11 février 2016

Newsletter #43, Chetumal à Merida.

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Pédaler la péninsule du Yucatan, rien de plus facile…et ennuyant! Tellement, que nous avons trouvé un jeu pour nous divertir, comme « fais-moi une phrase avec… » et là, nous prenons le nom maya des villages ou villes que nous traversons, comme Tunkas, Tixkokob, Sitilpech, Cacalchen, Izamal, et autres noms quasi imprononçables. C’est Charles le grand gagnant pour sa phrase avec Izamal: « Après 100 km de vélo, Denise a mal au cul! » On l’a bien ri.

Eh! oui! la route est vraiment plate, le plus souvent droite et bordée de broussailles des deux côtés, avec un large accotement et peu de circulation la plupart du temps. Ça nous change drôlement des derniers mois! Mais nous ne nous plaignons pas, car à chaque étape, il y a des endroits magnifiques à voir ce qui compense largement pour la monotonie du trajet. De plus, les Mexicains sont vraiment très accueillants, toujours souriants. Nous n’avons jamais été autant salués que ces dernières semaines. Ajoutez à cela d’excellents repas et vous avez des cyclotouristes heureux!

Donc, après nos 3 jours de repos à Chetumal, nous avons repris la route lentement (seulement un petit 40 km) pour faire une étape à la Laguna de Bacalar, superbe lac d’eau douce aux eaux turquoise. L’endroit nous a séduit! Les berges du lac sont joliment aménagées permettant un accès facile pour la baignade.  Nous y passons un très bel après-midi, sur une des nombreuses terrasses de restaurants servant de délicieux ‘pina colada’.
 
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Puis il faut faire deux longues journées de plus de 100 km avant de rejoindre Tulum, sur la mer des Caraïbes. On dit de sa plage qu’elle est une des plus belles de la péninsule du Yucatan. Nous n’avons pas vu toutes les autres mais assurément, l’endroit est de toute beauté. Du sable blanc à texture de farine, des ruines mayas en arrière-plan, et voilà un cadre parfait pour une journée de congé. Le petit village de Tulum offre aussi plein de distractions, un peu trop même car les nuits y sont plutôt bruyantes avec tous ces bars ouverts sur la rue et jouant leur musique à tue-tête jusqu’aux petites heures du matin. Encore une fois, les bouchons pour les oreilles viennent sauver nos nuits de sommeil. 

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Nous prenons ensuite la route vers l’intérieur de la péninsule du Yucatan, plus précisément vers Coba, un site maya que nous tenons à visiter. Février au Mexique peut s’avérer frais, si bien que nous devons mettre un blouson à quelques reprises. Le temps reste malheureusement nuageux lors de notre visite des ruines de Coba, mais nous apprécions tout de même la visite, surtout que les premières heures, nous sommes presque seuls sur le site.   L’autre point fort, la montée de la pyramide de Nohoch Mul, la plus haute du nord du Yucatan, et la seule qu’on peut encore grimper. La vue sur la jungle autour est imprenable d’en haut.

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Nous faisons aussi une agréable étape à Valladolid, sympathique ville coloniale aux maisons de couleurs pastel. Nous prenons le temps de visiter le Convento de San Bernardino, un imposant bâtiment qui nous a paru plus proche de la forteresse-prison que du couvent, mais bon, l’endroit s’avère quand même intéressant. Les carnavals battent leur plein au Mexique, à cette époque de l’année, si bien qu’il faut choisir soigneusement l’hôtel si on ne veut pas assister ou plutôt, ‘écouter’ les spectacles toute la nuit ou presque. 

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Nous faisons ensuite un arrêt obligé à Chichen Itza, le plus connu des nombreux sites mayas sur la péninsule du Yucatan. Pour éviter un peu la cohue touristique, nous sommes à l’entrée dès l’ouverture. Facile de comprendre la fascination qu’exerce cet endroit! La pyramide de Kukulcan (ou El Castillo), très bien restaurée, domine le site d’imposante façon. De plus, plusieurs des autres bâtiments sont finement décorés de bas-reliefs révélant une partie de l’histoire des Mayas. 

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Une des anecdotes qui nous a particulièrement interpellé: au jeu de balle, deux équipes s’affrontaient et le capitaine de l’équipe gagnante (!) se faisait trancher la tête par le perdant! Oui, oui, vous avez bien lu! Dans la culture maya, c’était semble-t-il, un honneur d’être ainsi sacrifié aux dieux…Bon, il faut préciser que ce récit fait partie des nombreuses histoires racontées par les guides sur le site. Les archéologues ne s’entendent pas tous sur les rituels mayas et bien des hypothèses sont émises mais non encore totalement prouvées. 

