20 août 2014

Newsletter #6 Cusco à Puno

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Après notre pause touristique à Cusco, nous revoilà en selle, prêts pour de nouvelles aventures! La sortie de Cusco se passe plutôt bien puisque nous descendons. Il y a bien quelques courses avec les fameux collectivos, ces mini-bus qui ne cessent de nous couper agressivement pour ramasser les clients, mais dès que nous sortons de la zone urbaine, nous retrouvons une belle route avec accotement, et la circulation y est plutôt acceptable. 

Cependant, après une trentaine de kilomètres, c’est la montée qui recommence et nous avons de nouveau un peu de mal avec l’altitude, surtout Denise en fait. Il faut travailler fort pour trouver de l’énergie! Même les feuilles de coca ne semble pas avoir grand effet sur Denise alors que pour Charles, ça fonctionne plutôt bien. Nous parvenons tout de même à franchir 83 km et décidons de passer la nuit dans le seul hospedaje de Cusipata, car il fait drôlement froid et Denise se sent épuisée. 

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Malheureusement, la nuit sera loin d’être calme, car le petit hôtel est vraiment rudimentaire. En effet, on a construit des cubicules en bois au 2e étage, avec une toile servant de plafond, donc aucune isolation. Toute la soirée, dans la chambre à côté, 2 femmes avec un jeune enfant font jouer la radio à fond et chantent à l’unisson, pendant que le bébé, qui semble malade, ne cesse de pleurer! Vers 22 hres, Charles décide d’aller leur demander de baisser le son de la radio! Fiou! Mais le pauvre bébé va pleurer une partie de la nuit. Vers 4 hres, ce sont les coqs et les chiens qui s’ajoutent au concert pour finir cette nuit en beauté!

Après une 2e nuit en hospedaje à Sicuani, où encore une fois le bruit nous empêchera de bien nous reposer, nous devons grimper pendant une vingtaine de kilomètres pour traverser la passe d’Abra La Raya, à 4 312 mètres. 

Denise raconte:
«Au fur et à mesure de la montée, je ne peux m’empêcher de penser à la fameuse chanson de Diane Dufresne: « Donnez-moi de l’oxygène »!!! C’est dur, ça se peut pas! Pour couronner le tout, la grêle se met à tomber et me pince le visage pendant que je m’évertue à pousser sur les pédales pour grimper les derniers kilomètres. Je dois me résoudre à pousser le vélo pour les derniers mètres, tellement je suis vidée. Mon moral en prend un coup. »

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Ce soir-là, nous étions pourtant déterminés à camper en pleine campagne pour trouver enfin du calme mais c’était sans compter cette tempête de grêle et cette petite pluie fine qui persiste le reste de l’après-midi. Nous nous retrouvons donc tout mouillés et grelottants à la fin de la journée, si bien que nous nous résignons de nouveau à tenter un hospedaje à Santa Rosa. Miracle! Il y a une douche bien chaude! La nuit sera un peu plus calme, mais il fait tellement froid et humide dans la petite chambre aux murs de ciment sans chauffage que nous dormons tout habillés avec nos tuques!

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Heureusement, le lendemain, le soleil vient nous réchauffer un peu et la route reste plutôt facile puisque nous avons atteint plus ou moins un plateau à 3 800 mètres. En fin d’après-midi, nous montons le camp en plein champ, un peu après Pucara. Charles a demandé la permission au campesino propriétaire du terrain. Nous aurons bien la visite des vaches, un peu perplexes que nous « squattions » leur domaine, mais la soirée s’annonce calme et nous relaxons en regardant le soleil descendre derrière la montagne. Même la température reste clémente et nous nous préparons à une nuit douillette dans notre tente…jusqu’à ce que les échos d’une musique assourdissante nous parviennent vers 19 heures! Pourtant, le village est à au moins 4 kilomètres! Mais les montagnes autour agissent comme un amplificateur et comble de malchance, le vent vient dans notre direction. Ça s’arrête finalement vers minuit et enfin, nous dormons comme des marmottes, bien au chaud dans nos duvets.

Depuis que nous sommes au Pérou, un des principaux irritants pour nous, c’est le bruit, partout, tout le temps! Nous tentons tant bien que mal de nous habituer, mais à part dans les montagnes, loin de tout, vous êtes sûrs qu’il y aura du bruit et tout le monde semble s’en accommoder sans jamais protester, même si le voisin peut vous faire jouer sa musique à partir de 6 hres le matin et jusque tard dans la nuit! Les chiens errants jappent sans arrêts, nuit et jour, les coqs en campagne comme en ville, se mettent à chanter, s’ajoutant au concert de klaxons, aux différentes musiques qui jouent à tue-tête dans la plupart des endroits publics. Une vraie cacophonie! On nous dit que c’est partout comme ça en Amérique du Sud! Ouf! Va falloir s’y faire, j’imagine…

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Pour ce qui est de l’altitude, Denise voit une amélioration le dernier jour avant d’arriver à Puno! En effet, nous pédalons 102 km, et les 5 derniers kilomètres sont en montée. Enfin, Denise sent que l’oxygène se rend dans les muscles! Mais nous méritons bien quelques jours de congé après ces 5 journées intenses. Après une première nuit dans un petit hospedaje très ordinaire, nous décidons de nous récompenser en séjournant dans un confortable 3 étoiles, en plein coeur de la ville! Eau chaude, chauffage (une première au Pérou pour nous!), wi-fi, balcon privé avec vue sur le lac Titicaca! Un petit paradis pour cyclistes fatigués!

