26 avril 2016

Newsletter #48, Natchez (Mississippi) à Chattanooga (Tennessee)

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Eh! bien! les dieux nous boudent! Le beau temps n’est pas au programme. Pourtant, notre première journée sur la Natchez Trace Parkway avait bien commencé sous un soleil radieux, et nous étions tout contents de nous installer au camping de Rocky Springs, le premier des nombreux campings gratuits sur la NTP.  On y fait la rencontre de Cameron, un jeune cycliste américain qui retourne chez lui à Utica (NY) après un long voyage à travers les USA et le Mexique. Quelle n’est pas notre surprise de découvrir en jasant avec lui qu’il a rencontré Danny et Tamara, un jeune couple d’Américains à vélo que nous avions croisé à la frontière du Pérou et de l’Équateur. Le monde cycliste est petit!

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Le lendemain, nous déjeunons en vitesse sous la bruine. À l’heure du lunch, nous échappons de justesse à un véritable déluge accompagné d’un orage violent, en nous réfugiant dans un McDo. Nous laissons le pire passer puis filons jusqu’à Jackson où nous attendent Becky et Don, des hôtes Warmshower. On y retrouve notre ami Cameron qui lui, a eu droit à la totale: il est trempé jusqu’aux os! Notre séjour à Jackson est des plus agréables. Nos hôtes sont très intéressants et le jardin de Becky est vraiment exceptionnel, plein de jolis coins étonnants. Ajoutez 4 chats et un cheval miniature et ça fait bien des distractions pour des cyclistes en repos. Parlant de repos, Denise en a besoin car un vilain rhume l’embête depuis Natchez. Une toux incessante vient troubler nos nuits.

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Rien pour nous aider à apprécier la route. Surtout que le temps reste nuageux la plupart du temps. Le surnom de la Natchez Trace, c’est ‘Green Tunnel’. Et c’est tout à fait ça: une route sous les arbres sur plus de 700 kilomètres. Pour être vert, c’est vert! Il y a bien les tapis fleuris de trèfle rouge en bordure qui lui donne un peu de couleurs mais nous avouons nous ennuyer un peu après quelques jours…Comme la Natchez Trace est un grand corridor vert, elle ne traverse aucun village ce qui complique le ravitaillement. Aussi, pas beaucoup de rencontres si ce n’est des vacanciers en véhicules motorisés de toutes les tailles imaginables et oui, bien sûr, quelques autres cyclistes, surtout des groupes qui font l’expédition en circuit organisé. Ça donne plusieurs conversations intéressantes ici et là, mais dans l’ensemble, nous nous sentons isolés. 

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Heureusement que nous avons un autre arrêt Warmshower à Kosciusko, chez Donna. Quelle femme courageuse! Elle a perdu son mari il y a quelques années. Victime d’un conducteur qui textait, il a été fauché sur son vélo sur la Natchez Trace. Il préparait un voyage cycliste vers l’Alaska…Donna s’occupe maintenant de promouvoir le plus possible la sécurité à vélo sur la NTP. Mais nous croyons qu’il faudrait aussi renforcer la prudence chez les conducteurs! Donna nous prépare un excellent souper et nous apprécions particulièrement le beau feu de foyer qu’elle nous allume en soirée. Jamais nous n’aurions cru avoir besoin du réconfort d’un feu au Mississippi!!! 

En effet, les vêtements chauds sont nécessaires le lendemain quand nous repartons. Il faut même ajouter les impers car la pluie s’en mêle aussi. Quand nous rencontrons de nouveau Cameron, nous sommes bien amusés de voir qu’il n’est pas aussi frileux que nous. Ah! la jeunesse! Faut dire qu’un rhume, ça n’aide pas…Denise tousse toujours autant et Charles passe d’aussi mauvaises nuits qu’elle.

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Nous profitons tout de même des campings et ce soir-là à Jeff Busby, nous installons notre vieille bâche trouée pour nous abriter un peu le temps du souper. Un couple de retraités de la Floride vient nous offrir le dessert pour se faire pardonner le bruit de la génératrice de leur énorme roulotte. S’ensuit plein de questions sur notre aventure, puis nos ‘amis’ finissent par nous parler de Dieu, des armes à feu (ils ont leur ‘gun’ dans la roulotte!), de l’Amérique qui aurait besoin de « plus de militaires et de policiers car Obama l’a mise dans un état lamentable »…Hum! Nous sommes dans le Bible Belt. La religion semble s’immiscer de plus en plus dans la politique américaine d’après ce que nous entendons à la télé. On a l’impression que les extrémistes ne sont pas seulement du côté de l’islam…Heureusement que nous rencontrons aussi beaucoup d’Américains aux propos plus mesurés. Ça rassure.