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Nous arrêtons ensuite à Izamal. Eh! oui! ça existe vraiment. C’est une bien jolie ville que nous prenons plaisir à découvrir du haut d’une calèche! Belle façon de reposer les jambes après une journée de vélo avec du vent de face. Toutes les façades des bâtiments sont peintes d’un jaune ocre. On nous dit que c’est la couleur du Vatican en plus de symboliser le maïs, une des principales cultures mayas de la région. Là aussi, un énorme couvent fait partie des attractions touristiques de la ville. Encore une fois, un carnaval bat son plein ici et heureusement, notre hôtel est bien insonorisé. 

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Nous voilà maintenant à Merida, une ville au passé colonial, la plus grande du Yucatan. Nous y faisons étape pour une journée avant de reprendre ce que nous appelons le chemin des Mayas, pour visiter d’autres sites archéologiques et qui sait, apprendre d’autres ‘histoires’ mayas…


À suivre…

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28 janvier 2016

Newsletter #42, Antigua (Guatemala) à Chetumal (Mexique)

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Pour les petits chemins tranquilles, il a fallu attendre. Nous sommes partis d’Antigua dans une camionnette qui nous a amené de l’autre côté de Guatemala City. Pris dans les monstrueux bouchons de circulation, nous étions bien contents de cette décision! Mais force est d’admettre qu’il aurait fallu aller encore plus loin pour fuir la circulation dense de camions qui nous a accompagné les 3 jours suivants. Jusqu’à Rio Dulce en fait! De plus, comme la route n’a que peu ou pas d’accotement, et que le revêtement laisse à désirer, ça joue sur les nerfs.

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Bien que la bruyante ville de Rio Dulce n’ait rien de reposant, nous y sommes restés une journée pour nous remettre de nos émotions. Finalement, quand nous avons repris la route, un certain calme est revenu, dieu merci, et nous avons enfin pu reprendre un rythme beaucoup plus détendu, c’est-à-dire sans avoir à surveiller constamment les camions arrivant derrière nous. Autre soulagement, le temps s’est rafraichi légèrement, à mesure que nous montions vers le nord-est en direction de Tikal. Il a même fallu sortir les imperméables un certain matin pour affronter un petit crachin frisquet! 

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C’est aussi pendant cette partie du voyage que nous avons expérimenté pour la première fois un ‘concept’ d’hôtel, particulier à l’Amérique Centrale. Ce sont les ‘Auto Hotel’. Si je vous dis que vous pouvez payer la chambre à l’heure, vous allez comprendre l’idée, n’est-ce pas? De plus, discrétion assurée, car vous entrez votre auto (ou vélo!) dans le garage et ni vu ni connu, la porte se ferme et vous voilà à l’abri de toute inquisition. Eh! bien! quand vous arrivez dans une petite ville et que c’est le seul hébergement qui semble quelque peu accueillant, vous allez jeter un coup d’oeil. Étonnamment, les prix sont ultra-compétitifs et ils acceptent de vous louer pour la nuit complète sans trop faire de chichis, quoique dans certains cas, vous ne pouvez pas vous installer avant 17 ou 18 heures. Si certains endroits ne payent pas de mine, il y en a d’autres qui ont une certaine classe et surtout, ils sont impeccablement propres. Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur le pourquoi de ces établissements voici un article qui explique bien leur raison d’être: http://www.takenbythewind.com/2010/08/12/auto-hotels-and-love-hotels/

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Arrivés au bord du lac Peten Itza, à El Remate plus précisément, nous nous sommes installés à la Casa de Don David, une charmante auberge, dans ce petit village tranquille qui n’est pas dénué de charme. L’ambiance est au calme et nous avons l’impression que la vie ici est un peu au ralenti, comme si rien ne pressait jamais…Ça repose! 

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Cependant, il est facile d’y organiser la visite à la fameuse cité maya de Tikal, au coeur de la jungle, à une trentaine de kilomètres. Ce site classé au Patrimoine mondial de l’humanité depuis 1979 vaut vraiment le détour. On peut encore y grimper sur certaines des pyramides, même si l’exercice peut se révéler périlleux pour ceux qui ont le vertige car les pentes sont raides. Mais comme cyclistes, nous en avons vu d’autres, n’est-ce pas? La vue sur l’immensité de la jungle autour est spectaculaire, évidemment. Comme nous sommes arrivés très tôt le matin, nous profitons de la tranquillité des lieux pour au moins quelques heures.