Nous profitons du séjour à Puno pour aller visiter Los Uros, une des îles flottantes du lac Titicaca. Nous sommes conscients de l’aspect très touristique de la visite et nous sentons bien qu’il y a une mise en scène parfaitement orchestrée pour nous vendre l’artisanat local, mais nous trouvons quand même intéressant d’en apprendre un peu plus sur ce mode de vie traditionnel qui persiste sur certaines des îles les plus isolées.  La tribu des Aymaras construisaient ces îles avec la tortora, ce jonc qui poussent partout dans le lac. Ils s’isolaient ainsi des autres tribus plus agressives et avec le temps, ils ont continué à vivre ainsi, se suffisant à eux-mêmes.
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À notre retour de l’île, Charles décide d’arrêter chez un dentiste. En effet, la veille au souper, il s’est rendu compte qu’une de ses dents s’est cassée! Le plombage a tenu bon mais il sent un peu de sensibilité au froid. Que faire? Le dentiste propose une couronne comme solution finale, mais cela prendrait du temps. L’autre solution, temporaire celle-là, poser un scellant pour protéger la dent en espérant que cela tienne le plus longtemps possible. Charles opte pour cette 2e solution et on verra ensuite. Pendant la procédure,Denise examine le cabinet et surveille chacun des gestes du dentiste, inquiète de l’asepsie. Mais comme cette réparation ne nécessite aucune injection, elle est rassurée. Ah! le passé d’infirmière, ça vous suit partout!

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De belles rencontres!
Jusqu’à maintenant, nous n’avions pas rencontré d’autres voyageurs à vélo. C’est à Cusco que nous rencontrons les premiers, à La Estrellita, petit hospedaje renommé pour bien recevoir les cyclistes. Nous faisons particulièrement connaissance avec Delphine, Jérôme et leurs deux enfants, Emma et Justin. (www.laterredansleguidon.fr) Ces Français sont partis à vélo tandem pour 1 an, à travers le monde! Ils vont plus ou moins suivre le même trajet que nous en Amérique du Sud.
Puis il y a Francisco, un Espagnol que nous croisons quelques jours plus tard. Il remonte de Ushuaia, à l’extrémité sud de l’Argentine, vers l’Alaska. (https://www.facebook.com/tresamericas.enbici.7
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Le lendemain, nous arrivons face à face avec les deux couples que nous suivons sur leurs blogues depuis quelques mois! Quelle belle surprise de les voir enfin en chair et en os! Paul et Jan sont de Vancouver alors qu’Ellen et Elmar viennent des Pays-Bas. Ils se sont rencontrés en Bolivie et voyagent ensemble depuis. Dommage que nous allions en sens inverse, on en aurait long à se dire! (http://www.fietsjunks.nl/)
(http://2lovecycling.com/À Puno, devant la cathédrale, nous rencontrons finalement Leah, Cherry et Nathan, d’autres cyclistes sur la route depuis
longtemps. Nous avions suivi une partie du blogue de Cherry, puisqu’elle venait de faire la même route que allions prendre! Nous passons quelques heures à discuter avec ces jeunes aventuriers qui n’ont pas froid aux yeux. Plus jeunes que nous, ils cherchent les sensations fortes et certains d’entre eux sont à la recherche d’eux-mêmes jusqu’à un certain point. Ce qui est sûr, c’est qu’ils vivent présentement une expérience de vie unique et nous trouvons la discussion très intéressante. 

Après 3 jours de repos à Puno, nous voilà prêts à reprendre les guidons vers de nouvelles aventures.  Le prochain défi qui nous attend: découvrir un nouveau pays! En effet, d’ici quelques jours, nous traverserons en Bolivie et nous nous dirigerons vers La Paz. Nous resterons à plus de 4 000 mètres d’altitude pour plusieurs semaines ce qui devrait permettre de compléter notre acclimatation.


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À suivre…



12 août 2014

Vidéo Biking in Peru 02

Newsletter #5 - Nasca à Cusco


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L’arrivée à Cusco marque le début d’une parenthèse touristique d’une semaine. D’abord, la ville ne manque pas d’attraits avec ses beaux bâtiments et ses églises de l’époque coloniale espagnole. Il y a aussi profusion de bons restaurants et de marchés colorés. Nous nous installons dans un petit hospedaje tout simple, où les cyclistes sont les bienvenus. On y garde nos vélos et nos bagages pendant les 3 jours où nous partons en expédition au Machu Picchu.

 Denise raconte: 
« Je rêvais depuis longtemps de visiter le Machu Picchu. J’ai toujours été fascinée par l’histoire des Incas et le mystère de cette cité perchée dans les montagnes m’intrigue. Je n’allais pas manquer l’occasion de découvrir ce site extraordinaire! »

Mais du rêve à la réalité, il y a souvent un grand pas! Comme nous n’avions aucune réservation, il a fallu se tourner vers une agence qui nous a organisé la visite à la dernière minute, moyennant l’équivalent de nos dépenses d’un mois au Pérou! Tant qu’à jouer aux touristes, nous avons aussi ajouté la visite de la Vallée sacrée à notre forfait, en autobus et en train. Congé de vélo!

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La chance a été avec nous car depuis quelques jours, le temps était maussade ici à Cusco, mais le dimanche 10 août, nous avons assisté au lever du soleil sur le Machu Picchu et ce fut un spectacle éblouissant. Nous avons aussi grimpé la montagne Machu Picchu, une heure et demie d’ascension sur un sentier en marches de pierre, pour découvrir le panorama fabuleux sur la cité inca et toute la vallée autour. Des moments de pur bonheur qui nous font oublier les difficultés des dernières semaines.