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Après encore une journée à pédaler sous la pluie, nous avons une percée de soleil en fin d’après-midi qui nous permet de sécher nos affaires avant de nous installer au camping de Witch Dance. Cette fois, Denise dort à peine quelques heures, toussant à n’en plus finir. Le moral est au plus bas…et les nuages et la pluie qui persistent! À Tupelo (Elvis est né ici!), nous prenons un motel confortable et y restons 2 jours complets pour nous reposer. Denise garde le lit une grande partie de la journée et enfin, la toux se calme et tous les deux, nous passons une meilleure nuit! Notez qu’il fait un temps magnifique pendant les 2 jours où nous sommes à Tupelo!

Après encore une journée à paresser, la forme revient, mais ironiquement, le mauvais temps aussi! C’est donc sous les nuages que nous repartons. Nous passons la nuit au camping du State Park de Toshimingo, et sommes bien contents d’avoir acheté une nouvelle bâche pour nous mettre à l’abri, car oui, en soirée, il pleut!

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Pendant que nous étions à Tupelo, nous avons tenté d’organiser notre séjour à Nashville mais nous réalisons que c’est une ville chère: rien en bas de 150$ US la nuit! De plus, sur tous les membres Warmshower (une quarantaine!), nous n’avons qu’une seule réponse, négative! Décidément, Warmshower n’est plus ce qu’il était. Nous réalisons que beaucoup de personnes sont inscrites mais une grande majorité ne répond pas aux demandes. Heureusement que nous avons eu quelques expériences intéressantes jusqu’ici, mais force est de constater que bien des gens ne prennent pas la peine de mettre leur profil Warmshower à jour ce qui engendre bien du temps perdu pour les cyclistes sur la route. Dommage…

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Après réflexion, surtout que la Natchez Trace nous semble bien monotone, nous optons pour une nouvelle route qui nous amènera plus rapidement vers le Blue Ridge Parkway…que nous espérons plus intéressant que la NTP. Nous nous retrouvons donc sur d’agréables chemins de campagne en Alabama et les collines ajoutent un peu au défi physique. Il faut bien se préparer pour les Appalaches qui approchent. Le beau temps finit par revenir timidement d’abord, puis les températures remontent peu à peu. La forme est revenue, tout va bien!

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Après quelques étapes en motel, nous avons bien hâte de rejoindre Chattanooga au Tennessee où nous attendent Sandy et Roger, des hôtes Warmshower. Dès notre arrivée, la ville nous parait sympathique, bien aménagée, avec des pistes cyclables et plein de jolis endroits où manger une bouchée. Quand nous arrivons chez nos hôtes, nous sommes accueillis de chaleureuse façon par ce couple charmant, et c’est autour d’un excellent souper que nous échangeons nos histoires ce soir-là. Ils acceptent gentiment de nous garder une deuxième nuit, ce qui nous donne la chance d’explorer la ville toute une journée. Bien agréable de pédaler sans les bagages! Notre séjour se conclue avec une belle soirée dans un restaurant sur la bord de la rivière Tennessee. Voilà une expérience qui nous montre vraiment le meilleur du réseau Warmshower: une belle rencontre et un partage intéressant.

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Nous voilà repartis en direction du Blue Ridge Parkway. Les jambes se réhabituent aux côtes peu à peu et nous avons bien hâte de découvrir cette route dont on ne cesse de nous vanter la beauté.

À suivre…

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9 avril 2016

Newsletter #47, Morgan City (Louisiane) à Natchez (Mississippi).

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Rouler sur des petites routes louisianaises entre les bayous, ça permet d’observer de près les alligators. Charles est devenu un expert pour les repérer, parfois seulement affleurant la surface de l’eau ou se prélassant sur les nombreux quais de bois servant aux pêcheurs. Comme on nous a maintes fois affirmé qu’ils sont plutôt peureux face aux humains, notre crainte s’est envolé…mais pas au point de vouloir camper en bordure d’un bayou quand même! Nous sommes bien contents d’arriver à Houma où nous attend Alvin, un hôte Warmshower. 