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Nous sommes particulièrement impressionnés par la Gran Plaza et ses deux temples imposants se faisant face. Cette place fait partie d’un ensemble de plus de 3,000 structures dont il reste au moins 70% à excaver.On devine d’ailleurs les contours de certains bâtiments sous l’épaisseur de terre et de végétation qui les recouvrent. La nature reprend vite ses droits. Il y a aussi la faune bien présente, comme les fameux singes hurleurs qui offrent un concert en matinée, et des centaines d’oiseaux en tout genre. Des visiteurs mentionnent même avoir vu un boa constricteur, mais Denise ne tient absolument pas à le rencontrer, non merci!

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C’est à El Remate que notre séjour au Guatemala se termine car nous entrons peu après au Belize, un tout petit pays anglophone, héritage de la colonisation britannique. Ça nous fait tout drôle de parler anglais, car la première langue qui nous vient à l’esprit maintenant, c’est l’espagnol! Mais cela sera de courte durée puisque nous ne restons que 3 jours au Belize, le temps de rejoindre sa frontière nord avec le Mexique. La température reste au frais, pour notre plus grand bonheur, car pédaler au Belize n’a rien de bien excitant. Les routes y sont en très mauvais état, traversant une campagne plutôt morne. Heureusement, les gens ici sont très sympathiques, et les sourires et encouragements sont nombreux. Nous devrons revenir, car la côte caribéenne y serait un haut lieu de plongée. Un prochain voyage, qui sait…

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Quand finalement nous atteignons la frontière du Mexique, le degré d’excitation augmente. C’est le 13e pays que nous visiterons et nous envisageons y passer plus d’un mois. Denise est particulièrement enthousiaste à l’idée de goûter la fameuse cuisine mexicaine que tous les voyageurs sans exception nous vantent. 

Cependant la traversée aux douanes est un peu houleuse car il y a peu d’indications pour nous guider si bien que  nous aboutissons au point de contrôle des véhicules alors qu’il aurait fallu aller au passage piétonnier. Non, ici, les vélos ne sont pas considérés comme des véhicules! Charles argumente bien un peu avec les militaires armés jusqu’aux dents, mais nous n’avons d’autre choix de rebrousser chemin et trouver le point de passage piétonnier quelque 2 kilomètres plus loin. Seul désagrément, il faut tenter de se faufiler au travers une centaine de Mexicains qui reviennent à pied de la zone franche, chargés de marchandises diverses. Ça bousculent aux portes et il est difficile de tenir le vélo sous la poussée de tout ce beau monde qui ne semble pas comprendre le concept de l’attente en ligne.

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Pour nous remettre de tout ce branle-bas, rien de tel qu’un arrêt à la première échoppe offrant des tacos. Nous nous régalons pour pas cher, puis c’est avec enthousiasme que nous nous élançons sur la route vers Chetumal, notre première étape en terre mexicaine. Quel changement de décor! Nous voilà maintenant en Amérique du Nord et nous retrouvons rapidement des repères familiers: routes en parfait état, centres commerciaux, stations services et dépanneurs ultra-modernes. Nous éprouvons un petit frisson de plaisir car nous sentons que nous approchons de la maison…

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À Chetumal, nous sommes hébergés chez Akiles et Alicia,  nos hôtes Warmshower qui nous invitent à partager un souper avec la famille d’Alicia. Le lendemain, nous prenons le temps d’aller flâner sur le Malecon au bord de la mer, puis nous savourons un délicieux ‘almuerzo’ typique dans un restaurant du Centro. Décidément, le séjour au Mexique commence bien.


À suivre…

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13 janvier 2016

Newsletter #41, Granada (Nicaragua) à Antigua (Guatemala).

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Après avoir fêté Noël avec nos enfants à Granada, il a bien fallu reprendre la route car il reste tout de même plus de 8,000 kilomètres à parcourir pour rejoindre le Québec. Le 28 décembre, nous repartons donc le coeur rempli de beaux souvenirs, de l’énergie plein les jambes! 