En effet, bien des choses se sont passées depuis notre arrivée au Pérou, il y a plus d’un mois. Les imprévus se sont succédés et chaque fois, nous avons dû nous adapter. À San Vicente, Charles a été malade 3 jours, ce qui a retardé notre départ vers Nasca.  Nous avons ensuite pédalé plus ou moins le long de la côte du Pacifique, à travers un paysage désertique, sans grand intérêt. Force est de constater que le Pérou peut être carrément laid à certains endroits car ce qui nous a surtout frappé le long de cette route, ce sont les énormes quantités de déchets un peu partout. Des petits villages de maisons  de roseaux ou de terre sont installés ici et là et les gens y vivent dans une pauvreté criante.
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Arrivés à Nasca, nous étions tout contents de constater que nos jambes se portent très bien…du moins à basse altitude. De plus, nous avons rencontré des gens absolument charmants sur la Plaza, le jour de notre arrivée. Nous cherchions un hospedaje quand un grand blond s'est approché et nous a  demandé si nous cherchions un hébergement. Il nous a invité à venir voir son B&B un peu en retrait du centre.  Rémy est Hollandais et avec sa femme Natalia, native de Nasca, ils viennent tout juste d'ouvrir leur petit gîte. Ce fut un coup de foudre! Un superbe jardin intérieur, une chambre spacieuse joliment décorée, des petits déjeuners copieux et pour couronner le tout, Natalia et Rémy se sont révélés des hôtes des plus intéressants avec qui échanger. Natalia est une passionnée d'histoire et en plus, elle est professeur d’espagnol, ce qui fait
qu’elle est très facile à comprendre. Belle occasion d’améliorer notre espagnol!
Nous avons eu le privilège d'une visite guidée au marché local où Natalia nous a fait
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découvrir une variété incroyable de fruits et légumes péruviens. Nous avons ensuite visité un aqueduc datant de 350 ans avant Jésus-Christ, bâti par les Nascas. Seule ombre au tableau, c'est à Nasca que Denise est tombée malade, elle aussi frappée par la fameuse turista. Natalia et Rémy ont été d'une gentillesse extraordinaire et leurs délicieuses tisanes ont aidé à soulager Denise au bout de 4 jours. 

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Nous avons eu le temps de réfléchir à nos différentes options et finalement, c’est l’autobus pour Cusco qui l’a emporté, histoire de rattraper un peu du temps perdu. Car même si nous avons 2 ans devant nous, les saisons elles, ne changeront pas. Nous devons donc planifier notre itinéraire en conséquence. Comme les longs trajets s’effectuent toujours la nuit, nous nous sommes retrouvés à 20h30, dans un bus bondé qui a mis plus de 15 hres à rejoindre Cusco. Encore une expérience haute en couleur pour nous. En effet, difficile de dormir quand le bus monte une route en lacets sans fin, tanguant à chaque tournant. Certains estomacs ne supportent pas!  Par contre, au petit matin, nous avons pu admirer le superbe paysage, surtout entre Abancay et Cusco. Avouons-le, ce trajet aurait pris au moins 10 jours en vélo, avec ces montées incroyables! Nous nous disons qu’après tout, nous avons déjà fait l’ascension des Andes au début du voyage, une façon comme une autre de nous consoler de ne pas pédaler cette route.



Nous restons encore un jour ou deux à Cusco, avant de prendre la direction du lac Titicaca. Le prochain défi: se retrouver de nouveau en altitude aux alentours de 4 000 mètres! Nous avons acheté des feuilles de coca, tel que suggéré par d’autres cyclistes rencontrés qui nous disent que c’est très efficace pour soulager les symptômes du fameux soroche, le mal de l’altitude. 

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À suivre… 

28 juillet 2014

Newsletter #4 Tanta à San Vicente de Canete!

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Au départ de Tanta où nous nous sommes reposés 2 jours, nous pensions que le pire était derrière nous. Eh! bien! non! Le pire nous attendait! Nous avons mis 2 jours à franchir les pauvres petits 34 km qui séparent Tanta de Vilca!

Laissez-moi vous raconter. Le début se passe plutôt bien car la route longe la Laguna de Paucarcocha et le gravier y est semblable à ce qu’on peut voir au Québec. La respiration va un peu mieux, alors le plaisir est au rendez-vous d’autant plus que le paysage reste superbe.

Puis, arrive une intersection. Nous avons le choix de faire 50 km de plus avec 2 passes en haute altitude à franchir, où suivre la route suggérée par les Pikes, sur 34 km. Nous choisissons le trajet le plus court évidemment, histoire d’éviter l’altitude autant que possible. Mais qui choisit prend pire, n’est-ce pas? Dans notre cas, ça sera vraiment le pire des choix! 


Je vous explique. Le hic, c’est que cette « route » se termine à un certain point et
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devient un sentier sur les derniers 7 km, mais Harriet et Neil mentionnent seulement 2 km où il faut pousser les vélos…???? Si votre vélo a des ailes, oui, mais nos gros Surly chargés, ça ne passe pas!
Pour nous, ça sera 6.5 km de « poussage » de vélos et 2 séances de portage de bagages et de vélos sur un étroit sentier à flanc de falaise vertigineuse. 

Denise raconte: 
« Pour la première fois du voyage, j’ai vraiment eu peur! Quand je vois ce petit sentier de la largeur de 2 bottes de randonnée, surplombant une rivière à plus de 100 mètres, je panique! Je ne me vois pas pousser mon vélo chargé sur ce petit chemin accidenté où le moindre faux pas nous ferait basculer dans la rivière en bas. Charles va faire la reconnaissance du trajet et je vois une roche dégringoler jusqu’en bas, longtemps, longtemps…Ayayaye! J’imagine mon vélo et moi qui prennent le bord comme ça!!! »

Il faut trouver une solution! Revenir sur nos pas implique qu’il faudra remonter des pentes rocheuses, donc pousser encore et encore les vélos! Finalement, quand Charles calcule que nous avons à peu près 400 mètres à franchir pour retrouver un sentier praticable, nous décidons de décharger les vélos et de tout transporter en plusieurs voyages. Ça nous prendra 3 aller-retour! Épuisant, mais plus sécuritaire. 