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Avant de le rejoindre, nous flânons un peu dans la petite ville où nous croisons trois jeunes Québécois qui vivent toute une aventure. En effet, Luc, Nuka et Julien sont partis de Montréal en kayak et ils se rendent ainsi au Yucatan, en longeant la côte. Faut le faire! Nous passons un bon moment à échanger avec eux sur nos périples respectifs. Vive l’aventure!

Nous nous installons ensuite chez Alvin, dans une rue résidentielle paisible de Houma, ombragée par les fameux chênes décorés de mousse qui ressemblent à des barbes à la ZZ Top. Ce soir-là, notre hôte nous amène chez Boudreau & Thibodeau, un authentique restaurant ‘cajun’, où nous faisons l’expérience complète des mets du coin. Nous goûtons entre autres aux ‘crawfish’, les fameuses écrevisses de Louisiane. Pas facile à décortiquer mais ça en vaut la peine, c’est bon! Autre découverte culinaire ‘cajun’, l’alligator. Eh! oui! ça se mange cette grosse bête là et c’est bon. Denise fait bien rire Alvin en mentionnant qu’elle va maintenant avertir les alligators qui voudraient s’en prendre à elle qu’elle va les manger ‘en sauce piquante’! (en français dans les menus)

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Nous sommes bien contents qu’Alvin ait accepté de nous garder un jour de plus car une pluie diluvienne et des orages violents s’abattent sur Houma TOUTE la journée! Notre séjour chez lui a été des plus agréable à bien des point de vue. En plus de nous faire découvrir le meilleur de la cuisine ‘cajun’, il nous a raconté plein d’anecdotes intéressantes sur l’histoire acadienne en Louisiane. Évidemment, nous avons aussi parlé de voyage à vélo avec lui car il a une longue expérience des périples cyclistes un peu partout à travers les États-Unis. À ceux qui lui disent: « Je ne serais jamais capable de voyager à vélo! », il répond: « Votre seul obstacle, c’est de penser que vous ne pourriez pas! » Nous sommes 100% d’accord!

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Pour notre dernière soirée à Houma, Alvin nous invite chez Abears, un petit resto où nous goûtons un ‘gombo’ aux crevettes en écoutant de la musique ‘cajun’. Le trio de musiciens jouent des titres comme « Allons danser Colinda »! Ils ne sont pas jeunes jeunes, avec leurs cheveux blancs et leur dos vouté mais ils savent tirer la bonne note de leur guitare, clavier et accordéon, en plus de chanter avec coeur. Une bien belle soirée!

Après la pluie le beau temps! Le soleil brille de tous ses feux mais comme il n’y a rien de parfait, il fait froid. Tellement que nous devons nous habiller chaudement, leggings, blousons, et au diable l’élégance, on ajoute les bas de mérino dans les sandales. Il faut ce qu’il faut! Un fort vent de face s’en mêle mais heureusement, une longue piste cyclable longeant le Mississippi nous amène tranquillement vers la Nouvelle Orléans. Nous prenons le traversier qui nous débarque directement dans le Vieux Carré, le coeur historique de la ville. Nous traversons lentement le Quartier Français pour rejoindre Mid City où nous logerons, chez des hôtes Airbnb, dans une maison tout à fait typique de la Nouvelle Orléans. 

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Le lendemain, nous empruntons le Streetcar pour aller flâner dans le Quartier Français, la partie la plus touristique de la Nouvelle Orléans. Facile de comprendre l’attrait qu’exerce cette ville sur les milliers de visiteurs. Le quartier regorge d’images de carte postale avec ses vieux balcons de fer forgé généreusement fleuris. Il y a aussi la promenade le long du Mississippi où nous assistons au départ du Natchez, un luxueux bateau à aube qui part pour sa croisière. Il fait bon paresser au Jackson Square, le joli parc devant la cathédrale Saint Louis. Il y a de l’action un peu partout, des artistes à l’oeuvre, d’excellents musiciens de rue , des amuseurs en tout genre, pas un temps mort! La fameuse rue Bourbon nous semble la plus animée pour le meilleur (de la musique partout!) et pour le pire (état d’ébriété avancé pour plusieurs!). La vie semble bien décontractée ici…

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Le lendemain, encore au moyen du Streetcar, nous allons admirer des dizaines de belles demeures et jardins dans Garden District avant de terminer la journée au City Park où on peut se promener dans un musée de sculptures en plein air. De là, il nous suffit de suivre le bayou Saint Jean pour revenir à pied à notre logement dans Mid City. La chance nous a souri côté météo, un soleil radieux et des températures confortables nous ont permis de découvrir cette ville dans les meilleures conditions.