Comme nous ne souhaitions pas aller à Managua, la grouillante capitale, c’est donc vers Leon que nous nous dirigeons. Le volcan Momotombo au bord du lac Managua, nous sert de point de repère tout le long de la route. Entré en éruption le 1er décembre dernier après 110 ans de sommeil, ce géant continue à cracher un peu de fumée, juste pour qu’on le garde à l’oeil, sûrement. 

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Leon a été une belle surprise. Moins touristique que sa rivale, Granada, elle nous est apparue plus authentique. Nous avons particulièrement apprécié la ballade sur le toit de la massive cathédrale qui vient de se refaire une beauté. On s’y promène pieds nus entre les dômes blancs, car il faut bien garder la nouvelle peinture propre! On peut y observer un panorama à 360 degrés sur la ville et sa ligne de volcans à l’horizon.

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Comme les enfants n’étaient plus là pour le Jour de l’An, nous n’avions aucun plan précis pour fêter le passage à la nouvelle année. Le 31 décembre, nous nous sommes donc retrouvés à Potosi, un tout petit bled sur le bord du golfe Fonseca qui sépare le Nicaragua du El Salvador. Nous envisagions d’y prendre un bateau pour faire la traversée et franchir ainsi la frontière entre les 2 pays, ce qui nous évitait 3 à 4 jours de route sans intérêt particulier à travers le Honduras. 

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Après une journée de vélo de 120 km, dont les derniers 16 km en gravier, nous voilà tout poussiéreux à chercher le Brisas del Golfo, un petit hôtel que nous avions repéré sur internet. Le proprio que nous avions contacté la veille, nous assure qu’il nous trouvera un bateau pour la traversée le lendemain. Évidemment, comme c’est le Jour de l’An, il faudra payer un petit supplément. Les prochains départs étant prévu le 5 janvier, nous acceptons, car rester ici 4 jours ne nous parait pas très attrayant. 

En effet, il n’y a qu’un hôtel, et notre chambre donne sur la basse-cour où un gros cochon s’acharne à courir après les poules qui paniquent en caquetant de toutes leurs forces…sans parler de l’odeur…Il y a aussi juste à côté une église où des haut-parleurs amplifient des chants religieux exaltés pendant plusieurs heures. Puis s’ajoutent en soirée les centaines de pétards et feux d’artifice que s’amusent à faire sauter tout le monde dans le village, qui semble tout à coup beaucoup plus grand qu’il ne l’est en réalité, tellement ça fait du bruit! Verdict pour nous: c’est un cas de bouchons dans les oreilles. La fatigue aidant, nous sommes parvenus à dormir malgré tout.

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Le lendemain matin, nous attendons notre capitaine qui doit venir nous chercher à 9 heures…ce qui signifie passé 10 heures en horaire du Nicaragua! Omar nous emmène d’abord à la douane où nous obtenons le tampon de sortie du Nicaragua. Puis c’est sur la plage que nous embarquons les vélos et les sacoches sur sa chaloupe. La traversée se passe bien, malgré quelques bonnes secousses dans des vagues un peu plus fortes. Nous longeons le Honduras pour finalement, une heure plus tard, rejoindre le El Salvador. Omar nous débarque sur une plage, juste devant sa maison et c’est dans sa camionnette que nous effectuons les derniers 15 km cahoteux jusqu’à La Union où nous devons passer au bureau d’immigration pour obtenir notre tampon d’entrée au El Salvador. Il est plus de 2 heures quand finalement, toutes les formalités sont terminées. Un peu tard pour prendre la route dans la chaleur intense d’après-midi. Il reste une trentaine de kilomètres  pour rejoindre notre hôte Warmshower et il y a pas mal de montées…et de plus, Omar n’a pas cessé de nous dire que « la route est dangereuse car il y a plein de délinquance, et on risque de se faire attaquer! »

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Ce n’est pas la première fois qu’on entend ce genre de discours venant des locaux mais inévitablement, ils parviennent à susciter un doute! Comme nous sommes fatigués, nous décidons de jouer de prudence et nous trouvons un hôtel à La Union pour notre première nuit en terre salvadorienne. Comme c’est le Jour de l’An, tout est fermé en ville, tout le monde est à la plage! Nous aboutissons finalement dans un Comfort Inn (eh! oui! de la fameuse chaine) pas très pittoresque, mais nos estomacs affamés sont bien heureux d’y trouver un restaurant ouvert, le seul semble-t-il dans toute la ville!