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Nous continuons tant bien que mal, mais comme on pousse plus souvent qu’on pédale, ça n’avance pas vite et il est près de 16 hres quand nous arrivons au niveau de la rivière Canete, à seulement 3 km de Vilca. Nous sommes épuisés et nous voyons que le sentier remonte dans la montagne un peu plus loin. De plus, nous devons franchir une zone de marécages où nous nous enfonçons dans une gadoue gluante, pleine de fumier du bétail qu’on voit un peu partout le long de cette rivière. Dégueulasse! Disons qu’aujourd’hui, nous avons utilisé tous les jurons possibles, en québécois, en français, en anglais et si nous en avions su plus en espagnol, nous les aurions ajouté!!!

Nous décidons finalement de monter le camp près d’un des enclos à vaches en
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murets de roches (toilettes pas loin, n’est-ce pas? Voir Newsletter #3).  Nous sommes tout près d’une petite cascade sur la rivière. Heureusement que nous avons un filtre et un Steripen pour bien stériliser l’eau car ça semble un endroit privilégié pour les bêtes qui s’abreuvent à la rivière. Dès que le soleil descend derrière les montagnes, la température chute. Encore une petite nuit fraiche devant nous…

Le lendemain, pour ajouter à nos malheurs, notre poêle peine à s’allumer et comme tout ce qui nous reste comme provisions, c’est un peu de gruau Charles fait l’impossible pour que nous ayons un maigre déjeuner chaud! Nous aurons besoin de toute l’énergie possible pour la suite.

Nous espérions bien rejoindre Vilca rapidement mais sur les derniers 3 km, nous avons encore droit à une séance de portage sur le sentier rocheux à flanc de falaise qui monte quasiment comme un escalier. On commence à inventer de nouveaux jurons!!! Il faut régulièrement se mettre à 2 pour pousser chacun des vélos dans les sections trop abruptes! « Ça se peux-tu se mettre dans la misère de même! » dirait ma mère! Nous arrivons finalement à Vilca vers 12h45, épuisés, et avouons-le, découragés. Oui, les paysages sont sublimes mais ce trajet nous coûte très cher en énergie et en temps…Nous avons atteint un point de trop c’est trop, comme on dit!

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Quand nous apercevons un petit minibus collectivo, sur la place, Charles décide de lui demander où il va et s’il peut nous prendre. Il part justement à 13h30, pour Huancaya, à 15 km de là. Parfait! C’était la destination prévue pour la journée. Pour 20 soles ($7), on embarque les 2 vélos sur le toit et on empile les sacoches sur un banc. Dix autres passagers montent à bord avec nous et en route pour Huancaya! Nous échangeons un regard craintif quand on voit le chauffeur pousser son bus pour faire démarrer le moteur et quand on entend la transmission grincer, les freins claquer…avons-nous pris une bonne décision??? Le vieux tacot monte laborieusement les interminables côtes et toute la carrosserie craque et gémit. La route caillouteuse ne laisse aucun répit et nous sommes brassés de tout bord, tout côté. Ça nous fait un p’tit pincement au coeur de constater la beauté du paysage qu’on manque mais en même temps, nos jambes apprécient le répit.

Pendant le trajet, un des touristes fait la conversation à Charles. C’est un Limenos en
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visite ici avec sa famille. Très sympathique, il nous invite à venir chez lui quand nous reviendrons au Pérou dans 1 an. Arrivés à Huancaya, nous décidons de loger au même petit hôtel que lui, et d’y rester 2 jours pour récupérer. Il nous faut absolument revoir notre itinéraire car nous sentons avoir atteint un point où le plaisir s’amenuise. Il est temps de changer le plan!

Mais voilà qu’une autre contrariété s’ajoute! Au moment d’aller souper, nous constatons soudainement que notre réserve d’argent comptant est presqu’à sec! En effet, comme il est impossible de payer quoi que ce soit autrement qu’en argent (même les hôtels), ça part vite! De plus, pas moyen de trouver une banque, encore moins un guichet automatique. Il nous reste à peine de quoi souper et peut-être un frugal déjeuner, mais aucune provision pour la route car tout est à sec! Qu’allons-
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nous faire? 

Nous regrettons avoir payé pour 2 nuits ici, nous n’aurons même pas d’argent pour manger!!! Nous expliquons notre problème à notre nouvel ami. Il nous emmène voir la gérante de l’hôtel et ensemble, ils élaborent un plan. Liliana, la gérante accepte de nous rembourse nos 2 nuits d’hôtel pour que nous ayons de l’argent pour manger, et pour payer le transport jusqu’à San Vicente de Canete sur la côte, où nous pourrons retirer de l’argent et lui rembourser la nuit passée à l’hôtel. Compliqué n’est-ce pas? Mais c’est la seule solution envisageable pour le moment et nous sommes tellement fatigués par nos aventures en montagne que l’idée de rouler en bus ne nous déplait pas trop.