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On dirait qu’enfin les dieux se sont calmés! Temps superbe, pas trop chaud, et VENT DANS LE DOS la plupart du temps, voilà ce qui nous attend le lendemain pour sortir sans encombre de la Nouvelle Orléans. Pas grand chose à mentionner toutefois au sujet du paysage plutôt ordinaire pour le moment. Cependant, quand nous traversons au Mississippi, ça devient légèrement vallonné ce qui brise la monotonie mais ça fait travailler un peu plus le mollet légèrement fatigué, avouons-le, après toute cette marche en ville, et surtout les milliers de kilomètres accumulés depuis le début du voyage.

Nous renouons enfin avec le camping avec une étape des plus agréable à Clear Springs dans une National Forest dans le sud du Mississippi. Denise est rassurée, pas de serpent en vue, pas d’alligator, le site est très bien aménagé et il y a même des douches chaudes! Il a tout de même fallu faire un 14 kilomètres de détour pour y arriver mais ça valait la peine. 

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Particularité du Mississippi, aucun accotement nulle part! Les gens ne cessent de nous dire d’être prudents « car il y a de très mauvais conducteurs ici »…On voit bien qu’ils ne sont pas allé en Amérique du Sud! Depuis que nous sommes aux États-Unis, on a remarqué tout de suite la différence dans la façon de conduire. Oh! il y bien ceux que Denise appelle les ‘machos du muffler’ et il y a effectivement quelques types imprudents de temps en temps…le ‘texting’ au volant semble être un grave problème ici. Une auto nous a frôlé de près à haute vitesse et nous avons eu l’impression que le conducteur était en train de ‘texter’ car il nous a vu à la dernière minute et a fait une embardée pour reprendre le contrôle de son bolide…

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Nous arrivons finalement à Natchez, une jolie petite ville bâtie sur une falaise surplombant le Mississippi. Encore une fois, nous admirons de superbes maisons d’époque, ombragées de grands chênes et entourées de magnifiques jardins. Nous décidons de prendre un jour de repos ici, les jambes en ont besoin, et l’endroit a du charme. 

Nous entreprendrons maintenant une autre étape de notre longue remontée vers le nord. Nous allons pédaler les prochains 700 quelques kilomètres sur la Natchez Trace, une route panoramique qui remonte de Natchez, Mississippi, jusqu’à Nashville, Tennessee, la capitale de la musique country.

Au programme, de belles collines, une route ombragée, du camping en tout genre et quelques Warmshowers, histoire d’en apprendre plus sur la vie américaine. Invoquons tous les dieux possible pour que le soleil soit au rendez-vous afin de réchauffer ce printemps tardif!

À suivre…

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30 mars 2016

Newslette #46, Raymondville (Texas) à Morgan City (Louisiane)

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Pour être plat, le Texas, c’est plat! La ligne d’horizon est loin devant, tout le temps, et les pousses des différentes plantations tracent des lignes vertes à l’infini dans les champs. Ajoutez à cela un ciel gris, du temps frais et du vent souvent de face et vous devinez qu’il y a des jours pas faciles. Nous qui pensions pédaler à la chaleur, on ressort les blousons, surtout le matin où le mercure est autour de 15 degrés. Même les quelques journées ensoleillées restent fraiches!

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Le Texas, c’est aussi le pétrole. D’innombrables raffineries se dressent un peu partout sur la côte pour traiter l’or noir extrait par les plate-forme de forage que nous voyons au large. Heureusement que certains secteurs du littoral restent préservés pour le plus grand bonheur des touristes. On ne compte plus les parcs de VR, il y en a partout! Cependant, rares sont ceux qui disposent de sites appropriés pour les humbles campeurs avec tentes. 

