette superbe route littorale. Si bien que vers 13 heures, nous refusons une offre d’un camionneur qui est prêt à nous emmener à Antofagasta car à Paposo, il y a une ‘cuesta’  incroyable à gravir dit-il…Oui, nous le savons, mais nous pensons profiter du beau temps pour camper au bord de la mer ce soir à Paposo. Mais en fin de journée, arrivés à ce petit village, voilà que le soleil a décidé de nous laisser tomber! De plus, rien de bien intéressant dans ce bled perdu. Nous regrettons maintenant d’avoir décliné l’offre du gentil camionneur quand on aperçoit la fameuses ‘cuesta’, un pan de mur, avec des gradients de 10% à 13%, sur 12 km!

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Pas question d’attaquer une telle route, nous décidons donc de tenter le ‘stop’ comme disent nos amis français. Après une trentaine de minutes d’attente, une camionnette s’arrête et accepte de nous prendre. Le chauffeur monte sur les 12 premiers kilomètres justement, jusqu’à un chemin menant à une mine. Denise a la surprise de voir des caisses de dynamite à côté d’elle sur le siège arrière! L’homme nous explique qu’il apporte ces explosifs à la mine et « il n’y a qu’à rester tranquille et tout ira bien »…avec un sourire en coin! Nous nous retrouvons donc sur le bord de la route de nouveau, près de l’entrée de différents complexes miniers. Pas très agréable pour camper…Nous reprenons donc le ‘stop’ dans l’espoir de nous faire amener au point le plus haut de la route à quelques soixante kilomètres plus loin. Il est temps de se ménager un peu qu’on se dit! 

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Finalement, après 45 minutes, un camion s’arrête. Une fois les vélos chargés, nous nous entassons dans la cabine avec Wilson et Victor qui nous font la conversation pendant que nous regardons défiler le paysage désertique sans grand intérêt de chaque côté d’une route qui monte pratiquement sans arrêt jusqu’à plus de 2,000 mètres d’altitude! Arrivés là-haut, nous n’avons que le temps de monter la tente et de souper rapidement avant que le soleil ne descende derrière la montagne faisant chuter les températures rapidement. Le vent change de bord vers 20h00, faisant claquer la tente quasiment toute la nuit. Pas facile la vie de campeurs en altitude…

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Mais le lendemain, une descente grisante nous attend. Sur presque 40 kilomètres, pas un seul coup de pédale et nous avançons à une moyenne de plus de 50 kilomètres/heure! Le rêve de tous les cyclovoyageurs! Nous arrivons donc à Antofagasta en début d’après-midi après 97 kilomètres de route. C’est une grosse ville, bruyante, très animée mais l’ambiance nous parait sympathique. Nous parvenons à trouver un petit hôtel dans le centre et nous y passerons 3 jours, d’abord pour nous reposer de toutes les péripéties des dernières semaines. Il faut aussi magasiner car certains vêtements ont besoin d’être remplacés: presque 10 mois sur la route et plus de 11,000 km, ça use pas juste les souliers!

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Mais surtout, il nous faut préparer la suite du voyage. En effet, devant nous il reste encore un millier de kilomètres au moins avant d’arriver à la frontière du Chili avec le Pérou. On nous dit que la route est plus dangereuse, sans accotement, et surtout, que ce n’est que désert. C’est donc le temps d’essayer le système d’autobus chilien. Nous voulons rejoindre au moins Arica à la frontière avec le Pérou et nous verrons ensuite par quel moyen nous traverserons le désert péruvien pour arriver à Arequipa que  Denise rêve de visiter. Puis il y le canyon de Colca, en altitude, au nord d’Arequipa…Encore bien des défis nous attendent! 



À suivre…



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