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Le lendemain, Liliana a donc organisé notre transport jusqu’à Canete. Nous prenons
d’abord un premier minibus (le même vieux tacot que la veille!) qui nous amène jusqu’à Magdalena où nous transférons les vélos et les bagages sur un autre collectivo, en meilleur état, celui-là! Nos bécanes y goûtent, car la manutention est tout sauf délicate! Après plusieurs kilomètres, le bus arrive finalement sur une route asphaltée très étroite, qui descend jusqu’à la côte en une série de courbes toutes plus accentuées les unes que les autres.  Le chauffeur se sert du klaxon à chaque tournant pour prévenir les véhicules arrivant en sens inverse. Il évite 2 collisions frontales de justesse, tasse quelques pauvres piétons imprudents ici et là, sauve une poule d’une mort certaine par un arrêt brusque et esquive l’attaque de 2 chiens hargneux. Pour empêcher les conducteurs d’aller trop vite, on a eu la bonne idée d’installer des dos d’âne un peu partout, avec pour résultat que le véhicule tangue à tout bout de champ, si bien qu’une des passagères se met à vomir!  En plus, les fenêtres ouvertes nous permettent de respirer à plein poumons la poussière et les gazs d’échappement (pas d’anti-pollution ici!). Ah! si nous n’étions pas si fatigués, pédaler serait bien plus agréable! D’autant plus que le paysage est absolument à couper le souffle. Mais nous n’avons pas le choix pour le moment, il faut prendre le temps de régler les imprévus, et surtout, refaire nos forces pour la suite.

Arrivés à San Vicente, une petite ville bruyante et animée, nous réglons les problèmes d’argent non sans avoir dû faire la ligne 45 minutes dans une banque pour réaliser que notre carte ne fonctionne pas à ce guichet!!! Grrrr! Heureusement, nous trouvons un autre endroit sans file d’attente et ça fonctionne enfin! Quand je vous dis qu’ici, la vie quotidienne n’est pas de tout repos! Nous nous installons finalement pour 3 nuits dans un hôtel que je dirais luxueux selon les standards péruviens: eau chaude (pour vrai!) et wi-fi!!! 
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Heureusement, car pour couronner le tout, Charles éprouve de petits problèmes gastro-intestinaux!!! Ah! les aléas des voyages! Nous y avions échappé jusqu’à maintenant, mais il faut croire que l’expérience n’aurait pas été complète sans ce petit désagrément. On étirera donc notre séjour ici le temps que tout rentre dans l’ordre.

Nous sommes un peu perplexes face à ces contretemps qui nous ramène quasiment au point de départ car San Vicente n’est qu’à 150 km au sud de Lima. Nous qui sommes habitués d’avaler kilomètre après kilomètre, notre maigre progression nous fait nous questionner. Mais il faut se rendre à l’évidence, pédaler au Pérou c’est bien différent que pédaler au Canada ou aux États-Unis. Il faut aussi éviter de se comparer aux autres cyclistes ayant fait le même parcours.  Chaque voyage est différent et nous devons accepter de vivre le nôtre à notre rythme et selon nos capacités. Même si les dernières semaines ont été difficiles, nous avons vécu des expériences uniques, fait des rencontres enrichissantes et vu des panoramas grandioses. N’était-ce pas là notre premier objectif? "L'important arrive non pas au terme de la route, mais bien avant, pendant le trajet lui-même."
(M. Pavic)
Nous revoyons donc notre itinéraire et dès que la santé sera revenue à 100%, nous reprendrons la route en suivant plus ou moins la côte jusqu’à Nasca, un trajet relativement plat qui devrait nous aider à remettre les jambes en forme. Puis recommencera la longue montée dans les Andes en direction d’Abancay et ultimement de Cusco. Cette lente progression permettra une acclimatation progressive à l’altitude, du moins nous l’espérons. 

"Un voyage de 1 000 km commence toujours par un pas."(Lao Tseu)

À suivre…



25 juillet 2014

Newsletter # 3 - Matucana à Tanta

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Lundi, 14 juillet, nous quittons Matucana dans un minibus où nous avons enfourné tant bien que mal nos vélos et nos bagages. Excellente décision!  Toujours sans accotement, le segment de 25 km de la Carretera Central qui restait à parcourir se révèle encore plus dangereux, avec des tunnels et des courbes en montée abrupte où les conducteurs effectuent des dépassements hasardeux. Heureusement que notre chauffeur semble de nature prudente, nous arrivons sains et saufs à Rio Blanco, le point de départ de notre aventure andine, sur la trace des Pikes.

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Nous sommes maintenant sur une route de gravier qui monte peu à peu vers les hauts plateaux du centre du Pérou, dans une région sauvage et peu habitée. En avant pour l’aventure totale! Les premiers kilomètres se révèlent beaucoup plus ardus qu’on le pensait. En effet, nous sommes maintenant à 3 550 mètres d’altitude et nous réalisons que notre acclimatation se fait difficilement. Comme les pentes sont raides et que la surface est plutôt mauvaise, l’effort à fournir est décuplé, nous sommes vite à bout de souffle. Nous mettons la journée pour franchir les 7 km qui nous séparent de Chocna, petit hameau perdu dans la montagne à 3 940 mètres. On nous dirige vers l’école où nous pouvons piquer la tente à côté du terrain de soccer. Épuisés, nous ne tardons pas à nous endormir malgré les bruits habituels, aboiements de chiens, braiments des ânes, beuglements des vaches…

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Nous décidons de rester à Chocna une nuit de plus pour nous acclimater à l’altitude et nous débutons l’acétazolamide. Pendant que nous prenons notre petit déjeuner, un groupe de jeunes nous apprend qu’il y aura tournoi de soccer cet après-midi (un alpaca est l’enjeu du tournoi!) et ce sera ensuite fiesta «toute la nuit »! Bon…vaut mieux déménager le campement, ou peut-être repartir…mais finalement le médecin de passage nous dit que la fiesta est au village près de l’église et qu’ici à l’école, ça sera « tranquilo ». Le hic, c’est que le village est tout petit et comme il est entouré de montagnes, les sons sont amplifiés drôlement. Même si notre tente est maintenant derrière l’école, nous aurons droit au concert de la fanfare de 20h à 4 hres du matin! Et à 8 hres du matin, ça reprend de plus belle, cette fois juste devant la plaza où se trouve l’école. Tout ce beau monde danse, même si quelques uns ont les yeux plutôt troubles dû aux excès de la nuit. Nous sommes prêts à partir mais on nous retient et nous devons entrer dans la danse. Autant jouer le jeu, pour le plus grand plaisir de nos nouveaux amis de Chocna.