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C’est chez Glen, un hôte Warmshower à Corpus Christi, que nous campons pour la première fois depuis longtemps! Séjour tout à fait agréable, car notre hôte se révèle un homme extrêmement intéressant. Tous les sujets y passent et nous partageons de beaux moments en sa compagnie. Passionné de vélo, il aide aussi Charles à tracer l’itinéraire le plus simple pour franchir les multiples ponts et ‘causeway’ sur l’itinéraire.



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En effet, les routes traversent d’immenses zones de marécages et de rivières tout lelong de la côte. Pas toujours facile de pédaler sur ces ponts car certains n’ont pas d’accotement. C’est ainsi que nous franchissons le long ‘causaway’ de presque 4 kilomètres qui mène à Lamar où nous attend le père Ralph, un prêtre que Glen a contacté et qui a accepté que nous campions près de son église. Ouf! nous étions bien contents d’arriver sain et sauf de l’autre côté. 


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Nous stoppons finalement devant la grille du terrain de l’église…fermée à clé! Un voisin s’approche et nous dit que le prêtre est en train de célébrer la messe dans l’église derrière la maison. Nous apercevons une femme près du bâtiment et lui faisons signe. Elle s’approche et quand nous lui disons que le père Ralph nous a permis de camper près de l’église, elle nous répond que « c’est hors de question car demain il y a une messe importante »! Perplexes, nous décidons d’attendre que la messe se termine, et on verra bien avec le père Ralph. Le voisin, Roy, un professeur retraité venant de Nashville nous offre un breuvage  en attendant, et nous dit que si nous sommes mal pris, il nous accueillera volontiers. Rassurant.

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Finalement, quelqu’un venant de l’église arrive et nous ouvre la grille avec un grand sourire de bienvenue. Il nous invite au repas dans la salle communautaire avec tout le monde. C’est Joe, un homme qui aide le père Ralph à gérer l’église. Pas sitôt assis, on nous sert généreusement une soupe de poisson, des filets de poisson et du thé glacé. Tout pour rendre des cyclistes heureux quoi! Joe nous dit s’inquiéter que nous campions cette nuit car on annonce de fortes probabilités d’orages violents. Il nous propose plutôt de dormir à l’intérieur de la salle communautaire, puis après consultation avec sa femme Sharon, c’est chez lui qu’il nous invite! Seul hic, c’est de l’autre côté du pont que nous venons de franchir. Mais Joe nous rassure: il va tout simplement tout charger dans sa camionnette et en plus, il nous ramènera ici quand nous serons prêts à repartir! Car évidemment, lui et sa femme insistent pour que nous restions quelques jours, le temps de bien nous reposer. C’est ainsi que nous passons 2 jours à nous laisser gâter chez ce couple charmant. Laissez moi vous dire que nous étions bien heureux d’être à l’abri quand l’orage a éclaté au beau milieu de la nuit!

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Comme promis, Joe nous ramène de l’autre côté du ‘causeway’ et même un peu plus loin, nous épargnant du coup plusieurs kilomètres de route morne. Nous pédalons une trentaine de kilomètres avant d’arriver à Palacios où enfin, le soleil daigne illuminer le paysage côtier. Mais il nous faut repartir vers l’intérieur pour quelques longues journées sans grand intérêt, toujours au frais et bataillant contre le vent, avant de revenir enfin vers la côte à Freeport. 

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De là, un vent favorable (enfin!) nous amène à Galveston, via une jolie route fleurie en bord de mer. Cette petite ville sur l’île du même nom se révèle bien agréable. Il fait bon s’y promener, que ce soit sur sa longue plage ou dans le centre historique où de magnifiques demeures rivalisent de beauté. Une des choses qui nous frappent depuis notre retour aux États-Unis: le calme relatif dans les petites villes. Finis les haut-parleurs sur les trottoirs qui agressent les oreilles!

Nous redécouvrons aussi un certain niveau de confort en dormant dans des motels, tous bien ordinaires, mais douche chaude garantie. Il y a aussi du papier de toilette dans les toilettes publiques! Eh! oui! partout en Amérique du Sud et Centrale, c’est rare. Il y a aussi ces immenses supermarchés où Denise capote devant la variété de choix qui s’offre à elle! Nous mangeons aussi plus qu’à notre faim avec les portions gargantuesques qu’on nous sert dans les restos de ‘fast food’. Évidemment, à cause du taux de change désavantageux, notre portefeuille y goûte. 