Nous contactons notre hôte Warmshower pour vérifier les dires du capitaine. Jose nous rassure et nous dit que la route est tout à fait sûre jusque chez lui. Il a bien raison et le lendemain, c’est sans encombre et sans jamais nous sentir menacés que nous rejoignons sa maison. 

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Une bien agréable surprise nous attend. En effet, Jose parle ‘québécois’! Je vous explique. À l’âge de 12 ans, ce Salvadorien s’est retrouvé au Québec avec sa famille, comme réfugiés, fuyant alors la guerre civile qui ravageait son pays. Il a fait ses études au Québec et y est resté 20 ans avant de revenir au El Salvador…à vélo! À l’âge de 32 ans, à la recherche de ses racines, il a tout simplement décidé de faire le voyage sur 2 roues, et rendu au pays, il a décidé d’y rester. Ça fait donc 11 ans qu’il vit ici mais il a gardé son accent québécois. C’est vraiment agréable de discuter avec lui, de mille et une choses, et l’écouter raconter comment le fait d’avoir vécu au Québec lui a permis de s’ouvrir au monde. Il a un regard très lucide sur son pays, et nous explique que les insécurités sont le fait des fameux gangs de rue qui passent leur temps à s’entretuer. Pas plus tard que la semaine dernière, un membre notoire d’un gang a été trouvé mort au village. Pas très rassurant…On ne veut surtout pas se trouver entre deux feux! Mais Jose nous explique que ça se passe toujours la nuit. Et semble-t-il, ils évitent de s’en prendre aux touristes…Ah! bon! tant mieux!

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Justement, parlant de sécurité, un autre cycliste se trouve chez Jose. C’est Jordi, un catalan sur la route depuis plus de 2 ans. Très préoccupé par toutes les informations inquiétantes glanées ici et là sur internet (datant souvent de quelques années, précisons-le), il souhaite se joindre à nous puisque nous allons plus ou moins dans la même direction. L’union fait la force, alors pourquoi pas? Nous prenons donc la route ensemble et faisons une première étape pas loin de Puerto Triunfo, où Dwain et Triny, un couple américain du Texas installé au El Salvador, nous ont offert l’hospitalité. Ils acceptent gentiment d’héberger aussi Jordi. Dwain est un conteur intarissable et nous avons beaucoup de plaisir à écouter ses multiples histoires. Triny nous gâte en nous préparant un excellent souper et avant notre départ, nous aurons droit au copieux déjeuner salvadorien avec touche texane.

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Ça vous requinque un cycliste en moins de deux, si bien que nous roulons un super 103 kilomètres pour rejoindre La Libertad, une grosse ville sur le bord du Pacifique. C’est là que nous réalisons à quel point Jordi voyage avec un budget minimaliste…tout lui semble trop cher…Il nous dit ne plus avoir d’argent et il envisage travailler quelque part pour payer la suite.

Comme d’habitude depuis que nous sommes en Amérique Centrale, parce qu’il fait très chaud, nous optons pour le petit ‘hostal' à 25$, avec air climatisé, mais Jordi va demander l’hospitalité au bureau de la municipalité. Le gardien de l’endroit accepte de le laisser camper.  Il revient toutefois passer la soirée à notre ‘hostal’ pour partager notre souper et notre wifi. 

Le lendemain, nous roulons sur une route toute en montées et descentes qui nous rappelle un peu la côte californienne, avec ses falaises découpées d’éperons rocheux. Spectaculaire! Ce soir-là, nous nous retrouvons à Playa Mizata, l’ultime plage salvadorienne sur notre route. Nous terminons la journée dans le bien nommé ‘Last Resort’, un petit hôtel en bord de mer, avec restaurant. Jordi obtient la permission de camper gratuitement sur le terrain de l’hôtel, et…nous lui offrons de nouveau le souper, la douche et le wifi.

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Nous roulerons ainsi 6 jours avec ce jeune cycliste de 34 ans, jusqu’à Antigua en fait, lui payant plusieurs repas pour le dépanner, et lui offrant douche et wifi dans les petits hôtels que nous trouvons, alors qu’il campe à côté, mais il est bien évident que nous avons une façon toute différente de voyager. Sans être riche, loin de là, nous avons quand même la chance d’avoir suffisamment de fonds pour nous héberger et bien manger. Notre compagnon lui, demande le prix de chaque chose, et argumente à n’en plus finir pour obtenir le plus bas prix possible…et renonce à manger si c’est trop cher pour lui! Nous admirons le courage que ça prend pour se lancer dans une telle aventure sans beaucoup d’argent.