Après la danse, en route! Mais encore une fois, nous faisons face à des conditions
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difficiles. Souffle court, énergie nulle…et nous devons pousser nos vélos une grande partie du trajet, tellement la surface est en mauvais état! Mais de quelles fibres sont donc faits Harriet et Neil Pikes pour rouler sur des routes pareilles et réussir des distances incroyables? Ou bien la route s’est dégradée grandement depuis leur passage en octobre dernier, ou bien nous ne sommes vraiment pas de taille! Oui, nos vélos sont plus chargés, oui, notre acclimatation à l’altitude se révèle difficile, oui, nous avons encore un peu le rhume, mais difficile d’imaginer que quelqu’un puisse pédaler facilement sur ce genre de routes! Chapeau!

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Nous gardons tout de même espoir que ça s’améliore et nous parvenons finalement à Yuracmayo à 4 300 mètres, un petit village pratiquement abandonné, où seuls des gardiens surveillent le barrage hydro-électrique sur le lac. L’un d’eux nous dit que nous pouvons installer la tente près d’un des bâtiments, à l’abri du vent. Il nous invite à écouter la télé avec eux. Bonne idée, car à cette hauteur, il fait drôlement froid! Mais nous réalisons qu’ils n’ont même pas de chauffage!!! Faut le faire! Fournir de l’électricité et ne pas pouvoir se chauffer! Nous pouvons préparer notre souper dans leur cuisine rudimentaire et l’un des gardiens nous fait la jasette une partie de la soirée. Sympa! Quand nous retournons à la tente, il y a tempête de neige! La nuit sera difficile…

Le lendemain, le départ est laborieux car tout est mouillé. Mais nous prenons finalement la route pour découvrir encore une fois des paysages extraordinaires. C’est ce qui nous console de notre dur labeur: les panoramas qui s’offrent à nous sont absolument sublimes! Heureusement, car encore une fois aujourd’hui, la route reste pierreuse, les pente très abruptes, et nous devons pousser nos vélos chargés une grande partie du trajet. La galère! Nous pensions franchir la passe d’ Ushuayca à 4 920 mètres, mais épuisés, nous dressons notre camp à mi-chemin seulement, sur le premier espace relativement plat que nous puissions trouver. Nous avons vraiment l’impression d’être au milieu de nulle part! Notre moral est mis à rude épreuve, d’autant plus que chaque soir ou presque, la tempête menace et nous avons droit à quelques flocons. La nuit, le mercure chute en bas de zéro. Faut être fait fort, comme on dit…

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Nous parvenons finalement à franchir la passe d’Ushuayca le lendemain en début d’après-midi! Nous avons les larmes aux yeux de joie et de fierté d’y être finalement parvenus! Mais pas question de s’attarder, il fait un froid mordant et nous aimerions redescendre pour camper à plus basse altitude. Cependant, la descente se révèle aussi un défi incroyable! Imaginez de grosses pierres, du gravier, du sable, de la neige par moments, sur une route en lacets aux gradients abrupts, avec un ravin vertigineux d’un côté! Il faut rester concentré à tout moment et travailler fort des bras pour tenir le vélo, mais nous parvenons vivants à l’intersection de la route de Tanta et Carhuapampa. Des travailleurs au bord de la route nous disent que nous trouverons un hospedaje à Carhuapampa et que c’est seulement à 15 minutes à bicyclette…Nous aurions dû nous méfier! Il nous faut une heure pour arriver au village où nous apprenons que la route se termine! Charles avait espoir d’un raccourci pour éviter le prochain tronçon suggéré par les Pikes, mais il faudra refaire en sens inverse (et en montant!) la route qui nous a amené ici! Misère! 

Mais à Carhuapampa, l’accueil des enfants nous impressionnent: ils nous sautent
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dessus pour nous embrasser, tout heureux de nous parler, désirant apprendre quelques mots de français et nous aidant à trouver les mots en espagnol. Charmant! Pour ce qui est de l’hospedaje, il s’agit d’un espèce d’entrepôt municipal où il y des matelas près de réservoirs d’essence et de pétrole! Quand je demande où est la salle de bain, on me montre l’enclos  à vaches derrière! Pas d’eau courante non plus! Comme c’est la seule option, qu’il fait un froid de canard et que le soleil est sur le point de se coucher, nous acceptons l’offre de senior Juan, pour quelques soles. Sa soeur accepte de nous préparer un souper dans une maison typique du village, en bloc de terre séchée, avec toit de tôle et poêle à bois rudimentaire dans un coin, porte ouverte sur la cour où cohabitent poules et chiens: choc culturel total!!! Nous ne pouvons qu’espérer ne pas être malade, car les conditions de salubrité dans lesquelles cuisine Matilde feraient faire une crise cardiaque à un fonctionnaire de l’Agence canadienne de l’inspection des aliments! Mais comme nos provisions sont à sec, faudra faire avec ou crever de faim! La sopa se révèle toutefois délicieuse, roborative à souhait! 