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Notre nouveau passe-temps: discuter de politique américaine. En effet, les primaires américaines occupent énormément de temps d’antenne à la télé et nous assistons à une bataille incroyable entre les candidats républicains. Le niveau du discours ne vole pas haut! Il est bien intéressant d’entendre les opinions très polarisées des Américains…certains disent des énormités par rapport aux immigrants, aux étrangers, aux ‘communistes’ (Cuba entre autres) alors que d’autres sont très lucides face aux enjeux actuels. Fascinant!


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Après une dernière étape à Winnie, Texas, nous roulons vers la Louisiane que nous rejoignons après la traversée d’un immense pont surplombant la rivière Sabine. Nous voilà au pays des Cajuns.  Beaucoup de noms à consonances françaises, mais personne qui parle la langue…Mais ça n’empêche pas les gens d’être super sympathiques, comme Eric, un authentique Cajun qui nous offre l’hospitalité à Holly Beach en plus de nous faire goûter un ‘gombo’, la fameuse soupe louisianaise. Ça prépare bien pour une longue étape de plus de 110 kilomètres sur la Nature Creole Trail, une route qui traverse une réserve naturelle à travers les bayous. 



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C’est là que nous apercevons nos premiers alligators, quelques-uns écrabouillés sur la route, mais plusieurs bien vivants sur le bord du bayou, l’air de dire, allez, venez vous y tremper les orteils! Il y a aussi ces dizaines de serpents écrasés sur le bitume. Charles dit qu’ils ne sortent que la nuit…ce qui est loin de rassurer Denise qui a une peur bleue de ces petites bêtes. Pas facile dans ce cas de trouver un endroit sécuritaire pour camper. Mais il y a des solutions: sur Pecan Island, nous nous installons sur une plate-forme au dessus du bayou, hors d’atteinte des alligators et des serpents! Denise dort plus tranquille, seulement dérangée par le vent qui fouette la tente. 

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Encore quelques jours à pédaler dans la campagne louisianaise et après une étape chez un hôte Warmshower à Houma, nous rejoindrons la Nouvelle-Orléans. Ça fait longtemps que nous rêvons de visiter cette ville unique. La météo reste capricieuse mais jusqu'à maintenant, nous avons échappé au pire. Il reste à entrer dans cette grosse ville sans encombre...


À suivre…

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16 mars 2016

Newsletter #45, Veracruz (Mexique) à Raymondville (Texas, USA)



Les dieux sont tombés sur la tête. Pendant qu’il fait plus de 12 degrés au Québec en mars, eh! bien! ici au Mexique, il neige!!! Vous avez bien lu. À la télé, nous voyons des images de tempête de neige au nord du Mexique, dans les montagnes. Résultat: sur la côte, le ciel reste plombé de nuages, et évidemment, Chaac, notre cher dieu de la pluie n’en peut plus de se retenir alors il ouvre les vannes et on goûte à une super averse le jour de notre départ de Veracruz.


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Ça avait pourtant bien commencé, du moins jusqu’à La Antigua à une trentaine de kilomètres. Cette petite ville pittoresque est le premier site où les Espagnols se sont installés au Mexique et on peut encore y voir les restes de la maison de Hernan Cortès, à côté de la petite église. Mais au moment où nous en repartons, ça y est, le ciel nous tombe dessus à grande trombe d’eau et c’est sous un véritable déluge que nous faisons les 75 kilomètres suivants. Comme nous roulons sur une autoroute, il y a un accotement, mais il est littéralement inondé et laissez moi vous dire qu’un énorme camion à double-remorque qui vous passe à côté, ça vous complète la douche à l’eau sale, garanti!

Imaginez l’allure que nous avions à notre arrivée à Palma Sola: dégouttants dans tous les sens du mot! Nous laissions de grandes flaques boueuses partout sur les tuiles blanches du joli hôtel que nous avions repéré via internet. Dieu merci, le personnel a été compréhensif. On devait faire pitié je pense…

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Faut croire que le soleil a eu son mot à dire car nous avons eu un peu de répit les jours suivants. Si bien que nous découvrons enfin le bord du golfe du Mexique à son meilleur dans la zone de la Costa Esmeralda. Il est agréable de s’arrêter dans un petit motel près d’une jolie plage avant de repartir vers l’intérieur du pays où nous voulons faire un arrêt à Papantla dont on nous a dit du bien.