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Peu avant de franchir la frontière du Guatémala, nous faisons la rencontre de Jade et Jordan, un jeune couple de Québécois qui descend vers Ushuaïa. Quel plaisir de partager ‘l’almuerzo’ avec eux, en échangeant nos informations. Ils ont des étincelles dans les yeux quand on leur parle de nos péripéties au Pérou…on leur souhaite un super périple!

Ce soir-là, pour notre dernière nuit en terre salvadorienne, c’est à Cara Sucia (visage sale!) que nous arrêtons. On a beau demander d’où vient ce nom étrange, personne ne semble savoir. Mais nous allons nous en rappeler longtemps de ce village car au matin, il y a de nouveau  une crevaison (eh! oui! il y en avait eu une la veille!) sur un pneu du vélo de Charles. Vite réparée, mais au moment du départ, ça recrève!!! Grrrr! Ça teste les limites de patience de Charles surtout que depuis notre entrée au El Salvador, c’est quasi chaque jour qu’on crève! Tout ça à cause des accotements de routes remplies de déchets de toutes sortes, surtout du verre et des vieux bouts de pneus plein de métal.

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Heureusement, le passage de frontières entre le El Salvador et le Guatemala s’avère un des plus faciles du voyage! Pas de tataouinage, on se retrouve à pédaler en terre guatémaltèque en moins de deux. Nous mettons 3 jours pour rallier Antigua, une superbe ville coloniale entourée de 3 volcans, dont le Fuego au cône fumant car toujours actif. Nous nous y installons quelques jours pour un repos bien mérité car la dernière étape a été rude, toute en montée. Quant à Jordi, des petits problèmes d’estomac lui en ont fait arracher la dernière journée, et nous nous séparons à l’entrée de la ville en nous souhaitant mutuellement bonne chance pour la suite de nos périples respectifs.

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Après bien des réflexions et analyses de la route à venir, nous décidons de nous rendre au Lago Atitlan en excursion organisée. En effet, les routes qui entourent ce lac magnifique ont des gradients de 15% à 20%! Avouons-le, les jambes en ont plus qu’assez de souffrir dans des pentes aussi folles et Jade et Jordan, les jeunes (j’insiste sur le jeune!) Québécois rencontrés il y a quelques jours nous ont raconté avoir opté pour le bus devant ce défi énorme. Pourquoi pas nous aussi alors? Laissez-moi vous dire qu’on a soupiré de soulagement quand on a entendu le moteur de l’autobus peiner dans les interminables montées sur la route étroite et achalandée qui remonte du lac.

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Évidemment, l’excursion en vaut la peine car ce lac de caldera est tout simplement somptueux, entouré de trois énormes volcans. Même si la brume masque un peu le paysage, l’excursion en bateau dans 3 des villages autour du lac, nous en met plein la vue. Nous avons bien entendu droit à la visite guidée habituelle, galerie d’art, marché d’artisans, mais nous avons été particulièrement impressionnés par la visite à ‘Maximon’. Maxi qui? Il s’agit tout simplement d’une déité guatémaltèque, amalgame de dieu maya et de saint catholique, vénérée encore de nos jours. Nous entrons dans une pièce sombre et une statue de bois enveloppée de plusieurs écharpes colorées trône au milieu de la pièce. Des hommes et des femmes l’entourent. Le guide nous explique qu’on vient voir Maximon pour demander des faveurs. On doit aussi lui offrir compensation, surtout du rhum et des cigarettes. L’alcool purifie et la fumée de cigarettes fait le lien avec le ciel, dixit la croyance populaire maya…Il semble bien que ce rite soit encore très respecté de nos jours et on ne peut s’empêcher d’être impressionné par la ferveur des gens qui sont là. Fascinant!

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Après une dernière journée de repos à Antigua, nous reprendrons la route demain. À vrai dire, nous ferons d’abord une étape en taxi-camionnette pour traverser Guatemala City, une mégalopole qu’on nous dit complètement folle, hyper polluée par l’intense circulation automobile, donc vraiment rien d’attrayant pour des cyclistes. Nous avons hâte de nous retrouver de nouveau sur des routes un peu moins fréquentées, en route vers le nord est, sur la piste des Mayas, en passant par le Belize.

À suivre…

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