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Après une nuit plutôt reposante dans notre entrepôt et un desayuno préparé par Matilde (eh! oui! nos estomacs ont supporté!), nous repartons rejoindre la route vers Tanta, espérant franchir la passe d’Abra Suijo à 4 700 mètres avant midi. Mais c’était sans compter l’état encore plus lamentable de la route. Comme si ça se pouvait! Nous ne croisons que quelques camions, venant presque toujours en sens inverse. Les 2 seuls 4x4 qui nous dépassent ne s’arrêtent même pas! Nous espérions un miracle à un certain point, un camion qui nous embarquerait jusqu’à Tanta…mais rien à faire, nous continuons tant bien que mal notre route, poussant et soufflant, au bord de l’épuisement. La passe attendra à demain, nous renonçons et trouvons un espace acceptable sur le bord de la route pour camper. Encore une nuit froide devant nous…

Les derniers kilomètres pour franchir le point d’Abra Suijo nous arrachent nos dernières réserves. Denise craque.

Denise raconte: 
« Mais dans quoi me suis-je embarquée?!? De toute ma vie, je n’ai jamais fourni un effort physique aussi intense! Je me sens épuisée, vidée, découragée. J’ai le moral à zéro, moi qui me croyais forte, j’ai tout à coup l’impression d’avoir vieilli de 20 ans d’un coup sec. Je me sens tellement faible, je n’arrive pas à croire que je puisse continuer. Même les descentes me demandent une énergie incroyable pour maintenir mon vélo et je ne peux m’empêcher de craindre la chute, me remémorant l’accident de l’an dernier. Charles me console, m’encourage et je finis par trouver un sursaut d’énergie pour poursuivre, espérant qu’à Tanta nous puissions trouver un hébergement acceptable. »

Après la descente épique d’Abra Suijo, nous arrivons finalement  à pédaler de plus grandes sections, très raboteuses mais tout de même acceptables. Denise développe sa technique pour tenir le vélo droit! Nous arrivons finalement au dernier tronçon de route avant Tanta, enfin un chemin de gravier en bon état, presque plat!  Si nous n’étions pas si fatigués, ça serait un véritable plaisir d’enfin pédaler presque normalement. Quand nous apercevons le village, c’est comme une oasis devant nous! 

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Ça fait 7 jours que nous pédalons, que dis-je, que nous poussons nos vélos sur des routes exécrables et nous n’avons pu nous laver décemment tout ce temps! Imaginez dans quel état nous sommes! Nous trouvons un petit hospedaje acceptable (sans bidons d’essence!) pour quelques soles, et nous décidons de rester ici au moins 2 jours pour se refaire des forces. Toutefois, il faudra attendre pour la douche chaude car l’agua caliente, n’a de chaude que le nom! Tant pis! Le temps reste froid et aucune maison n’a de chauffage! Ici, on s’enfouit sous une dizaine de couvertures de laine la nuit. Nous, nous préférons nos duvets bien chauds…et nous gardons nos vêtements et la tuque! La dame de l’hospedaje nous cuisine de bons repas, cette fois, dans des conditions de salubrité bien meilleure qu’au dernier village. On aurait pu trouver pire…

Pendant cette dernière semaine, nous avons vécu des moments intenses. La beauté des paysages et aussi, il faut le dire, la gentillesse des gens a grandement compensé les difficultés rencontrées. Mais nous avons surtout réalisé à quel point nous sommes privilégiés de vivre dans un tel confort chez nous au Québec.  Ici au Pérou, dans les campagnes, les gens vivent dans des conditions qu’on n’ose même plus imaginer! Ils travaillent dur, n’ont presque rien. Certains villages de montagnes semblent tout droit sortis du Moyen-Âge, si ce n’était qu’ils ont l’électricité, utilisée
seulement pour s’éclairer semble-t-il. Pas de chauffage, pas d’eau chaude, même si les températures chutent souvent en bas de 0°C! Par contre, plusieurs ont des cellulaires et la télé est présente un peu partout avec le même genre de télé-réalité que chez nous, juste un peu plus tonitruante. Mais pour ce qui est d’internet, on peut toujours chercher! À part les grandes villes, c’est une ressource difficile à trouver. Nous nous adaptons tant bien que mal à cette vie spartiate, mais nous avouons avoir hâte de trouver un brin de confort dans une ville offrant quelques commodités comme…une douche CHAUDE! 
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Mercredi le 23 juillet, nous reprenons la route en espérant des conditions meilleures. Ce qui est sûr au moins, c’est que nous allons revenir à des altitudes plus confortables, en bas de 4 000 mètres!

À suivre…






12 juillet 2014

Newsletter #2 - Lima à Matucana

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Il n’y a qu’une seule route pour sortir de Lima vers l’est, la Carretera Central, alors tout le monde se retrouve dessus! Nous voilà donc à pédaler aux côtés de milliers de véhicules en tout genre, camions, autos, autobus, motos, tous plus polluants les uns que les autres. Et que dire du bruit…l’enfer! Nous traversons d’abord d’interminables banlieues aux allures de zones de guerre, beige de poussière, fourmillant de monde, cacophoniques à l’excès. Ouf!



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Heureusement, le dénivelé de cette première journée reste progressif et nous parvenons à rejoindre Chosica début d’après-midi. Comme c’est notre destination pour la journée, nous arrêtons pour une pause au coin d’une rue histoire de réfléchir à nos options pour nous loger. Et là, un de ces petits miracles pour cyclotouristes se produit!