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Sur la route, une voiture nous double et nous entendons des cris d’encouragements puis, quelques minutes plus tard, voilà qu’ils se sont arrêtés pour nous attendre! C’est avec plaisir que nous reconnaissons un groupe de touristes français que nous avions croisés à Veracruz. Encore une fois, nous avons droit à une séance photo de groupe et hop! nous repartons pour Papantla où nous faisons une petite pause d’une journée, tellement la ville a du charme.



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Comme nous sommes arrivés un dimanche, nous avons la chance d’assister au spectacle des Voladores. Ce sont des danseurs volants! Je vous explique. Un immense mât se dresse devant l’église. D’abord, un musicien y grimpe, et s’installe sur une petite plate-forme au sommet. Puis 4 hommes y montent aussi, et enroulent un grand câble pour chacun d’eux. Au bout d’un moment, voilà que les quatre se jettent dans le vide, suspendus à leur corde qui se déroule lentement pour venir les déposer en douceur au sol, après qu’ils aient fait chacun 52 tours du mât. Cette danse traditionnelle se veut une demande au dieu totonaque…de la pluie!!! Oui, oui, nous comprenons que l’eau est absolument nécessaire pour les récoltes dans un pays comme le Mexique, mais disons que nous apprécions un peu moins les ‘dommages collatéraux’, lire, rendre la vie misérable à de pauvres cyclotouristes!

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Heureusement, le temps de passer à travers la région des oranges, le soleil veut bien se pointer encore de temps en temps. C’est le temps de la récolte et on aperçoit les cueilleurs avec leur panier. D’énormes camions chargés de déchets d’oranges pressées nous dépassent et on hume le parfum qui s’en dégage pendant que nos pneus collent dans le jus qui tombe sur la route. Amusant! À Alamo, nous attirons l’attention de bien du monde, qui posent un tas de questions et qui veulent une photo avec nous, tout ça avec le sourire. Décidément, nous faisons sensation un peu partout dans les petites villes du pays!

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Mais faut croire que les Voladores ont été efficaces car le lendemain, le ciel reste plombé de nuages, et le temps s’est rafraichi. Finalement, juste au moment où nous allons nous engager sur le pont menant à Tampico, ça y est, l’orage éclate! En moins de deux, nous voilà trempés jusqu’aux os, et en plus, le pont est plutôt à pic pour surplomber le rio Panuco. Ça a été toute une ondée, si bien que les rues de Tampico sont inondées et nous roulons environ une dizaine de kilomètres dans plusieurs pouces d’eau sale pour arriver à Miramar, la fameuse plage de la ville. Nous avons échappé de peu à la grêle semble-t-il. En effet, le sable est criblé de petits trous! 

Après un arrêt lunch dans un modeste resto, le temps de nous sécher un peu, nous décidons de tenter notre chance dans un hôtel du type ‘resort’, avec accès à la plage. Pourquoi pas, puisqu’on annonce (enfin!) du beau temps les jours suivants. Bingo! l’hôtel a un tarif raisonnable, et le lendemain, c’est sous un soleil radieux que nous découvrons la magnifique plage de Miramar: 10 kilomètres de beau sable blond bordant les eaux turquoises du Golfe du Mexique! 

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En fin d’après-midi, après une longue promenade sur le Malecon, alors que nous prenons un verre sur la terrasse près de la piscine, le propriétaire de l’hôtel nous salue gentiment et nous demande d’où nous venons. Quand il apprend que nous sommes à vélo, le voilà intéressé par notre voyage et il nous propose son aide pour planifier le reste du trajet vers le nord. Quand nous lui faisons part de notre projet d’itinéraire, il se dit préoccupé pour notre sécurité…

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Hum! pas la première fois qu’on nous dit qu’il y a des risques sur les routes du Tamaulipas, en fait, quasiment tout le monde nous déconseille d’y rouler! Nous faisons un petit blitz d’informations sur le web et ce qu’on y lit donne froid dans le dos. En effet, le jour où nous sommes arrivés à Tampico, il y a eu pas moins de 7 morts violentes en quelques heures à Ciudad Victoria, une des prochaines villes sur l’itinéraire! C’est sans compter tous les autres incidents rapportés un peu partout dans la région. Plusieurs sont des règlements de compte entre gangs de narcos trafiquants, mais il y des « victimes innocentes »…au mauvais endroit au mauvais moment? Au nord de Tampico, il y aurait actuellement une recrudescence de violence, si bien que la police est sur un pied de guerre en prévision de la période de vacances commençant le 18 mars prochain.