Maria apparait et nous salue en anglais, puis commence la conversation habituelle sur d’où on vient, où on va… Après quelques minutes, elle nous dit qu’elle peut nous arranger quelque chose pour
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la nuit avec l’aide d’une amie. Nous acceptons évidemment! Nous laissons les vélos chez elle et 
prenons le Collectivo avec elle pour rejoindre son amie au Mercado de Chosica où elle tient un petit restaurant, « le meilleur en ville ». Maria nous offre un énorme dîner délicieux et nous faisons la connaissance de Nelsa et sa fille Margo. C’est chez Nelsa que nous logerons ce soir et elle nous offre le souper et le déjeuner du lendemain! Maria nous explique que lors de voyages qu’elle a fait, elle a souvent reçu de l’aide et elle souhaite rendre la pareille à d’autres personnes. Elle nous raconte un peu de sa vie et celle de son amie Nelsa. Quelles femmes admirables! Nous sommes émus de tant de générosité et ne pouvons qu’être reconnaissants de croiser des personnes aussi extraordinaires sur notre route.


Le lendemain, nous quittons Chosica plus enthousiastes que jamais, malgré la circulation qui reste infernale.  Mais au bout d’une vingtaine de kilomètres, le dénivelé devient plus ardu et la chaleur s’intensifie. Nous sommes définitivement sortis de la brume de Lima et les sommets qui se profilent devant nous, deviennent de plus en plus imposants sur fond de ciel d’un bleu pur.



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À la pause dîner, nous stoppons près d’un petit kiosque où une dame vend des fruits et des légumes. Elle nous propose de goûter ses chirimoyas, un fruit délicieux, très sucré. Ça sera notre dessert! Nous lui faisons la conversation en espagnol: elle raconte que sa fille étudie la médecine en Allemagne. Elle se laisse prendre en photo mais elle insiste elle aussi, avec son appareil, pour faire une photo de nous avec des chirimoyas dans les mains! Ça lui servira de publicité, qui sait…

Nous avons besoin de toute notre énergie pour la suite. En effet, les pentes sont de plus en plus raides et le mercure grimpe au dessus de 30°.  La route n’a pas d’accotement et on se sent frôlés par les nombreux camions et autobus qui nous font respirer leur gaz d’échappement noirs. Tout ce beau monde semble bien à l’aise de
faire des dépassements risqués dans les courbes, et nous arrivons fréquemment face à face avec des véhicules qui descendent à toute allure dans la voie où nous roulons! Nous apercevons un autobus à deux étages qui tourne tellement vite dans une courbe qu’il penche dangereusement vers l’extérieur, ses deux pneus presque aplatis!!! On se dit en blaguant qu’on préfère encore être sur nos vélos que dans cet autobus!


Nous avons aussi droit aux assauts de dizaines de chiens errants! Ici au Pérou, les chiens semblent n’appartenir à personne et ils vagabondent un peu partout. Si on dit que le chien est le meilleur ami de l’homme, il n’est pas du tout celui du cycliste! Toujours prêts à nous tâter du mollet, ils aboient et grognent en nous poursuivant à qui mieux mieux. La meilleure façon de les décontenancer: stopper brusquement et mettre pied à terre fermement! Les voilà hésitants et, la plupart du temps, ils
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rebroussent chemin et nous pouvons repartir lentement. Mais disons que ce n’est pas de tout repos quand on a des camions qui vous frôlent à gauche et une meute de chiens qui vous attaquent à droite! 


Quand nous arrivons à Surco, un tout petit village, nous sommes crevés! Mais les deux seuls hôtels ne semblent pas trop intéressants et on nous dit que Matucana n’est « qu’à 2 km, 15 minutes à vélo »…Hum! Ça nous a pris 1h30 pour faire les 8 km qui restait!!! Voilà une autre leçon: ne jamais croire les évaluations de route des Péruviens! 


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Nous l’apprenons de dure façon et c’est complètement épuisés que nous finissons de gravir la route jusqu’à Matucana non sans avoir dû pousser nos vélos par moments. Nous trouvons un petit hôtel à $13 la nuit, avec eau chaude!!! Et luxe suprême, une connection wi-fi! Nous sentons que nous avons poussé nos limites à bout. De plus, au départ de Montréal, Charles avait attrapé un rhume et depuis quelques jours, voilà que Denise aussi a mal à la gorge et tousse beaucoup. Cela nous gruge beaucoup d’énergie. Nous resterons donc à Matucana au moins 4 nuits pour récupérer.


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Et tant qu'à être ici nous en profitons pour faire de petites excursions faciles dans les environs, rien d'exténuant. Faut guérir ces sacré rhumes! Nous partons donc à la découverte sur le sentier du petit village d'Huariquina non loin de Matucana. Nous y découvrons un petit hameau qui se trouve sur l'ancienne Carretera central. Plusieurs bâtiments sont abandonnés car la nouvelle route a attiré tous les commerces. Le petit village est charmant et sa place principale est invitante! Nous y prenons une orangeade  "Crush" (prononcer "crouche"!)puis continuons notre randonnée jusqu'à la chute de Challape en longeant la voie ferrée. Le retour se fait en partie en moto-taxi, question d'essayer ce moyen de transport et de ne pas trop se fatiguer...on soigne un vilain rhume, ne l'oubliez pas! Même si ça nous brasse la carcasse pas mal, l'expérience en vaut la peine.

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Compte tenu des circonstances, nous sommes à organiser un moyen de transport pour faire les derniers 25 km de l’infernale Carretera Central jusqu'à Rio Blanco, le point de départ des routes de montagnes. Après tout, nous sommes venus ici au Pérou pour pédaler surtout la campagne andine. En effet, de Rio Blanco à Huancavelica, nous envisageons de suivre le trajet dessiné par Harriet et Neil Pikes, un couple d’Anglais qui a sillonné les sentiers andins en long et en large à vélo.

Mentionnons qu’à partir de Rio Blanco, nous n’aurons pas accès à internet pour plus d’une semaine. Nous utiliserons donc notre borne satellite pour faire connaître notre position et donner signe de vie!

À suivre…