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Donc le lendemain, quand Eliseo, le propriétaire de l’hôtel nous appelle à notre chambre pour nous proposer des options, nous sommes toute ouïe. Il nous offre même de rester une nuit de plus (à ses frais!), afin de bien penser à notre affaire! Il a aussi appelé 2 journaux différents, qui veulent nous interviewer!! Alors nous voilà à raconter notre aventure à vélo aux journalistes, puis nous acceptons avec gratitude l’offre si généreuse d’Eliseo. Cela nous donne le temps de bien profiter de la plage et nous allons aussi faire un tour à vélo au coeur de Tampico qui nous parait pas mal plus invitante sous le soleil!

Finalement, nous nous rendons à l’évidence. La solution la plus prudente est de prendre un autobus direct pour parcourir les quelques 500 kilomètres jusqu’à Reynosa à la frontière avec les États-Unis. Eliseo nous organise tout: il achète les billets, vient nous reconduire au terminal d’autobus, et s’assure que nous sommes bien installés dans la section VIP du bus. Fait amusant: quand nous montons à bord, un homme nous reconnait car il vient de lire les journaux du matin où nous avons l’honneur de figurer et il veut une photo avec nous. En effet, notre histoire a intéressé les journalistes et ils ont rédigé un excellent compte-rendu de notre aventure dans les deux principaux quotidiens de Tampico. Flatteur!

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Ce n’est pas sans un petit pincement au coeur que nous écourtons d’une dizaine de jours notre séjour au Mexique, mais belle consolation que cette rencontre avec Eliseo et sa famille. Nous avons encore une fois réalisé à quel point les gens d’un pays peuvent nous faire aimer leur terre par la chaleur et la spontanéité de leur accueil. Il est bien dommage que ces gangs violents créent autant d’insécurité dans le nord et l’ouest du pays, mais partout ailleurs où nous sommes passés, jamais nous ne nous sommes sentis menacés de quelque façon que ce soit. Au contraire, les Mexicains nous ont conquis complètement et ce qui est sûr, c’est que nous reviendrons dans ce pays superbe qui a tant à offrir. Hasta pronto Mexico!

Notre trajet en bus dure un long 7 heures, mais nous arrivons sans encombre à Reynosa tout près de la frontière. Oh! il y a bien eu un ‘arrêt de sécurité’ un moment donné: des militaires armés jusqu’aux dents nous font descendre et ils vident les soutes et passent tous les bagages aux rayons X, à la recherche d’armes semble-t-il. Pas trop souriants les gars, plutôt expéditifs, mais on peut comprendre qu’ils prennent leur ‘job’ au sérieux…

Bon! nous voilà à la frontière, et il est plus de 19 heures (20 heures, car l’heure change aux USA!) quand les vélos sont remontés, il fait noir…que faisons-nous? Reynosa n’est pas une ville recommandable à la nuit tombée, alors vaut mieux traverser aux États-Unis au plus tôt. Heureusement pour nous, ça se passe bien, le poste frontière est tout près. Nous n’avons qu’un ‘gros’ 5 kilomètres à rouler avant de trouver un motel pas trop mal en terre américaine. Il est tout de même passé 23 heures quand nous avalons avec appétit la pizza commandée à la chambre, puis c’est le dodo bien mérité après cette longue journée en autobus…et 5 kilomètres de vélo à la noirceur!

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Nous voilà maintenant au Texas, sur de longues routes…plates où seul le vent capricieux risque de rendre le trajet plus difficile. Avec une semaine d’avance sur notre itinéraire, ça nous laisse plus de temps pour profiter de la côte texane vers Corpus Christi…si la météo peut être de notre bord!!!  
À suivre…

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